COMBINAISONS DU CARBONE
indifférent de désigner ce corps par ces deux manières, quand on emploie les mots proto ou deuto. En effet, si nous voulons employer ces deux dénominations pour les chlorures de carbone , nous sommes forcés de dire prolocldorurc de carbone ou dentocarbnre de chlore pour désigner le même corps. On conçoit de suite, par cet exemple, quelle confusion jette dans le langage chimique une semblable liberté.
COxMlUNAlSONS DU CARBONE ET DE L’HYDROGÈNE. — Ces combinaisons sont très intéressantes à étudier parce qu’elles font partie d’un produit très utile , le gaz de l’éclairage. Long-temps on a cru que le carbone ne se combinait avec l’hydrogène qu’en deux proportions; plus tard Dalton découvrit une troisième combinaison; enfin, dans ces derniers temps, on en a trouvé une foule d’autres. Nous devons traiter ici des deux combinaisons les mieux étudiées : ce sont le protocarbure et le bicarbure d’hydrogène. Nous trouverons occasion plus tard de parler des autres.
Protogarbüre d’hydrogène. ( Hydrogène jjroto^ carboné, gaz inflammable des marais.) — Ce gaz est insipide, inodore, sans couleur, insoluble dans l’eau; sa densité rz: 0,5595, égale à deux fois celle de l’hydrogène, plus une fois celle de la vapeur du carbone ; mêlé à l’air ou l’oxigène , il détone sur-le champ par l’étincelle électrique ; si l’on allume un jet de ce gaz dans l’air, il y brûle avec une flamme jaunritre. Le chloCe peut le décomposer instantanément ; à la température rouge , il s’empare de l’hydrogène, forme de l’acide chlorhydrique, et met le carbone à nu.
Ce gaz se trouve dans la vase des marais et de toutes les eaux stagnantes; de temps en temps, il vient crever sous formes de bulles à la surface du liquide ; il provient sans doute de la décomposition qu’éprouvent sous l’eau les matières organiques , surtout en été. On le trouve dans certaines mines : de là le nom de mofette des mines ; c’est lui
qui produit ces feux naturels que l’on voit sur la pente septentrionale des Apennins, etc.
Pour l’obtenir, il suffit d’agiter la vase , et de recevoir le gaz qui se dégage , en tenant au-dessus des flacons pleins d'eau et munis de larges entonnoirs.
L’analyse y a démontré un peu de gaz carbonique, d’azote et d’oxigène ; on peut en séparer l’oxigène avec le phosphore , et l’acide carbonique avec de la potasse ; mais on ne peut le priver du peu d’azote qu’il contient Abstraction faite des gaz que nous venons de citer, il absorbe en brûlant deux fois son volume d’oxigéne, et produit un volume d’acide carbonique égal au sien ; d’où l’on peut voir qu’il est formé d’un volume de vapeur de carbone , et de deux volumes d’hydrogène, condensés en un seul, m: CH. M. Persoz, puis M. Dumas, ont indiqué un procédé très facile pour préparer le gaz des marais. Il consiste à mélanger ûO parties d’acétate de soude cristallisé, /|0 parties de potasse et 60 parties de chaux vive en poudre ; on chauffe doucement le mélange dans une cornue G , contenue dans un fourneau FF, et on reçoit le gaz produit sous l’eau dans une cloche D (fig. 12).
Bicarbure d’hydrogèwe. ( Hydrogène bicarhoné , gaz oléjiant. Gaz de Véciniragc .) — Ce gaz est incolore, insipide, d’une odeur empyreumaiique, éteignant les corps
en combustion; sa densité— 0,9852 (Théodore de Saussure).