GOMMES
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\)dh[e; A, arabica, W. ; *1. Adansonii; A. Verek; A. gximmifera, etc., de la famille des légumineuses. On en distingue plusieurs sortes ; leurs caractères communs sont ceux que nous avons attribués à ïarabine, dont elles sont en grande partie formées.
Gomme arabique vraie ou turiqne. — Elle est en petites larmes blanches et transparentes qui se fendillent h l’air; elle est solulde en toute proportion dans l’eau. Elle est récoltée en Arabie: c’est une très bonne sorte, mais qui n’arrive plus en Erance qu’en petites quantités par la voie de Marseille.
2° Gomme du Sénégal. — C’est l’espèce la plus répandue dans le commerce; on en distingue deux sortes, celle du bas fleuve ou du Sénégal, celle du haut fleuve ou de Ga-' lam. La première , qui est la plus estimée , est en larmes sèches , dures , non friables , rondes , ovales et vermiculées, un peu opaques et ridées à l’extérieur, lisses et transparentes intérieurement, d’une couleur fauve-pâle. Elles ont une saveur douce , un peu sucrée. La gomme de Galarn est en morceaux plus irréguliers, quelquetois fendillés, mêlés de morceaux brisés. On assure que les Africains se servent souvent de la gomme comme aliment; mais les expériences de M. Magendie nous ont appris que la gomme seule ne peut long-temps suffire à ralimentation. En médecine on l’emploie beaucoup ; c’est une substance mucilagineuse adoucissante. C’est plutôt un aliment, un palliatif qu’un remède, car, après son action nourrissante , on ne peut guère lui supposer d’utilité f{ue celle dépendant de la facilité avec laquelle elle retient l’eau, ce qui la rend utile pour lubrifier les muqueuses du canal digestif.
Usages. — Dans les arts on consomme une quantité de gomme arabique, pour la fabrication de l’encre, du cirage, le gommage des toiles et le lustrage des tissus, des rubans, des taffetas, l’épaississage des couleurs et des mordants des fabricants d’indiennes. On s’en sert encore pour rendre
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plus brillantes les couleurs sur le papier, et dans la peinture en miniature et à l’aquarelle. Les gommes de France sont utilisées dans la chapellerie pour l’appret du feutre.
Les pâtes des jujubes , de guimauve , etc. , ne sont que des mélanges de gomme et de sucre convenablement aromatisés.
Gomme adragant. — Ce produit exsude spontanément à travers l’écorce de plusieurs petits arbrisseaux de la famille des légumineuses , Astragalus vertts ^ A, gummifer, A, creticus, etc. La gomme adragant est en lanières ou en fds minces contournés ou vermiculés; sa propriété essentielle est de se gonfler considérablement dans l’eau et d’y former un mucilage épais et très tenace en absorbant une grande quantité de ce liquide. On trouve dans le commerce deux sortes de gomme adragant ; l’une est en filets ou rubans déliés ou vermiculés , plus souvent jaunes que blancs ; elle vient de Morée ; l’autre de Smyrne : elle est en plaques blanches assez larges , marquées d’élévations , arquées ou concentriques.
La gomme adragant peut être employée ainsi que la gomme arabique comme adoucissante ; elle fournit un mucilage beaucoup plus persistant qui peut être mile par la grande quantité d’eau qu’il contient.
Pectine. — C’est le principe qui donne aux fruits acides la propriété de former des gelées. On la connaissait sous le nom de gelée végétale. Pour la préparer, on la précipite du suc de groseilles, en y ajoutant un grand excès d’alcool, sous forme d’une gelée transparente ; on la presse ensuite graduellement ; on la lave avec de l’alcool faible , puis on la dessèche. Desséchée , elle se présente sous forme de fragments transparents; mêlée à 100 parties d’eau, elle finit par l’absorber en donnant une gelée transparente de consistance ferme. La pectine est insipide, inodore, sans action sur le tournesol , insoluble dans l’alcool. Lorsqu’on verse un acide dans une dissolution de jiecline , cette sub-
ACIDE PECT] QU K.
