FONTE ET FER
Kr
La fonte se rend à la partie inférieure du haut-fourneau et est surmontée par les scories qui sont, d’après Mitscherlich , des silicates de fer, de chaux , de manganèse , à proportions définies.
On compte, en France, au moins 500 fourneaux de fonte et l,Zi00 feux d’affinage, produisant chaque année trois millions de quintaux métriques de fer. D’après 51. de Balascheff , la Belgique possède actuellement 150 hautsfourneaux , et produit moitié autant de fonte que tous les départements de la France réunis.
Depuis quelques années on a introduit dans les usines à fer une amélioration remarquable ; elle consiste à injecter sur le minerai introduit dans les hauts-fourneaux , de l’air échauffé entre 1 60 et /i00°. On obtient ainsi plus de produit avec moins de combustible , et plus de régularité dans le fonctionnement des hauts-fourneaux. C’est en Écosse, dans les fonderies de la Clyde, qu’on a, dès le principe, employé ce procédé , et , depuis , l’application de l’air chaud aux forges des maréchaux et des serruriers a donné des résultats très satisfaisants.
On a substitué , dans quelques localités , au charbon de bois l’usage du coke dans la fabrication de la fonte; et dans ces derniers temps on a employé, avec beaucoup de succès, le bois torréfié. Voici, d’après 51. de Balascheff, qui a publié une Notice très intéressante sur cet objet, les avantages du bois torréfié. On a une marche plus régulière du hautfourneau , des engorgements moins fréquents ; la fonte paraît aussi s’étre améliorée surtout pour le moulage. 5]ais le grand avantage obtenu partout par ce nouveau mode de traitement , consiste dans la diminution fort considérable de la proportion du combustible nécessaire pour réduire le minerai et produire la fonte. On peut admettre que la consommation du bois brut est généralement réduite des 2/5.
Des différentes espèces de fonte. — On en distin-
CHIMIE
gue quatre principales : 1" la fonte blanche cristallisée ; 2” la fonte blanche non cristallisée ; 3" la grise; la noire.
Toutes ces fontes, lorsqu’on les traite par les acides chlorhydrique et sulfurique , dégagent du carbure d’hydrogène, ou gazeux, ou huileux. On peut recueillir facilement ce dernier en faisant passer le gaz à travers l’alcool.
La fonte blanche non cristallisée est très dure, cassante; elle contient 2,d à k de carbone, se dissout sans résidu dans l’acide chlorhydrique bouillant ; fondue en vase clos et refroidie lentement , elle peut se convertir en fonte grise et devenir douce.
La fonte blanche cristallisée est toujours aigre ; la fusion ne la rend douce dans aucun cas ; elle paraît contenir assez constamment une proportion notable de manganèse et 5 p. cent de carbone.
La fonte grise est douce, elle se laisser limer facilement, elle jouit d’une grande ténacité ; elle contient 2 à /i de carbone, mais qui n’y est pas entièrement combiné ; quand on la traite par l’acide chlorhydrique bouillant, elle laisse toujours un résidu de carbone. La fonte grise est employée dans le moulage.
La fonte noire contient une proportion de carbone libre plus grande que la fonte grise ; elle en renferme de 5 à 7. Elle est plus fusible que les autres fontes. On nomme fonte traitée un mélange de fonte blanche avec la fonte grise ou noire.
Composition. — D’après des analyses de MM. Gay- Lussac et Berthier, on sait que la plupart des fontes contiennent de 2 à /i pour cent de carbone , de 1 /Zi à 2 pour cent de silicium, de 1/10 à 1 pour cent de phosphore, des proportions variables de manganèse , et 9^ à 97 pour cent de fer.
Préparation du fer. — On soumet la fonte à une haute