‹ Cours de versions latinesChapitre 73 sur 214 · JULES CESAR · texte numérisé non relu

JULES CESAR

GXLII.

César orateur, d'après Gicéron.

Voici ce que je pense de César et ce que j'entends dire souvent à Cicéron lui-même, si habile juge en cette matière : c'est que, de tous les orateurs, César est celui qui parle le latin avec le plus d'élégance. Et cette qualité ne lui vient pas seulement d'une habitude de famille, comme on nous l'a dit tantôt des Lselius et des Mucius. Que cela y ait contribué, je le veux ; mais pour arriver à perfectionner ce talent de bien dire, il lui a fallu beaucoup d'études, et d'études profondes et bien choisies, ainsi que la plus grande ardeur et la plus grande application. Bien plus, ajouta Atticus en me regardant, au milieu de ses plus hautes

(1) Lire dans le texte requireret.

préoccupations, il vous a adressé un traité excellent sur l'art de parler latin : dans le premier livre il dit que le choix des mots est la source de l'éloquence ; enfin, mon cher Brutus, il attribue un mérite extraordinaire à notre ami, qui a mieux aimé m'entendre parler de César que d'en parler lui-même. Voici, en effet, ce qu'il écrit, après avoir appelé Cicéron par son nom. « Afin de pouvoir exprimer leurs pensées avec éclat, quelques-uns ont eu recours à l'étude et à l'exercice; mais vous êtes presque le premier créateur de l'abondance, et nous devons croire que vous avez bien mérité de la gloire et de la dignité du nom romain. » Observer après cela que César connaît le langage simple et familier de la conversation, c'est chose superflue....

César, prenant la raison pour guide, corrige les vices et la corruption de l'usage par un usage pur et sévère. Aussi, lorsqu'à celle élégante latinité, qui est nécessaire à tout ciloyen bien né, alors même qu'il ne serait pas orateur, il ajoute les ornements du langage oratoire, il semble placer dans un jour favorable des tableaux peints avec art. Avec ce mérite éminent qu'il unit aux mérites ordinaires, je ne vois pas à quel rival il pourrait le céder. Il a une déclamation brillante, ennemie des petils moyens (1); sa voix, son geste, son extérieur même, ont quelque chose de noble et de majestueux.

{Brutus, ch. lxxii et lxxv.)

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