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SILÈNE

Silène chantait comment, dans l'immensité du vide, s'étaient réunis les éléments de la terre, de l'air, de la mer et du feu subtil ; comment ces principes donnèrent naissance à toutes choses et comment se forma la voûte elle-même du

ciel transparent ; comment le sol commença à durcir, à renfermer Nérée dans les limites de la mer et à revêtir peu à peu les formes des objets ; comment la terre vit avec étonnement le soleil briller pour la première fois, tandis que les nuages montaient au plus haut des airs pour retomber en pluie, que les forêts commençaient à poindre et que les animaux encore peu nombreux erraient sur des monts inconnus pour eux.

Silène chante ensuite les pierres jetées par Pyrrha, le règne de Saturne, les oiseaux du Caucase et le larcin de Prométhée. Il y joint l'aventure d'Hylas (1), que les matelots avaient laisse près d'une fontaine, et rappelaient à grands cris, et le rivage entier répétait Hylas ! Hylas !....

Il chante aussi la jeune fille (2) éblouie par les pommes d'or desHespérides, et les sœurs de Phaéton entourées d'une écorce amère et moussue et s'élevant de la terre en aunes à la tête altière. Il chante encore Gallus, errant sur les rives du Permesse ; il dit comment une des neuf sœurs le conduisit sur les monts d'Aonie, comment le chœur entier d'Apollon se leva devant lui, comment le berger Linus, le front couronné de fleurs et d'ache amère, lui dit de sa voix divine : « Tiens, reçois ces chalumeaux que les Muses ont donnés jadis au vieillard d'Ascra, et dont les accords faisaient descendre les frênes les plus durs du sommet des montagnes. Dis-nous, sur ces chalumeaux, l'origine de la forêt de Grynée, pour qu'il n'y ait point de bocage sacré dont Apollon se glorifie davantage. »

{VIe Eglogue, vers 31-73.)

Les « Géorgiques. »

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