FER
température avec le contact de l’air ; le carbone et le silicium se combinent avec rosigène de l’air en même temps qu’une certaine proportion de fer; il en résulte du fer (jui se soude par l’action des marteaux , de l’oxide de carbone qui SC dégage et du silicate de fei' qui reste fondu. On em- })loie pour cette opération le charbon de bois ou le coke. On peut obtenir le fer directement sans passer par l’état intermédiaire de fonte en cbangeant le mode de réduction du minerai de fer. C’est ce qui a lieu dans la méthode dite calafane. Le fourneau que l’on emploie est semblable à celui de raffinage de la fonte.
On distingue le fer en ductile quand le minerai employé est de bonne qualité , et en cassant quand il contient de l’arsenic , du soufre ou du phosphore.
Pour obtenir le fer chimiquement pur, il faut réduire par l’hydrogène l’oxide ferrique pur.
Propriété!^ physiques. — Le fer pur est d’un gris bleuâtre , poli; il a de l’éclat; sa densité est de 7,788; il est malléable , ductile et très tenace. Le fer est un des métaux les plus difficiles à fondre ; il se ramollit à une température bien inférieure à son point de fusion ; alors on peut le pétrir sous le marteau et le souder sur lui-même ; il jouit au plus haut degré de la vertu magnétique.
Propriétés chimiques. Air. — A la température ordinaire le fer n’est pas altéré dans l’air sec ; mais , pour peu qu’on le chaulfe, il se recouvre d’une pellicule d’oxide irisé ; à la chaleur rouge il s’oxide rapidement en se couvrant d’écailles d’oxide noir qu’on nomme battitures. Le fer obtenu en réduisant l’oxide par le gaz hydrogène à la température la moins élevée possible ou par la calcination d’un oxalate, s’enllamme spontanément dans l’air en répandant une lumière très vive. On obtient celte combustion avec du fd de fer dans le gaz oxigène. — L’air bumide oxide lentement le fer en le recouvrant d’une couche d’oxide qu’on nomme rouille. — Le fer pur ne décompose pas l’eau éga-
CHIMIE
lement pure à la température ordinaire ; mais si l’eau contient des acides , si le fer renferme des matières hétérogènes susceptibles de former les éléments d’une pile , alors l’eau est décomposée ; il se dégage de l’hydrogène. A la température rouge la décomposition est très rapide , il se dégage du gaz hydrogène et il se forme de l’oxide magnétique.
Acides. — Les acides minéraux attaquent le fer avec une grande facilité et forment des sels ; les acides végétaux n’ont qu’une action très faible.
Oxides. — Le fer réduit plusieurs oxides par la voie sèche et par la voie humide , entre autres ceux d’argent , de cuivre, de plomb, de bismuth et d’antimoine.
Alcalis. — Vicat et Payen ont avancé qu’une solution alcaline préserve le fer de la rouille.
Sels. — Les nitrates , les chlorates , les bromates l’attaquenl vivement etl’oxident au maximum.
Métaux. — Le fer forme des alliages avec un grand nombre de métaux ; il ne se combine pas avec l’argent , le mercure, le cuivre, le plomb, le cérium, l’urane , le titane.
Carbures de fer. — Les diverses espèces de fontes et d’aciers sont des mélanges en diverses proportions de fer, de carbure de fer, de siliçure, phosphure , etc. Les carbures en proportions définies ne sont point aussi bien connus , et quoique cette élude pourrait jeter beaucoup de Jour sur la cause de certaines propriétés des fontes et des aciers , on ne l’a point encore faite avec détail.
M. Gay-Lussac a fait dans l’ancienne usine de fer de Charenton plusieurs expériences sur cet objet , mais qui n’ont point été entièrement publiées. M. le duc de Luynes avait commencé sur ce sujet un long et consciencieux travail ; je l’ai secondé dans plusieurs analyses , mais bien des difficultés inhérentes au sujet nous ont arrêtés jusqu’à ce jour.