GARANCE
rature de 12°, il en faut 212 parties pour dissoudre une partie d’alizarine ; la dissolution est rouge. L’éther de 0,73 ne dissout, à 12% que 1/160 d’alizarine; la dissolution est jaune ou orange. Le chlore a très peu d’action sur l’alizarine; cependant elle affaiblit peu à peu la nuance rougeâtre et la fait virer au jaune. L’acide sull‘uri(|ue la dissout en prenant une couleur rouge de sang. L’eau la précipite de cette dissolution. Les acides étendus ne la dissolvent pas. Elle donne avec les alcalis des combinaisons solubles d’un violet rougeâtre. Les carbonates alcalins dissolvent l’alizarine en prenant une couleur violette. Elle donne avec les terres alcalines des précipités violets ou lilas, avec l’alumine un précipité rouge ou rouge brun. Avec les oxides métalliques, elle forme des combinaisons insolubles , de couleur violette ou rouge brunâtre.
Xanthme. — Kulhmann a donné ce nom à la matière colorante jaune contenue dans la garance. Elle est très sosuble dans l’eau et dans l’alcool, moins soluble dans l’éther. Avec les bases, elle forme des combinaisons rouges. Elle possède plusieurs des propriétés de l’alizarine, et tout porte à croire qu’elle n’est qu’une modification de cette dernière.
Purpurine. — On a donné le nom de purpurine à une matière extraite de la garance , qui ressemble beaucoup à l’alizarine. Les garances d’Alsace contiennent plus de purpurine : aussi conviennent-elles mieux que les autres pour la fabrication de belles laques roses , dont le principe colorant est la purpurine. Une dissolution chaude d’alun dissout bien la purpurine , et n’attaque pas sensiblement l’alizarine.
Maintenant que nous connaissons les propriétés des principes colorants de la garance , nous pouvons exposer, d’après M. Chevreul , ses applications à la teinture. On peut reconnaître à cette matière première trois facultés différentes.
cmmm.
La première doinie lieu à des coideui^ rouges au moyen de sels alumineux; la seconde aune couleur jaune, la troisième à une couleur fauve.
La première faculté colorante provient de l’alizarine et de la purpurine; mais comme ces principes sont inégalement stables, les rouges produits par eux le sont d’autant plus que la purpurine y est en moindre proportion.
La seconde faculté colorante provient d’un principe jaune {xanlhine) , qui paraît avoir beaucoup de rapport avec celui qui se trouve dans la plupart des sucs végétaux, du moins ceux qui ont éprouvé l’influence de l’air.
Enfin, la troisième faculté colorante provient d’une matière fauve , qui est probablement complexe , c’est-à-dire représentée par des principes colorants rouge et jaune , et une matière brune.
On doit remarquer que si l’action de l’air sur la garance paraît concourir au développement de la faculté qu’elle a de teindre en rouge , il arrive que la ])rolongalion de cette action augmeiîte singulièrement sa faculté de teindre la laine en rouge brun ; et c’est à un tel point, qu’il faut bien ])lus de garance récente que de garance vieille pour teindre au même ton un poids égal de laine alunée et tartrée ; et encore remarque-t-on souvent que la couleur obtenue avec la garance récente est plus jaune ou moins brune que la couleur obtenue avec la garance ancienne. D’un autre côté, si l’on teint comparativement deux écliantillons de laine alunée, avec de la garance , l’un sans, et l’autre avec le contact de l’air, celui-ci prendra une couleur rouge plus brune et moins jaune que récbaiitillon qui aura été soustrait au contact de l’atmosphère.
Enfin , il est une considération bien importante pour se rendre compte de l’action de la garance sur une étolïe donnée , c’est que les étoffes de coton , de soie et de laine passées au même mordant , ont des aptitudes difierentes à
CoCHMiNif.f.K.
