‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 18 sur 139 · DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

DE LA RESPIRATION

cité de nom contraire tous les corps composés se trouvaient détruits et ramenés à leurs éléments , on ne put s’empêcher d’admettre qu’il est probable que les forces chimiques et les forces électriques sont identiques. L’explication la plus probable de la combustion et des phénomènes qui en dépendent est alors la suivante : Dans tonte combinaison chimique il y a neutralisation des élect7'ici(és opposées ; cette neutralisation produit le feu de la même manière qu’elle le produit dans la décharge de la bouteille de Leyde , de la pile et du tonnerre.

De la respiration. — On sait que la respiration s’effectue chez l’homme et chez la plupart des animaux dans un organe appelé les poumons. La respiration consiste essentiellement dans l’aspiration d’une certaine quantité d’air qui entre dans les poumons et qui en est ensuite expulsée; ces deux opérations s’exécutent à l’aide de mouvements alternatifs de muscles dont l’action est continue. Aussitôt qu’elles sont suspendues, même pendant un temps très court , l’animal succombe. La respiration ne peut s’effectuer dans un milieu privé d’air, elle s’arrête même bientôt

si la quantité de cet air est trop petite ou si ce gaz est trop raréfié; poLir le prouver on place un oiseau plein de vie sous le récipient A de la ma-

chine pneumatique (fig. 7), qu’on recouvre d’une cloche hermétiquement close.

Dès qu’on a enlevé une partie de l’air renfermé dans le récipient ,1’ oiseau s’af-

CHIMIE

faiblit bien vite, bat des ailes, tombe épnisé, fait des inspirations fréquentes , et ne tarde pas à succomber si on ne lui rend pas de l’air. Aucun autre gaz que l’air ne peut servir à la respiration : l’oxigène pur est trop actif, les autres fluides agissent ou comme poisons ou comme matière inerte; l’acide carbonique est dans le premier cas, l’azote est dans le second.

Lavoisier et Seguin ont fait des expériences nombreuses sur la respiration. Admettant qu’un homme consomme en 24 heures 755 litres d’oxigène , il ressort de ce fait qu’un homme peut consommer l’oxigène contenu dans plus de 3 mètres 1 /2 cubes d’air atmosphérique. Ceci pourrait faire craindre que la provision d’air respirable viendra un jour à s’épuiser. Pour faire cesser toutes les appréhensions à cet égard, citons un passage d’un mémoire de M. Dumas : « Le calcul montre* qu’en exagérant toutes les données, il ne faudrait pas moins de 800,000 années aux animaux vivants à la surface de la terre pour faire disparaître l’oxigène en entier. Par conséquent, si l’on supposait que l’analyse de l’air eût été faite en 1800 , et que pendant tout le siècle les plantes eussent cessé de fonctionner à la surface du globe entier, tous les animaux continuant d’ailleurs à vivre, les analystes , en 1900, trouveraient l’oxigène de l’air diminué de 5^0 de son poids, quantité qui est inaccessible à nos méthodes d’observations les plus délicates , et qui , à coup sûr, n’influerait en rien sur la vie des animaux ou des plantes. Ainsi , ne nous y trompons pas , l’oxigène de l’air est consommé par les animaux , qui le convertissent en eau et en acide carbonique ; il est restitué par les plantes qui décomposent ces deux corps. Mais la nature a tout disposé pour que le magasin d’air fût tel relativement à la dépense des animaux , que la nécessité de l’intervention des plantes pour la purification de l’air ne se fît sentir qu’au bout de C[uelques siècles.

))L’air qui nous entoure pèse autant que 581 ,000cubes de

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