‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 19 sur 139 · DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

DE LA RESPIRATION

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cuivre d’un kilomètre de côté; son oxigène pèse autant que 130,000 de ces memes cubes. En supposant la terre peuplée de mille millions d’hommes, et en portant la population animale à une quantité équivalente à trois mille millions d’hommes, on trouverait que ces quantités réunies ne consomment en un siècle qu’un poids d’oxigène égal à 15 ou 16 kilomètres cubes de cuivre , tandis que l’air en renferme 13/i,000. Il faudrait 10,000 années pour quêtons ces hommes pussent produire sur l’air un elfet sensible à l’endiomètre de Volta, même en supposant la vie végétale anéantie pendant tout ce temps.

wEnce qui concerne la permanence de la composition de l’air, nous pouvons dire avec toute assurance que la portion d’oxigène qu’il renferme est garantie pour bien des siècles, même en supposant nulle l’influence des végétaux, et que néanmoins ceux-ci lui restituent sans cesse de l’oxigène en quantité au moins égale à celle qu’il perd, et peut-être supérieure; car les végétaux vivent tout aussi bien aux dépens de l’acide carbonique fourni parles volcans, qu’aux dépens de l’acide carbonique fourni par les animaux eux-mêmes. » Il ne faut pas croire que lorsqu’on est renfermé dans un espace déterminé on peut consommer sans être incommodé les dernières portions d’oxigène que l’air renferme ; il ne faut pas que cette* proportion dépasse le quart de celle qui existe. D’après cela, pour qu’un homme n’éprouve aucun malaise dans une salle bien close pendant 24 heures , l’espace doit être au moins de 14 mètres cubes.

Cherchons maintenant comment agit l’oxigène dans la respiration. Les plus belles recherches à cet égard sont dues à Priestley et Lavoisier. Ces savants ont reconnu , et ces faits ont été vérifiés depuis, que l’air expiré contient plus de vapeur d’eau, un peu moins d’oxigône, et plus d’acide carbonique que l’air inspiré ; que l’azote varie à peine dans ses proportions, enfin que le volume de l’air expiré est presque égal à celui de Pair inspiré. De ces faits, Lavoisier

CHIMIE

et Laplace conclurent que dès que le sang veineux est mis en contact avec l’air^ dans les vaisseaux capillaires des poumons, l’oxigène lui enlève une portion de son carbone qu’il convertit en acide Carbonique , de son hydrogène qu’il convertit en eau. Ces deux produits sont rejetés par la contraction des poumons. Le sang veineux , ainsi privé d’une portion de carbone et d’hydrogène, recouvre toutes les propriétés de sang artériel.

Cette théorie de la respiration est extrêmement simple , le phénomène essentiel consiste en une véritable combustion. M. Edwards a constaté que ce n’était pas dans les poumons seulement, mais dans tout l’appareil circulatoire, que s’opérait cette remarquable transformation ; quoi qu’il en soit, l’hypothèse de Lavoisier n’en est pas moins indubitable dans ses résultats définitifs. On a ainsi une explication bien simple de la production de la chaleur animale, MM. Dulong et Despretz ont cru qu’on ne pouvait ainsi rendre compte que des 9/10 de la chaleur produite; mais, en discutant les expériences de ces savants , on peut voir qu’il existe quelques chances d’erreur dans la méthode qu’ils ont employée, et qu’il est démontré, comme Lavoisier l’avait établi , que toute la chaleur animale vient de la respiration, qu’elle se mesure par le charbon et l’hydrogène brûlé pendant cet acte. C’était à ces recherches qu’était occupé notre immortel chimiste , quand la hache des terroristes vint trancher le cours d’une vie si utilement employée. Lavoisier périt le 8 mai 1794 , à l’âge de cinquante ans.

§ II. Des métalloïdes.

Différences qui existent entre les métalloïdes et les métaux. — Les métalloïdes sont au nombre de treize , savoir : l’oxigène , l’hydrogène , le bore , le silicium , le carbone , le phosphore , le soufre y le sélénium , l’iode , le brome , le chlore y le fluor et l’azote. Nous étudierons ces corps dans

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