DES TITRES DE MURÉNA AU CONSULAT
Effrayé de ces événements et sachant que des conjurés étaient déjà conduits en armes par Calilina au Champ de
Mars, j'y descendis moi-même avec une escorte très sûre, formée des hommes les plus vaillants, et avec une large et brillante cuirasse, non pour me protéger (car je savais que Catilina frappait toujours à la têle et à la gorge, et non aux flancs ni au ventre),, mais pour faire comprendre à tous les gens de bien, en leur montrant les craintes et le danger d'un consul, qu'il fallait accourir, comme ils l'ont fait, pour le soutenir et le défendre. Aussi, Servius Sulpicius, quand on vit se ralentir l'ardeur de voire demande et Catilina s'enflammer de plus en plus d'espoir et d'ambition, tous ceux qui voulaient détourner de la république un pareil fléau se rangèrent aussitôt du côté de Muréna. C'est une grande puissance dans les comices consulaires que l'entraînement soudain des volontés, surtout quand il se porte sur un homme de bien, dont la candidature se recommande par bien d'autres titres. Né d'un père et d'aïeux très honorables, après une jeunesse irréprochable, une lieutenance glorieuse, une préture signalée par la justice, par l'éclat de ses largesses, la sagesse de son administration provinciale, il a demandé le consulat avec ardeur, et cela sans céder aux menaces, sans menacer personne : est-il donc étonnant qu'un tel homme ait trouvé un puissant secours dans l'espérance subite que Catilina fit éclater d'obtenir le consulat?
(Discours pour Muréna, ch. xxvi.)
cm.
Le « Pro Cornelio Syllâ. »