BROME
se combiner au soufre en plusieurs proportions. L’un de ces iodures, ou mieux sulfure d’iode, est rayonné et brillant d’une couleur brune. Il est peu stable ; exposé à une température peu élevée , l’iode s’évapore. On l’obtient en chauffant l’iode et le soufre dans un tube de verre. 11 est employé en médecine dans les maladies de la peau.
BllüllE. — C’est un corps découvert par l\I. Balard, qui présente la plus grande analogie avec l’iode ; il est li({uide à la température ordinaire , d’un rouge brun , en masse et d’un rouge byacinlhe en couche mince; son odeur, forte, désagréable , est analogue à celle du chlore ; sa saveur est très caustique ; comme l’iode, il colore fortement la peau eu jaune. C’est un poison énergique ; une goutte , déposée dans le bec d’un oiseau , suffit pour le tuer.
Exposé à un froid de — 20”, il se solidifie et devient cassant; à kl'\ il entre en ébullition et répand des vapeurs rouges comme celles de l’acide bypo-azotique.
Il ne se combine pas directement avec l’oxigène; cependant, à l’état de gaz naissant, la combinaison se fait, et l’on connaît même plusieurs combinaisons.
Son affinité pour rbydrogène est beaucoup plus grande : aussi s’y combine-t-il, sous l’inlluence solaire, pour former du gaz brombydrique ; il a plus d’affinité pour l’hydrogène que l’iode.
On extrait le brome du bromure de magnésium , lequel se rencontre dans les eaux-mères des salines. On prend une certaine quantité de ces eaux-mères , on y fait arriver un courant de chlore qui forme du chlorure de magnésium et met le brome à nu ; celui-ci reste en dissolution dans la liqueur. On agite la litjueur avec de l’éther qui dissout le brome et décolore le liquide. On verse ensuite une dissolution de potasse qui forme , en cédant de son oxigène à une portion de brome , du bromate de potasse et du bro-
mure de potassium; on évapore des liqueurs à siccité et
l’on calcine le résidu formé de bromure et de bromate. Par
CHIMIE
ce moyen le bromate, en perdant tout son oxigène, devient également bromure de potassium. On met dans une cornue de verre ( fjg. 17), munie à son bec d’un tube recourbé plongeant dans un flacon qui contient de l’eau, ce bromure mêlé avec du peroxide de manganèse et de l’acide sulfurique.
Bientôt le brome libre vient se précipiter dans l’eau du flacon.
( Voyez pour la théorie celle du chlore. )
Combinaisons du brome. — L’hydrogène , le silicium , le carbone , le phosphore , le soufre , l’iode et le chlore forment des combinaisons avec le brome ; mais ces combinaisons sont si peu employées et sont du reste si peu étudiées , que nous les passerons sous silence.
CHLORE. — Historique. — Il fut découvert, en 1774 , par Schèele , qui lui donna le nom à' acide marin déphlo-^ gistiqué. Plus tard , quand on réforma la nomenclature chimique , on lui donna le nom à' acide muriatique oxigêné. Bientôt après , Kirwan lui donna celui de gaz oœimuriatique ; mais , mieux étudié par Berthollet , Guyton-* Morveau, M. Chenevix; enfin, par MM. Gay-Lussac et Thénard , etc. , ces derniers conclurent que ce corps était simple, et proposèrent pour lui le nom de chlore , qui fut bientôt généralement adopté.
Propriétés. — Le chlore estungaz jaune verdâtre, d’une saveur et d’une odeur tellement fortes et caractérisées qu’elles permettent de le reconnaître avec facilité. Sa pesanteur spécifique 2,4216. Il décolore la teinture de tournesol en la jaunissant ; il éteint les bougies allumées; mais la flamme pâlit, et rougit d’abord.
Exposé à un froid de — 50°, si le chlore est bien sec, il ne change pas d’état ; mais pour peu qu’il soit humide, il se
Fig. 17.