‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 119 sur 139 · COCHENILLE. — KERMÈS. — LAC-DYE · texte numérisé non relu

COCHENILLE. — KERMÈS. — LAC-DYE

doit être le double du poids de la dissolution d’étain : la soie se passe ensuite à froid dans la liqueur dont nous venons de donner la composition, après l’avoir suffisamment étendue d’eau.

Enfin , en traitant 1 partie de cochenille par 3 parties d’arnmoniaciue liquide, faisant évaporer la solution à sec, on obtient un extrait qui, étant traité par 20 fois son poids d’eau bouillante mêlée à une quantité de vimygre égale au poids de la cochenille, donne une liqueur propre à teindre la soie et la laine en roses qui sont beaux , mais qui n’ont pas la solidité du cramoisi de cochenille.

Nous allons exposer rapidement , en prenant toujours M. Ghevreul pour guide, les propriétés tinctoriales des matières premières moins importantes que celles que nous venons de faire connaître.

Kermès. — La matière colorante du kermès fixée sur la laine alunée et lartrée constituait V écarlate de France ou V écarlate de Veni.^e, qui ne doit point être confondue avec la carminé de la cochenille fixée parla composition d’étain, couleur qui a été appelée écarlate des (lohclins ou écarlate de Hollande. En effet, la couleur du kermès, fixée par l’alun et le tartre, est d’un rouge brun qui n’a rien de ce feu qui caractérise l’écarlate de cochenille ; mais la première a cet avantage sur la seconde, qu’elle n’est pas tachée par la boue ni par les eaux alcalines.

Si l’on admet que le kermès contient de la carminé , il faut croire qu’il peut agir dans la teinture des laines, non seulement par ce principe colorant, mais encore par un principe jaune et une matière d’un fauve brun; cette dernière n’est peut-être qu’un résultat de l’altération d’une portion des principes colorants jaune et rouge.

Lac-Oye. — Le principe colorant du lac-dye a paru à M. (ihevreul identique à celui de la cochenille ; s’il est plus solide à la teinture une fois qu’il a été appliqué sur la laine au moyen de la composition d’étain, cela tient proba-

CHIMIE

hleinoiil à la présence d’un corps étranger qui paraît de nature résineuse.

f.e lac-dye ne s’emploie que dans la teinture sur laine, et presque exclusivement pour les nuances qui se font à la composition d’étain.

G AUDE. — Cette matière est précieuse en teinture par la beauté et la solidité du jaune qu’elie communique aux étoffes alunées; le tartre ajouté à l’alun en appauvrit la couleur, et cependant ce sel semble lui donner de l’orangé. Le jaune de gaude, fixé sur la laine par la composition d’étain employée dans la teinture en écarlate, est moins solide au soleil que le jaune fixé par l’alun.

La lutéollne, ([ui est le pi'incipe colorant jaune de la gande, et qui a été isolé par M. Chevreul , ne représente pas toutes les propriétés tinctoriales de la gaude, car celle-ci est susceptible de céder aux étoffes une matière rousse qui ternit îe I)rillant de la lutéoline. îl existe une quantité notable de celle matière dans la gaude sèche; mais il peut s’en produire aux dépens de la lutéoline, lorsque l’infusion ou la décoction de gaude est soumise pendant un certain temps au contact de l’air et de la chaleur. Enfin, l’infusion fi-aîche de gaude a paru à M. Chevreul plus propre que la lutéoline à donner une couleur nourrie aux étoffes de coton passées aux mordants ferrugineux.

OuEiK'.îTiioiN. — Il est surtout employé pour la teintiu’e des toiles de coton; il a, sur la gaude, l’avantage de ne pas s’appliquer d’une manière bien sensible sur les parties de l’étoffe dépourvues de mordant.

îl s’emploie quelquefois pour teindre les laines; dans ce cas, le mordant est de l’alun et une dissolution d’étain formée de 7 à 8 parties de mêlai dissoutes dans un mélange de 12 parties d’acide nitrique à 32“, et de 20 parties d’acide h ydrochlorique fumant.