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.s'imij’ aux divers {H-iiicipes colüi'aiits auxquels nous avons rapporté les facultés tinctoriales de la garance.
J.es avantages de la gai'ance pour la teinture du colon peuvent se déduire des propriétés que l’on a rcconjiues à l’alizarine extraitede cette racine, de former, avec raluminc, des rouges et des roses solides , et avec le peroxide de fer, des noirs et des violets également solides ; et nous ajouterons que les couleurs de la garance sur le coton sont susceptibles d’acquérir un grand degré d’intensité si l’on fait concourir à l’opération des bains huileux ; de là résulte la leinlure de garance eit rouge ordinaire, et la teinture de garance en rouge tare, où l’on fait usage de l’huile. 'Malgré les progrès que ces teintures ont faits depuis quarante ans, il reste encore une découverte bien inq)ortante à faire ; c’est celle d’un procédé propre à appliquer, soit à la planche , soit au rouleau, la couleur de la garance sur les toiles de ligneux. Aujourd’hui cette application se fait exclusivement en passant la toile mordancée dans de l’eau ])lus ou moins chaude où l’on a délayé de la garance.
(lüCHENiLLE. — (i’est uii petit iusccte qui nous fournit une matière colorante, rouge, très importante ; nous le décrirons dans la partie de ce cours consacrée à l’histoire naturelle. Aous allons nous contenter ici de donner, d’après ài. Chevreul , ses applications à la teinture. La matière colorante de la cochenille a beaucoup de rapport avec la brésiline, par la manière dont elle se comporte avec les acides et les bases salihables. Avec les premiers, elle forme des composés rouges, tirant sur l’orange plutôt que sur le violet; avec les alcalis, des composés violets; le protoxide d’étain se comporte avec elle comme une base alcaline, et le peroxide du meme métal comme un acide. L’action de ces oxides sur la matière colorante de la cochenille est donc analogue à celle qu’ils exercent sur la brésiline et l’hématine.
M.M. Pelletier et Laventou ont obtenu le principe colo-
CHIMIE
rant de la cochenille, sinon pur, du moins dans un état qui en approche beaucoup, et l’ont nommé carmme, parce que c’est lui qui colore la belle laque qui est connue sous le nom de carmin.
La carminé fixée sur la laine par l’alun et le tartre , et sur la soie par ralun , soit pur, soit mêlé de tartre , et même de composition d’étain, constitue le cramoisi fm, une des couleurs les plus belles et les plus stables. On remarque qu’une légère couleur jaune donnée à la laine et à la soie ne nuit pas à cette teinture. Pour qu’on réussisse à faire le cramoisi bien uni sur la laine, celle-ci doit être homogène ; si elle ne l’est pas, il est nécessaire de remplacer l’ébrouage par un bain alcalin.
La carminé fixée sur la laine par la composition d’étain donne V écarlate, couleur qui est essentiellement une combinaison de carminé, deperoxide d’étain, d’acide tartrique et d’acide hydrochlorique. Cette composition explique parfaitement pourquoi l’écarlate devient rose et même amaranthe par le contact des sels basiques, et à plus forte raison des alcalis.
On a été long-temps avant de faire des roses sur soie avec la cochenille, l’acide tartrique et une dissolution d’étain. Aujourd’hui cette teinture ne présente aucune difficulté, et si l’on teint préalablement la soie avec le rocou, on obtient des couleurs très variées, mais qui sont cependant toujours équivalentes à du rouge , et à du jaune plus ou moins brun , suivant la hauteur du pied de rocou.
Une dissolution d’étain convenable pour cette teinture est celle qui résulte de 1 partie d’étain pur dissoute dans un mélange de Ix parties d’acide chlorhydrique fumant et de 2 parties d’acide nitrique à 36". On ajoute à cette dissolution la moitié de son poids de bitartrate de potasse , puis on mêle à cette liqueur une décoction de cochenille saturée de bitartrate de potasse. La quantité de cochenille