Stance n’éprouve aucun changement reel ; mais, chose bien digne de remarque, elle se trouve transformée lout-à-coup en acide pectique sous l’influence de la plus légère trace d’un oxide alcalin. Aussi , quand, après avoir ajouté au jus de groseille étendu d’eau et filtré, un peu de potasse ou de soude, qui n’en trouble point la transparence, on le mêle avec un petit excès d’acide sulfurique, y produit-on un abondant précipité gélatineux d’acide pectique. Si la quantité de potasse ou de soude était suffisante, l’acide pectique se déposerait à l’instant a l’état de sous-pectate. Le carbonate de potasse peut comme la potasse transformer la pectine en acide pectique. Le carbonate d’ammoniaque , ni meme l’ammoniaque concentrée, ne possèdent cette propriété. La pectine, de meme que l’acide pectique , est composée d’oxigène, d’hydrogène et de carbone sans azote; elle se transforme également en acide muciquesous l’influence de l’acide nitrique.
Acide pectique. — Lct acide , entrevu d’abord par M. Payen, fut découvert par M. Braconnot, puis étudié par Vauquelin. Son nom dérived’un mot grec quiindiquesa consistance gélatineuse. Cet acide ou la pectine existe dans la plupart des végétaux ou des parties de végétaux , telles que les racines, les bois, les écorces, les fruits; sous ce point de vue , c’est un acide important à étudier.
Voici le procédé de Vauquelin , qui est le meilleur et le plus économique. On prend des carottes râpées , exprimées et bien lavées ; on fait une bouillie claire avec le marc et de l’eau contenant 5 p. 100 de carbonate de soude; on soumet à l’ébullition pendant un quart d’heure; on passe avec expression , on ajoute aux liqueurs une dissolution de chlorure de calcium. Il se forme par double décomposition du pectate de chaux insoluble ; on le lave avec de l’eau aiguisée avec de l’acide chlorhydrique; on le fait bouillir avec de l’eau pure , et le précipité gélatineux est l’acide pectique hydraté.
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On pont l’extraire du marc de groseille?, qui a servi h préparer le suc ; on traiie ce marc pendant quelques heures par de l’can aiguisée d’acide clilorhydrique, pour décomposer les pectales. On lave à i’eau distillée, on met ensuite en contact à froid avec de l’eau assez ammoniacale pour qu’il reste un léger excès d’ammoniaque non saturée ; ou passe, et î’ou décompose la solution de pecîale d’ammoniaque par l’acide cîdorhydrique ; il suffit de laver pour avoir de l’acide ])cclique à peu près pur. L’acide pectique hydraté se présente sous la forme d’une gelée transparente, incolore, peu sapide ; il rougit le tournesol, il est extrêmement ])eu soluble dans l’eau froide ou chaude. Toutes les dissolutions métalliques, l’eau de cliaux. de baryte, de strontiane, forment avec lui des portâtes insolubles. ]! forme des pectates solubles avec la potasse, la soude et l’ammoniaque; tous les autres sont insolubles, c’est pourquoi ils peuvent être préparés par la double décom])ositi()n. Par cette même raison on peut employer avec succès les solutions d’un pcctate alcalin pour neutraliser reffet des poisons à base métaîliqne. L’acide peclique se présente sous forme de feuilles ti'anspareiites, incolores, inodores , ])eu sapides, et incristallisables. L’acide nitrique convertit l’acide pecti([iie en acide mucique. Ce caractère le rapproche des gommes. D’après cela on peut dire que le ligneux est au sucre ce que l’acide pectiqne est aux
gommes.
Usages. — M. Braconnot a vanté l’acide pectiqne pour préparer des gelées végétales ; mais les essais tentés depuis lui n’ont pas été heureux. On obtient presque toujours des gelées qui ne sont pas î)ien unies, qui ne sont composées que de grumeaux mal liés. Pour préparer ces gelées, on emploie un pcctate alcalin ; celui d’ammoniaque est préféré. On l’obtient en versant quelques gouttes d’ammoniaque sur l’acide pectique en gelée ; il se liquéfie ; on l’évapore a l’étnve ; c’est un pectate avec excès d’acide. Pour
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préparer (les gelées, on dissout dans l’eau ce peclale; on y ajoute du sucre et un aromate, et on rend la consistance gélatineuse par l’addition d’une faible proportion d’acide clilorbydri(fue étendu.
