SOUFRE
ment épais qu’il ne coule plus ; une plus forte température semble le liquéfier; sa couleur alors est brun-rouge. Il est à remarquer que si on vient à refroidir brusquement celui qui a été chauffé à il devient sec et cassant, pendant que celui qui a été chauffé assez pour devenir solide reste mou après le refroidissement sirbit. (]e prénomène est attribué à un arrangement particulier des molécules.
Si lorsqu’il est fondu on le laisse refroidir lentement, puis qu’on crève la croûte qui s’est formée pour en faire sortir les parties encore liquides, on trouve le fond du vase tapissé d’une foule d’aiguilles jaunâtres , dont la forme est incompatible avec celle des cristaux naturels. Enfin , le soufre chaulfé convenablement se volatilise, et en se refroidissant, il constitue les fleurs de soufre.
L’oxigène n’a aucune action à froid sur le soufre; mais si l’on plonge un morceau de soufre présentant un point en ignition dans un vase plein d’oxigène , celui-ci s’y combine bientôt pour former de l’acide sulfureux, seule combinaison que puissent produire directement ces deux corps. Cette propriété est même celle qui caractérise le mieux le soufre en raison de l’odeur de l’acide sulfureux.
Le soufre est très répandu dans la nature tantôt libre , tantôt combiné ; libre il existe aux environs des volcans; combiné il existe dans tous les sulfures, les sulfates et dans beaucoup de végétaux , particulièrement ceux de la famille des crucifères ; les œufs , les cheveux , la matière cérébrale, etc. , en contiennent.
Extraction, — On se procure le soufre par plusieurs procédés. 1° x\ux environs des volcans on trouve des terres qui contiennent du soufre en assez grande quantité. Pour l’en extraire, on [)lace les matières terreuses dans des pots de terre cuite surmontés d’un tuyau qui communique avec d’autres pots , dont le fond est ])ercé de trous, et qui reposent sur une tinette de bois remplie d’eau : en chaulTant, le soufre se volatilise et vient se condenser dans l’eau de la
CHIMIE
tinette; dans cet état, on le nomme soufre brut. Comme il contient des matières étrangères, on le sublime. A cet effet, on le chauffe dans une chaudière communiquant avec une chambre en maçonnerie destinée à recevoir le soufre en vapeurs, et h le condenser sous forme de poudre et constituant la fleur de soufre. Si l’opération est convenablement continuée , il arrive une époque où la chambre échauffée ne condense les vapeurs qu’à l’état liquide , alors le soufre coule le long d’un plan incliné, et sort par un trou pratiqué à la partie inférieure et se rend dans des moules en bois humectés, et où il prend la forme qu’on connaît au soufre en canon. Afin de livrer passage à l’air raréfié par l’acide sulfureux qui s’est formé, on pratique, à la partie supérieure de la chambre , une soupape dirigée de dedans en dehors.
2° Certains sulfures en contiennent une grande quantité qu’on peut extraire par différents moyens , mais dont le meilleur est dû à M. Dartigues. Ce manufacturier prend des cylindres de terre très bons. On en met vingt- quatre sur deux rangs , dans un four particulier. On y introduit le sulfure réduit en fragments, par l’une des extrémités qu’on débouche et qu’on ferme à volonté ; à l’autre extrémité se trouve un tuyau par lequel la distillation se fait, et qui porte le soufre dans des caisses de bois en partie pleines d’eau et fermées par un couvercle de plomb. Pendant l’opération , 011 a soin de ne pas trop élever la température, car si le sulfure fondait , le cylindre serait indubitablement endommagé; du reste, le sulfure en partie désulfuré est employé à la fabrication du sulfate de fer.
Le soufre est une matière première d’opérations chimiques des plus importantes. On se sert du soufre pour faire des allumettes, pour faire l’acide sulfurique, la poudre à canon, l’acide sulfureux, le sulfure de mercure, le sulfate de cuivre, etc. ; enfin, en médecine, on l’emploie dans les maladies de la peau , etc.