La décoction de quercitron est bien plus disposée à s’altérer sous l’influence de l’air que la décoction de gaude:

BOIS JAl'M..

c’est ce (jui de^ieIlt sensible (juand on a mis an houillon , pendant deux heures, deux échantillons de laine ahinée, dont l’iiii est en contact avec l’air, et l’autre en est préservé.

hois .lALrsE. — l.e bois janne est susceptible d’agir en teinture })ar le niorin janne qn’il contient toujours , et par le morin blanc (jii’il contient ({nelqnefois. Il y a la pins grande analogii* entre les conlenrs produites par ces deux principes et les mordants alumineux et meme ferrugineux; comme la lutéoline, les morins jaunes et blancs peuvent se S'ublimer en cristaux. Voici leur caractère distinctif : le sulfate de peroxide de fer verdit la solution du morin jaune et rougit celle du niorin blanc. Le bois jaune diffère extrêmement de la gaude, et surtout du quercitron, par sa tendance à s’a})pliquer sur les toiles de coton non mordancées.

Le bois jaune est extrêmement disposé à s’altérer sous l’influence de l’air et de la chaleur; comme la gaude , et surtout le quercitron , il passe au roux : c’est pour cette raison c{u’il faut teindre le plus rapidement possible les étofles dans sa décoction ou son infusion , et ne pas préparer ces dernières long-temps avant de s’en servir.

Le bois jaune est employé pour teindre la laine en vey't concurremment avec l’acide sulfo-indigotique ; en vertolive ou feuille de myrte avec l’indigotine désoxigénée ; en bronze concurremment avec l’indigo désoxigéné , la gaude , la garance, l’alun et le sulfate de fer, etc.; en noir concurremment avec le campêche , le tartre et les sulfates de fer et de cuivre.

Sarrette. — La sarrette s’applique sur la laine par les mêmes procédés que la gaude : le jaune qu’elle donne est plus vert que celui de la gaude et passe pour être solide.

f)ii fait usage de cette plante dans plusieurs pays du Nord où la gaude ne peut être cultivée avec avantage; elle

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est connue à Verviers et à Aix-la-Ghapelle sous le nom à' herbe jaune.

On s’en sert surtout pour teindre la laine destinée à faire la lisière des draps.

Genestrole. — La genestrole, ou genêt des teinturiers, était fréquemment employée autrefois ; elle l’est à peine aujourd’hui. Le jaune qu’elle donne est inférieur à celui de la gaude et même à celui de la sarrette.

Graine d’Avignon. — La graine d’Avignon , ou la graine de Perse qui en est une variété , ne sert guère qu’à faire un jaune d’application pour les toiles peintes. Cette couleur est intense et assez belle, mais elle n’a pas de solidité.

Fustet. — Le bois de fustet donne à la laine non mordancée, ou à la laine soit alunée, soit préparée au mordant d’écarlate, une couleur jaune tirant plus ou moins sur l’orangé qui est nourrie, brillante, mais qui n’est malheureusement pas solide. Dans les ateliers où l’on tient à faire de bonne teinture , il faut en bannir le fustet , ou du moins ne l’employer que concurremment avec des ingrédiens de grand teint, tels que la cochenille, la gaude, et toujours en faible proportion. Les couleurs de fustet prennent un rouge prononcé par le contact de l’eau de potasse.

Rocou. — Le rocou n’est guère employé que dans la teinture du coton et celle de la soie. Dans la première il sert à faire des fonds orangés ou des dessins de cette couleur que l’on imprime à la planche. Le rocou est d’abord dissous dans une eau légère de potasse , et une fois qu’il a été appliqué sur l’étolTe , celle-ci est passée dans une eau légèrement acidulée.

Il est employé de la même manière dans la teinture des soies ; mais c’est presque toujours comme pied de couleur, qui sera recouvert ensuite soit de gaude , soit de rose de cochenille.

Il est plusieurs cas où l’on peut appliquer le rocou en le

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