TEINTURE EN NOIR
Les éloiïes alunées , surtout la soie et la laine , prennent, dans le bain de suiiiac, une couleur jaune bien prononcée.
Les étoffes piétées de peroxide de fer prennent , dans le même bain , un gris noir.
Les étoiles alunées et piétées de fer sont plus difficiles à teindre dans le sumac que celles qui n’ont pas été alunées.
D’après cela il est évident que le sumac peut être représenté j)ar une matière jaune ; plus, une malière astringente seiublable à celle de la noix de galle.
Du NOIR. — La teinture en noir est une des plus importantes et des plus fréquemment employées; nous allons exposer, d’après ÎM. Chevreul , les moyens que l’on peut employer pour la produire.
« Lorsqu’on teint une étoile en jaune , en rouge ou en orangé, on ne peut jamais l’amener à une teinte obscure par la raison que le jaune , le rouge et l’orangé sont des couleurs essentiellement vives.
» Lorsqu’on teint une étoffe en bleu soit avec de l’indigotine , soit avec du bleu de Prusse, on an ive à une teinte très obscure mais qui est du bleu tirant sur le violet ; et si l’on veut monter l’étoffe au ton le plus élevé possible , on sort de la gamme du bleu pour entrer dans celle d’un rouge cuivré.
» Enfin, si l’on applique sur une étoffe du jaune et dn bleu , ou du rouge et du bleu aussi purs , aussi francs que j)ossible, on pourra obtenir des teintes assez obscures mais dont la l'ilus foncée ne le sera cependant pas aulant que le bleu le plus foncé.
» Il suit de là qu'cn teinture on ne peut pas plus produire le noir avec deux couleurs qidavec une seule ; mais si on applique sur une étolJe du bleu, du rouge et du jaune en des proportions convenables , on aura ou noir,
» De là on a conclu qu’en teinture le noir est produit par
CHIMIE
du bleu , du rouge et du jaune en certaines proportions,
- lesquelles ont été fixées par le P. Castel à 15 parties de bleu , 5 de rouge et 3 de jaune. Mais cette détermination est plutôt le résultat d’une vue théorique que celui de l’expérience, ainsi que le P. Castel lui même l’a fait remarquer. La difliculté de l’appliquer à un cas de pratique tient à ce qu’on ne connaît point aujourd’hui en teinture des principes colorants qu’on puisse considérer comme représentant le jaune, le rouge et le bleu à l’état de pureté. Que dès lors, si une combinaison ou jaune, ou rouge, ou bleue est fixée sur une étoffe, cette combinaison, loin de représenter tant de parties ou de jaune pur, ou de rouge pur, ou de bleu pur, représente du jaune mêlé soit de rouge, soit de bleu, soit enfin à la fois de rouge et de bleu dans des proportions tout-à-fait indéterminées.
Essayons maintenant à nous rendre compte des principaux procédés employés pour produire les noirs et les bruns sur étoffe.
La noix de galle et un sel de fer, si fréquemment employés dans la teinture en noir, ne donnent que du gris violâtre ou bleuâtre.
La pyrolignite de fer, qui contient une matière empyreumatique brune, donne aux étoffes un brun tirant, dans les tons clairs, sur le jaune verdâtre, et dans les tons foncés, sur le roux marron.
En engallant le ligneux et la soie, et en leur donnant un bain de pyrolignite de fer, on peut, en réitérant plusieurs fois ces opérations successives, si on le juge convenable, obtenir du noir.
La galle , le campêche et un sel de fer ne produisent guère qu’un bleu violet très foncé ; cependant , si on les applique sur la laine dans un bain très chaud , qui , en même temps , est exposé à l’action de l’air, l’hématate de fer éprouve une altération qui, en le faisant passer au roux, est favorable à la production du noir. Cette altération de
TKINTURE EN NOIR.