‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 25 sur 139 · COMBINAISONS DU CARBONE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU CARBONE

Quand on le fait traverser un tube de porcelaine incandescent, il est décomposé en charbon qui se dépose et en gaz dont le volume est presque double. Si la chaleur est assez forte , et surtout si l’on fait passer le gaz à plusieurs reprises dilïérentes, ou mieux si l’on y fait passer ure grande quantité d’étincelles électriques, on obtient le double d’un gaz qui n’est plus que de l’hydrogène pur; d’où il résulte que tout le charbon s’est déposé. L’air ni l’oxigène ne le décomposent à la température ordinaire, pendant qu’au contraire l’un et l’autre le décomposent à une température élevée , en formant de l’eau et de l’acide carbonique. Si l’air ou l’oxigène était préalablement mêlé au gaz au moment où l’on approcherait une bougie enflammée, il V aurait instantanément détonation.

L’eau en dissout le sixième de son volume.

Le chlore peut le décomposer et former un liquide oléagineux qu’on nomme hydro-bicarlnire de chlore, qui est une sorte d’éther. Cette propriété a fait donner au gaz hydrogène bi-carboné le nom de gaz oléfiant.

Le soufre et l’iode peuvent également le décomposer : le premier, h la chaleur de la lampe ; en formant de l’acide sulfhydrique avec son hydrogène, et le second en formant un composé cristallisé , analogue par sa composition à celui que forme le chlore , mais dans lequel le chlore est remplacé par l’iode.

Préparation. — Le bicarbure d’hydrogène n’existe pas

dans la naure; on l’ob-

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Fig. 13.

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sur le mercure (fig. 13) ; ce gaz est toujours accompagné

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d’acide sulfureux et d’acide carbonique qui se produisent toujours ; mais en l’agitant avec un peu de potasse caustique, qui dissout les deux gaz acides, on l’obtient pur. Pour concevoir la formation de ce gaz , il faut se représenter l’alcool comme formé de bi-carbure d’bydrogène et d’eau ; dans cette hypothèse, qui paraît être la vraie, l’acide sulfurique avide d’eau s’empare de celle qui constitue l’alcool , et laisse à nu le bicarbure qui se dégage. Mais pendant la réaction, un peu d’acide sulfurique est décomposé en acide, sulfureux qui se dégage , et en oxigène , qui décompose un peu de bi-carbure , en formant de l’eau et de l’acide carbonique.

L’analyse a démontré que ce gaz était formé de deux volumes de vapeur de carbone , et de deux volumes d’hydrogène , condensés en un seul , rr:C H

Il existe une foule d’autres combinaisons de carbone et d’hydrogène dans les mêmes proportions ^ mais dans d’autres états de condensation, et qui peuvent porter également le nom de bicarbure d’hydrogène ; tels sont le méthylène (CH^), le bicarbure gazeux (G* H4), le bicarbure liquide , l’huile douce de vin concrète , la paraffine , l’essence de rose concrète, le cétène , l’eupione , le caoüt-

chène , etc. , produits qui sont étudiés dans les cours de chimie organique.

L’hydrogène bicarboné est employé en France et en Angleterre pour l’éclairage ; mais celui dont on se sert provient, soit de la distillation de la houille , soit de la décomposition de la résine , de l’huile , par une haute température. Seulement , alors les gaz ne sont pas purs , ce qui est sans inconvénient pour l’objet en vue duquel ils sont préparés.

L’idée d’éclairer par le gaz hydrogène carboné appartient à Philippe Lebon, ingénieur français. Dans ses premiers appareils Lebon distillait du bois pour en recueillir le gaz , le goudron, l’acide pyroligneux; mais son Mémoire,

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