PHÉNOMÈNES DE LA VÉGÉTATION
les rues étroites des villes. Ils se développent an contraire , ils acquièrent plus de force et plus de vie dans la plupart des occupations champêtres et dans les travaux qui se font en plein air.
» L’organisation, le sentiment, le mouvement spontané, la vie, n’existent qu’à la surface de la terre et dans les lieux exposés à la lumière. On dirait que la fable du flambeau de Promélbée était l’expression d’une vérité philosophique qui n’avait pas échappé aux anciens. Sans la lumière, la nature était sans vie, elle était morte et inanimée: un Dieu bienfaisant , en apportant la lumière , a répandu sur la surface de la terre l’organisation , le sentiment et la pensée. »
Examinons maintenant quel est le rôle du carbone que la plante a hxé par la décomposition du gaz acide carbonique ; c’est encore 31. Dumas qui va nous servir de guide : « Que 12 molécules d’acide carbonique se décomposent et abandonnent leur oxigène, et il en résultera 12 molécules de carbone qui, avec 10 molécules d’eau, pourront constituer soit le tissu cellulaire des plantes, soit leur tissu ligneux , soit l’amidon et la dextrine qui en dérive. Ainsi dans une plante quelconque , la masse presque entière de la charpente , formée comme elle l’est par du tissu cellulaire , du tissu ligneux , de l’amidon et des matières gommeuses, se représentera par 12 molécules de charbon unies à 10 molécules d’eau.
» Le ligneux , insoluble dans l’eau , l’amidon , qui fait empois dans l’eau bouillante , et la dextrine qui se dissout si bien dans l’eau à froid ou à chaud , constituent donc , comme l’a bien prouvé 31. Payen , trois corps doués exactement de la meme composition , mais diversifiés par un arrangement moléculaire différent.
» Ainsi avec les memes éléments, dans les mêmes proportions, la nature végétale produit ou bien les parois insolubles des cellules, du tissu cellulaire et des vaisseaux , ou bien l’amidon qu’elle accumule comme aliment autour des
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bourgeons et des embryons, ou bien la dextrine soluble que la sève peut transporter d’une place à l’autre pour les besoins de la plante : admirable fécondité qui sait du même corps en faire trois différents , et qui permet de les transmuter l’im en l’autre avec la plus faible dépense de force toutes les fois que l’occasion l’exige.
» C’est encore au moyen du charbon uni à l’eau que se produisent les matières sucrées si fréquemment déposées dans les organes des plantes pour des besoins spéciaux ; 12 molécules de carbone et 11 molécules d’eau forment le sucre de canne; 12 molécules de carbone et 14 molécules d’eau font le sucre de raisin. »
Nous allons maintenant examiner les caractères, les propriétés et les usages de ces produits importants que le végétal a formés par la fixation du carbone.
Des substances neutres ternaires dans lesquelles l’oxigène est a l’hydrogène dans les proportions
CONVENABLES POUR FAIRE DE l’EAU OU DANS DES RAPPORTS TRÈS VOISINS. — Nous appelons ces substances indifférentes, parce qu’elles se combinent tantôt avec les acides, tantôt avec les bases, et les combinaisons s’effectuent en vertu de très faibles affinités. La composition de ces matières présente la plus grande analogie ; toujours du carbone , de l’hydrogène et de l’oxigène. M. Berzélius dit meme que la composition en centièmes de la gomme, de l’amidon, du ligneux et du sucre, présente tant de ressemblance, que les différences dans les résultats analytiques excèdent à peine la valeur des fautes d’observations dans des analyses passablement bien faites. On voit donc que l’arrangement des atomes de ces corps influe singulièrement sur la propriété des composés. Lorsqu’on décompose par le feu les matières de ce groupe , elles donnent toutes de l’eau , de l’acide acétique, de l’huile empyreumatique, des gaz combustibles, et pour résidu un charbon spongieux.
Ce groupe de substances est un des plus intéressants de