‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 15 sur 139 · COMBUSTION ET FLAMME · texte numérisé non relu

COMBUSTION ET FLAMME

mière. La plus remarquable expérience pour démontrer cette propriétié est due à Ingenlious. On prend un bout de fil de fer très fm B G (fig. 5) , tourné en spirale, on fixe l’imc de ses extrémités B, dans un bouchon de liège A, destiné à boucher la bouteille DE F G. On attache à l’autre extrémité de ce fil de fer un petit morceau d’amadou G. Les choses ainsi disposées , on emplit avec de l’ôxigènc la bouteille DE F G. 0)i allume l’amadou G, puis on l’introduit promptement, ainsi que le fil de fer B G dans la bouteille, et on la bouche comme on le voit (fig. 5 ). Aussitôt que l’amadou est jilongé dans l’oxigène , il commence à brûler avec un éclat éblouissant; il communique l’inflammation au fer, qui brûle lui-même en répandant de brillantes étincelles , lesquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis qui deviennent noirs en se refroidissant, et qui conservent un reste de brillant métallique. Le fer ainsi ® brûlé est plus cassant et plus fragile que ne le serait le verre lui-même ; il se réduit facilement en poudre et est encore attirable à l’aimant , moins cependant qu’il ne l’était fr avant sa combustion.

On pensait autrefois qu’il n’y avait de combustion que lorsqu’il y avait fixation d’oxigène ; mais le phénomène de dégagement de calorique et de lumière qui a lieu quand on projette de l’arsenic ou de J’antimoine en poudre dans du chlore dut faire changer de manière de voir. Gependant on nomme encore combustion le phénomène en vertu duquel un corps simple se combine lentement à l’oxigèno, bien qu’alors il n’y ait point dégagement de lumière; mri} il est évident que c’est le meme phénomène , seulement la combinaison est lente, et la chaleur développée n’est jamais en assez grande quantité pour devenir lumineuse.

Lorsque ce dégagement de calorique et de lumière se développe dans une substance gazeuse , alors il se produit

Fig. 5. ,

CHIMIE

ce que l’on appelle flamme; la flamme n’est donc qu’une matière gazeuse , chaulîée au point d’être lumineuse.

La température de la flamme surpasse toujours la chaleur blanche des corps solides. La flamme n’offre pas toujours le même éclat ; en général , les corps qui sont susceptibles de former pendant la combustion des corps gazeux donnent une lumière plus faible ; tel est le cas de l’hydrogène , du soufre , etc. Au contraire , les corps qui donnent naissance à des composés fixes produisent une lumière plus éclatante ; voilà pourquoi le phosphore en produit une si vive ; c’est encore pour cette raison que si l’on place dans la flamme de l’hydrogène, qui est pâle, une certaine quantité d’amiante , la lumière devient beaucoup plus intense.

Pour obtenir une lumière des plus intenses et comparable à celle du soleil, on reçoit sur de la chaux la flamme résultant de la combinaison de l’hydrogène avec l’oxigène pur.

Il est possible d’augmenter très notablement la chaleur de la flamme en dirigeant sur elle un courant d’air qui active vivement la combustion des gaz qui la produisent. L’instrument qui est employé à cet usage porte le nom de chalumeau.

Chalumeau. — Cet instrument fut long-temps employé dans les arts avant qu’on pensât 'à l’utiliser en chimie. Sm ab, minéralogiste suédois, l’appliqua le premier à l’essai des minéraux vers l’an 1738 ; depuis ce temps il est très employé par les minéralogistes et les chimistes. Avec cet instrument on peut, avec promptitude et une remarquable précision , reconnaître la nature et les principaux caractères des plus petites quantités des substances minérales. Le chalumeau actuellement employé a été perfectionné par Ganh (fig. 6). Voici les différentes pièces dont il se compose : 1 , tube creux et conique ; 2 , chambre cylindrique destinée à recevoir l’humidité entraînée par l’air insuflé; 3 , ouverture de cette chambre pour recevoir le tube à frottement ; U, autre ouverture destinée à recevoir la douille du bec ; 5 , bec en cuivre ou en argent; 6, ajutage

Page 1