DE CATILINA ET DE SES COMPLICES
Dans toutes les affaires graves et importantes, juges, on doit présumer de ce chacun a voulu, médité, entrepris, non d'après l'accusation, mais d'après les mœurs de l'accusé. Aucun de nous, en effet, ne peut se transformer tout à coup, ni changer en un instant de conduite et de caractère. Pour laisser de côté tout autre exemple, réfléchissez un instant dans votre esprit sur les hommes qui ont pris part au crime dont il s'agit. Catilina a conspiré contre la république. Répugna-t-il jamais à quelqu'un de croire un pareil dessein d'un homme entraîné dès l'enfance, non seulement par l'emportement
des passions et du crime, mais encore par l'habitude et par son goût, dans toutes sortes d'infamies, d'adultères, d'assassinats? Qui s'étonne qu'il ait péri en combattant pour sa pairie, lui que tout le monde avait toujours regardé comme né pour les attentats contre la république ? Peut-on se rappeler les liaisons de Lentulus avec les délateurs, ses extravagantes débauches, ses absurdes et sacrilèges superstitions, et s'étonner de ses projets criminels ou de ses folles espérances? Peut-on songer à Célhégus, à son voyage en Espagne, au coup dont il frappa Q. Métellus Pius, sans croire que la prison avait été construite pour le punir? Je passe tous les autres, pour ne pas être infini. Je vous demande seulement de penser en silence à tous ceux dont la complicité a été reconnue, (Plaidoyer pour P. Sylla, ch. xxv.)
Le « Pro Archiâ. »