PHOSPHORE
gaz oxigène, à une température élevée, il y brûle avec éclat et il se produit des vapeurs blanches d’acide phosphorique anhydre et aussi toujours un peu d’oxide rouge. Audessous de 27“ et sous la pression de 76 centimètres, le phosphore n’agit point sur l’oxigène à moins que la pression ne soit diminuée; mais toutefois, quelle que soit cette diminution, l’action n’a plus lieu à 5°. Si, au lieu de diminuer la pression on l’augmente, il faudra une plus forte température pour déterminer la combustion du phosphore. Ce qu’il y a de plus remarquable , c’est que l’addition d’une petite quantité d’azote , d’hydrogène ou d’acide carbonique , produit le même effet qu’une diminution de pression; ce qui a fait penser à M. Bellanide Monza, àcjui l’on doit ces observations, que les atomes d’un même gaz avaient encore une certaine force attractive , qui était diminuée par la présence d’un autre gaz. Cette propriété nous explique assez pourquoi le phosphore brûle à l’air en donnant lieu à de l’acide phosphatique.
L’eau ne dissout point le phosphore ; mais si cette eau contient de l’air, il se fait de l’oxide rouge, surtout sous l’influence de la lumière , et probablement de l’acide phosphoreux qui se dissout dans l’eau; le fait est que l’eau devient acide. Cette raison fait qu’on doit le conserver dans de l’eau bouillie et refroidie. Cependant , au bout de quelque temps, les bâtons se recouvrent d’une croûte que l’on prenait pour un oxide particulier, mais que M. Félon ze a démontré n’être que de l’hydrate formé de quatre atomes de phosphore et d’un atome d’eau.
Le phosphore ne se trouve pas pur, mais à l’état de combinaison , dans les os constituant du phosphate de chaux : il fait partie de la matière cérébrale, et des nerfs et de la laitance de la carpe.
Préparalion. — On prend du phosphate acide de chaux qu’on réduit en consistance sirupeuse; on mêle ce sel avec le quart de son poids de charbon et l’on fait sécher le mé-
CHIMIE
lange ; on l’introduit alors dans une cornue de grès lutée (fig. 1/*), placée dans un fourneau à réverbère : on lute au col de la cornue une allonge en cuivre qui plonge dans
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un flacon contenant de l’eau ; de la seconde tubulure , part un nouveau tube qui se rend dans une deuxième flacon muni d’un tube droit pour le dégagement du gaz. On chauffe peu à peu et fortement la cornue , au bout de deux heures il commence à se dégager des gaz oxide de carbone, hydrogène carboné et phosphoré, qui proviennent de la décomposition , par le charbon , de l’eau que contenait le mélange ; enfin , au bout de quatre heures de feu apparaît le phosphore qui vient se condenser dans l’eau du flacon , dans l’allonge et dans le col de la cornue. Le phosphore refroidi est placé dans une peau de chamois, dont on fait un nouet que l’on comprime au milieu d’eau bien chaude. Le phosphore traverse la peau , abandonnant sur elle un peu de charbon et surtout d’oxide de phosphore. Le phosphore encore fondu est moulé dans un tube , ce qui se fait en plongeant l’une de ses extrémités au milieu de la masse, et aspirant avec la bouche par l’autre extrémité ; quand le tube est aux trois quarts à peu près plein, on le place dans l’eau froide pour solidifier le phosphore.
Usages. — Le phosphore est employé pour faire l’analyse de l’air ; on en fait des briquets phosplioriques. Son action sur l’économie animale est des plus violentes ; il est consi-