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DÉBUT DE LA SECONDE PARTIE DE CE POÈME

Déjà la mer rougissait des premiers rayons du jour et du haut des airs l'aurore vermeille brillait sur son char de rose : tout à coup les vents tombent, tout souffle cesse et les rames luttent en vain contre l'onde immobile. Alors Enée aperçoit de la haute mer un bois immense, que traverse le cours riant du Tibre, dont les tourbillons rapides, roulant sur un sable doré, vont se perdre dans la mer. Alentour et au-dessus du fleuve, mille oiseaux divers, accoutumés à ses rives et à son lit, charmaient les airs de leur ramage et voltigeaient dans le bois. Le héros ordonne à ses compagnons de changer de direction et de tourner les proues vers la terre, et joyeux il entre dans le lit ombragé du fleuve.

Maintenant, Eralo, je vais raconter quels étaient les rois, l'état des choses, la situation de l'antique Latium, lorsqu'une armée étrangère aborda pour la première fois aux rivages de l'Ausonie, et je rappellerai l'origine des premiers combats. Toi, Muse, inspire ton poète. Je dirai les horribles guerres, les mêlées sanglantes, les rois que leur ressentiment anime au carnage, les bataillons Tyrrhéniens et l'Hespérie tout entière rassemblée sous les armes. Une plus noble série de choses se déroule devant moi; j'entre dans une plus grande œuvre. Le

roi Latinus, déjà avancé en âge, gouvernait au sein d'une longue paix son paisible empire.

(L'Enéide, liv. VII, v. 25-46.)

GLXXIII.

L « Enéide. »

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