GKMIE fJGNEDX.— 11 est caractérisé parla propriété (pi’ont les espèces (jui le composent de donner, lorsqu’ils sont convenablement traités, par l’acide sulfurique du sucre de raisin , et })ar l’acide nitrique de l’acide oxali([ue, sans traces d’acide muciijue; il est composé de deux espèces principales : 1° le ligneux ; 2“ l’amidon. i\ous avons donné plus haut (pag. la composition de ces corps.
LIGXEL'X [Fibre végétale cellulose). — C’est de tous les principes immédiats des végétaux le plus répandu et le plus abondant. On le trouve dans toutes les parties des })lantes; il constitue la libre proprement dite; il entre pour 95 j)üur 100 dans la composition du bois. On considère comme du ligneux la substance qui reste indissouîe (juand on a épuisé une plante ou une partie végétale par l’éther, l’alcool, l’eau, les acides affaiblis et les alcalis causticmes, en dissolution assez étendue pour dissoudre les matières étrangères sans dénaturer le ligneux.
M. Dulrocliet a prouvé que la partie ligneuse des arbres était composée de petits tubes fusiformes, ({u’il a nommés clostres, qui sont pleins de diverses matières selon les espèces de végétaux. La pesanteur spécifujoe du bois e~vcmpt d'air varie de pesanteur du bois de sapin , à 1,53 ,
pesanteur des bois de chêne et de hêtre. Le ligneux est détruit sous l’influence simultanée de l’air, de l’eau et de la lumière. Le ligneux, soumis à l’action du chlore, devient d’un blanc de neige, mais il ne se dissout pas. L’acide sulfurique à froid le transforme en une matière qui présente la plus grande analogie avec l’amidon modifié soluble, connu sous le nom de dextrine^ qui n’en diffère vraiment que par la propriété de n’être pas coloré par l’iode. Si l’on mêle la masse soluble avec de l’eau et qu’on fasse bouillir le ligneux,
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il se convertit en sucre de raisin. Si l’on chauffe un mélange d’acide sulfurique concentré et de sciure de bois , il se dégage du gaz acide sulfureux, la masse devient noire. L’acide nitrique concentré jaunit le bois et détruit après quelque temps sa cohérence , en sorte qu’il se réduit en une masse pulvérulente, qui finit par se dissoudre et se convertir en acide oxalique. Par l’ébullition avec de l’acide chorhydrique concentré, le bois est altéré; l’acide se colore d’abord en rouge, puis en brun, et le bois noircit sans devenir soluble dans l’acide ou dans l’eau ; après la dessiccation il brûle avec flamme. Les alcalis caustiques en dissolution étendue n’exercent qu’une faible action sur le bois; mais si l’on chauffe de la sciure de bois avec un poids égal d’hydrate de potasse en dissolution concentrée, jusqu’à ce que la masse soit dissoute en un liquide homogène , expérience pendant laquelle la masse se boursoufle et dégage une eau douée d’une odeur empyreumatique , on obtient , après le refroidissement, une dissolution brun-noirâtre qui contient de l’acide oxalique et de l’acide acétique , et d’où les acides précipitent une substance qui a la plus grande analogie avec l’extrait de terreau ou avec la substance qui se dissout lorsqu’on traite la suie par un alcali. Le bois soumis à ce traitement se dissout presque sans laisser de résidu. Si l’on chauffe le mélange de sciure et de potasse à l’abri du contact de l’air, par exemple dans une cornue, la masse jaunit, et forme avec l’eau bouillie une dissolution jaune qui absorbe l’oxigène de l’air.
AMIDON. — On appelle amidon^ ou fécule amylacée^ une matière blanche , brillante , qui se précipite du suc d’un grand nombre de végétaux. M. Raspail a démontré que chaque grain d’amidon devait être considéré comme un organe ; il est formé d’un tégument renfermant un seul principe immédiat VamidÔ7ie , dont la texture est organique; celle-ci est moins compacte à mesure que l’on se rapproche du centre , et le tégument lui-meme peut être