COMBINAISONS DU PHOSPHORE
déré comme un puissant stimulant. On en fait actuellement une grande consommation pour les allumettes phosphoriques.
COMBINAISONS DU PHOSPHORE. — Le phosplîore se combine avec l’hydrogène , le soufre, le sélénium , l’iode et le chlore.
Combinaisons du phosphore avec l’hydrogène. — Le phosphore en se combinant avec l’hydrogène produit une combinaison extrêmement remarquable qui jouit de la propriété de s’enflammer spontanément au contact de l’air. Plusieurs chimistes admettent deux phosphures d’hydrogène différents , d’autres n’en reconnaissent qu’un seul. Nous allons faire connaître les caractères qu’on a assignés à l’un et à l’autre ; le second est de beaucoup le plus important.
Protophosphure d’hydrogène. [Hydrogéné protophosphoré. ) — Ce gaz est incolore, d’une odeur désagréable, analogue à celle de l’arsenic en vapeur. Sa pesanteur spécifique — Il ne s’enflamme pas à la tempéra-
ture ordinaire, mais bien si la température est un peu élevée.
L’eau en dissout le huitième de son volume à la température ordinaire.
Le protophosphure d’hydrogène se forme dans les mêmes circonstances que le gaz suivant, seulement sa production est plus fréquente en raison de ce qu’il est plus stable.
On prépare ce gaz en chauffant une dissolution concentrée d’acide hypophosphoreux , phosphoreux ou phosphatique. L’eau se décompose, son oxigène s’unit à une portion de l’acide lui- même pour le transformer en acide phosphoricpie , pendant que sou hydrogène se combine à une partie de phosphore pour former l’hydrogène phosphoré qui se dégage, et que l’on reçoit sous des cloches pleines de mercure.
CfflMIE.
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L’analyse a démontré à M. Dumas, pour sa composition, trois volumes d’hydrogène et un volume de vapeur de phosphore , condensés en deux volumes =: P. Il est sans usages.
Sesqut-phosphüre d’hydrogène. — Découvert par Gengembre ; il est toujours gazeux, sans couleur. Son odeur est très forte et analogue à celle de l’ail ou de Pognon; sa saveur est amère; sa densité = 1,761.
Exposé k une température élevée, il perd le tiers de son • phosphore , et devient protophosphure ; on pensait qu’abandonné k lui-même pendant deux ou trois jours, il subissait le meme changement. Mais, M. Rose a démontré qu’on pouvait le conserver très long-temps sans altération, et que le phosphore en excès se déposait seul.
Si on le fait passer dans un tube étroit avec de Pair ou de Poxigène, il se forme des vapeurs blanches sans dégagement de lumière , et le phosphore acidifié se dépose , pendant que l’hydrogène devient libre. Si au lieu d’un tube étroit on fait usage d’un tube large , il se produit tout-kcoiip des vapeurs blanches, et de plus une combustion très vive. Ce qui tient dans le premier cas k ce que les parois , trop rapprochées du tube étroit, enlèvent la chaleur k mesure qu’elle se développe.
La propriété que possède ce gaz de s’enflammer spontanément est caractéristique, et permet de toujours le reconnaître. En effet, que l’on fasse passer ce gaz, bulle k bulle, dans Pair , aussitôt chaque bulle en s’enflammant donne naissance k de la vapeur d’eau et d’acide qui s’élèvent sous forme d’auréoles blanches; c’est une des plus jolies expériences k exécuter dans un cours.
L’hydrogène phosphoré est un peu soluble dans Peau.
On pense que ce gaz se forme dans les lieux où se trouvent enfouies des matières animales, et que traversant les fissures du terrain, il arrive dans l’atmosphère, s’enflamme, et produit ce qu’on désigne sous le nom de feuoo follets. En
COMBINAISONS DU PHOSPHOBE.
eiTet , on sait que certaines matières animales , telles que la matière cérébrale, contiennent du phosphore, qui peut s’unir à l’hydrogène au moment où la décomposition putride s’opère.
Préparation. — On obtient le sesqui-phosphure d’hydrogène en chauffant dans une fiole une pâte faite avec de la chaux, du phosphore coupé et de l’eau; le gaz ne tarde pas à se produire et à se dégager (fig. 15). L’eau se décompose, cède son hydrogène à une partie de phosphore pour former le gaz sesquiphosphure , tandis que l’oxigène s’unit à l’autre pour former de l’hypophosphite de chaux. Remarquons ici que i^l. Dumas n’a jamais pu parvenir à l’obtenir exempt d’hydrogène.
Composition. — M. Dumas, qui a fait l’analyse du sesqui-phosphure d’hydrogène, l’a trouvé formé d’un volume et demi de vapeur de phosphore, et de trois volumes d’hydrogène , condensés en deux volumes ; d’où la formule H2P.
Dans ce dernier temps, 31. Rose a été porté à considérer les deux gaz précédents comme isomériques. En effet, l’analyse directe des deux gaz, l’identité des composés qu’ils forment avec certains chlorures métalliques , la propriété qu’ils ont l’un ou l’autre de se transformer en gaz spontanément inflammable quand on les dégage de leur combinaison avec les chlorures par l’ammoniaque , et au contraire de n’ètre plus spontanément inflammables si l’on se sert d’eau pure , d’acide chlorhydrique ou de potasso liquide, sont autant de preuves sur lesquelles repose la manière de voir dd’ 31. Rose. 31. Leverrier , au contraire ,
Fig. 15.
CHIMIE
admet que le gaz spontanément inflammable ne doit cette propriété qu’à la présence d’une petite quantité d’un phosphore particulier P II qui s’y trouve mélangé.
SOUFRE.^ — Si le soufre n’est pas aussi remarquable par ses propriétés que le phosphore , il n’est pas moins intéressant à cause de ses usages nombreux. C’est en même temps un des corps les plus répandus ; on le connaît de toute antiquité , mais pendant long-temps une grande confusion régna à son égard. Il n’y a point, dit Macquer (célèbre chimiste français et un des derniers représentants de la vieille école ) , de nom dont on ait si fort abusé que celui-ci dans l’ancien langage chimique. On désignait sous ce nom toutes les substances inflammables et combustibles, de c[uelque nature différente qu’elles fussent d’ailleurs. Le soufre , selon eux , était un des principes des corps ; ils en trouvaient partout. Beccher, et surtout Stalh , son élève , rectifièrent ces idées erronées à la fin du xvii® siècle en démontrant la nature différente des corps confondus sous ce nom commun de sovfre ; mais ils se trompèrent aussi bien que leurs devanciers en regardant le soufre ordinaire comme un corps composé. Ce n’est qu’à l’époque de la révolution chimique que les savants français reconnurent la simplicité et la nature de ce corps, qui depuis a toujours été rangé parmi les éléments.
Propriétés. — Le soufre est solide, jaune citron, insipide, très friable, à cassure luisante et inodore, cependant en le frottant il en prend une légère ; un léger choc suffit pour le casser ; lorsqu’on le serre dans la main ou qu’on l’échauffe un peu , il craque et souvent il se rompt. Sa pesanteur spécifique — 1,99.
Le soufre conduit très mal le fluide électrique; quand on le frotte, il se développe à sa surface du fluide électrique résineux. Soumis à une température de 108*^, il se fond; entre 110 et 1Z|0°, il est très limpide et jaune; à 160° il commence à s’épaissir, enfin de 220 à -250*^ , il est telle-