TOURNESOL. — BOIS DE C AM PÊCHE
sence des alcalis et des acides. A cet effet , ils trempent du papier dans une infusion aqueuse saturée de tournesol , et ils le sèchent ; dans cet état il a une belle couleur bleue , et peut servir à reconnaître la présence des acides. Pour découvrir les alcalis , on emploie le papier de tournesol rougi par un acide ; il se prépare avec la même infusion neutralisée ; à cet effet , on y ajoute quelques gouttes d’acide acétique , de manière à ce qu’elle devienne visiblement rouge, en conservant néanmoins une légère teinte bleue. L’infusion rougie par un acide plus fort que l’acide acétique ne donne pas du papier assez sensible.
M. Kane a exécuté un travail important sur le tournesol ; il en a isolé plusieurs principes curieux ; mais la nature de notre ouvrage ne nous permet pas de nous étendre sur ce sujet.
Bois DE Campêche. — C’est une des matières premières les plus importantes de l’art de la teinture. M, Chevreul en a extrait une substance cristalline, qui lui communique les propriétés colorantes, V hématiiie ; elle forme avec les bases des combinaisons d’un bleu légèrement violeté, et avec les acides, des combinaisons d’un rouge plus ou moins pourpre, lorsqu’elles sont à l’état solide : car celles de ces combinaisons ([lie l’eau dissout affectent une couleur jauneorangé lorsqu’elles ont été suffisamment étendues.
Le protovide d’étain se comporte avec l’hématine comme une base saliliable , le peroxide comme un acide ; enfin l’acide borique agit sur elle comme le ferait un sel basique.
Sa propriété tinctoriale est vraiment remarquable : qu’on fasse dissoudre 0"’^-,025 d’bématine dans 250 cent, cubes d’eau à une température convenable, et ([u’on y plonge ensuite une toile de coton pesant 1«^*,82, couverte aux trois quarts au moins de sa surface de mordant d’alumine pour rouge et rose de garance, et de mordant de fer pour noir et violet de garance , et on la verra prendre le violet, le
CHIMIE
bleu violeté et le bleu noir les plus nourris ; et dans ce bain on pourra encore teindre successivement cinq échantillons de toile semblables au premier; mais le dernier n’aura qu’une teinte d’un givis violeté.
On peut très bien se rendre compte, d’après les propriétés de l’hématine, des usages du bois de Gampêciie en teinture. Voici comme s’exprime M. Chevreul à cet égard: Lorsqu’on teint des étoffes dans l’infusion ou la décoction de ce bois, sous l’influence d’une base qui agit sur l’hématine à la manière d’un alcali , on obtient du bleu tirant légèrement sur le violet. Tel est le procédé pour teindre en bleu de campéche le coton , la toile et la laine , au moyen du vert-de-gris , de l’acétate de cuivre, de l’acétate d’alumine.
Lorsqu’on teint le coton, la soie et la laine avec le bain de 'physique (c’est-à-dire une liqueur préparée avec acide hydrochlorique 12, acide nitrique d, étain 1), on obtient un violet, parce qu’il y a très probablement réaction d’une base et d’un acide sur l’hématine.
L’alun pur, à plus forte raison l’alun et le tartre appliqués sur la laine, donnent des résultats analogues.
Enfm la laine, passée d’abord au tartre, au sulfate de fer et au sulfate de cuivre, et ensuite dans un bain de campêche et de vcrdet, se teint en noir.
Lorsqu’on ])roionge l’immersion de la laine alunée dans un bain de campéche bouillant et concentré, l’étoffe acquiert une couleur si foncée qu’elle paraît noire, surtout si elle reçoit l’influence de l’air. En efl'et, qu’on teigne comparativement dans des bains de campéche deux échantillons de laine alunée, dont l’un sera exposé au contact de i’air, tandis que l’autre sera absolument soustrait à ce contact, ce-
lui-ci sera d’un violet noir.
rautre d’un noir-roux verdâtre.
Celte expérience prouve que le contact de l’air, en réagissant sur la combinaison d’hématine, produit de la couleur jaune , et que c’est ainsi que la teinte violette disparaît. Le
HOIS DE RRÉSIE.
(:\ra\(:e.
bois dodainpOcbc, dé\clopi)ant du bleu avec les bases salifiables, peut être employé à faire des vei’ls, si l’on lixe une combinaison de ce genre avec une combinaison jaune de gaude, de (piercilron, etc.
On a employé l’hémaline, fixée par ralun et la composition d’écarlate , pour remonter des bleus d’indigo sur laine.
I)Ois DE Fervamrouc OU DE liRÉsiL. — Al. Cbevreul est
[larvenu à extraire du bois de Brésil, Cœ^alpinia ciistataj une matière cristalline (brésiline) en petites aiguilles de conliMir orange, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; elle se comporte avec les acides (‘t les alcalis comme l’hématine ; mais la solution aqueuse se conserve plus long-temps que celle d’hématine.
Les propriétés de la brésiline expli({uent les couleurs que les décoctions de boisde Brésil on de Fernambouc, etc. , donnent aux étoffes.
Les sels, dont la basec'st blanche et alcaline, fixent la brésiline en rouge violet plutôt qu’orangé sur les étoffes; tels sont les sels à base de protoxide d’étain, etc. ; les acides, et les sels qui agissent comme tels, la fixent au contraire en rouge plus ou moins écailate.
D’après cela , on conçoit cpie pour avoir des roses sur le coton aluné, on jiasse celui-ci dans un bain de physique d^ige 512) à 2” avant de le plonger dans le bain colorant.
Le coton engallé et aluné prend une couleur bien plus nourrie que celui qui est simplement aluné.
J.e coton luordancé d’acétate de fer prend dans le bain de brésil une couleur d’un pourpre ’siolet, (|ui paraîtrait noir si l’étoffe était fortement imprégnée de fer.
Le bois de Brésil sert à faire le cranioisi faux ^ le ponceau faux sur la soie. On l’emiiloie également ])our teindre la laine alunée et tartrée en rouge; mais ces couleurs ne sont j)as bon teint.
Gvraxce. — C’est la racine du riihia tinctorum , de la
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famille des rnbiacées ; elle fournit à la teinture des couleurs aussi belles que solides. C’est une des matières colorantes des plus précieuses, surtout pour la teinture sur coton. La propriété que possède la garance de teindre le coton en rouge ou en rose solides quand il a été aluné , et en violet et en noir solides quand il a été passé au mordant de fer, est due à un beau principe colorant , l’alizarine.
De Valizarme. — Cette matière fut découverte en 1827, dans la garance, par Robiquet et Colin. Voici le procédé qu’ils ont indiqué pour la préparer : on mêle la racine avec 2/;3 de son poids ou avec un poids égal au sien d’acide sulfurique concentré , avec la précaution d’éviter que le mélange ne s’échauffe. La masse est abandonnée à elle-même pendant quelques jours , espace de temps pendant lequel l’acide charbonne tous les corps autres que la matière colorante ; si le mélange venait à s’échauffer, une grande partie de cette dernière serait également charbonnée. On lave la masse pour en extraire tout l’acide ; la matière colorante reste à l’état de mélange intime avec le charbon. On sèche ce mélange , on le traite d’abord par de l’alcool froid pour en extraire un peu d’une substance grasse, et on l’épuise ensuite par l’alcool bouillant ; on verse de l’eau dans les solutions alcooliques , on distille l’alcool , et on fdtre la liqueur restante ; l’alizarine reste à l’état de pureté sur le fdtre.
L’alizarine est inodore et insipide; elle se sublime facilement en longues aiguilles lisses , pour la plupart capillaires, flexibles, d’un orange sale. Mais pendant la sublimation , une partie de l’alizarine se décompose, et pour que la destruction ne s’étende pas sur une grande quantité de matière , il faut procéder à la sublimation dans des vases très plats. Introduite dans l’eau froide , elle tombe au fond de ce liquide , dans lequel elle est presque insoluble. L’eau bouillante en dissout une petite quantité, en prenant une belle couleur rose. L’alcool de 0,83 la dissout ; à la tempé-