‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 56 sur 139 · FER · texte numérisé non relu

FER

M. Berzélius dit qu’en chauffant en vase clos h la chaleur hlanche du bleu de Prusse pur, on obtient des carbures en proportions définies. Nous avons, M. le duc de Luynes et moi , répété toutes ces expériences ; nous avons bien obtenu, comme M. Berzélius l’annonce, des poudres noires ; mais examinées au microscope il nous a été facile de nous assurer qu’elles n’étaient point homogènes , et qu’elles présentaient de petites masses fondues vitreuses , bien distinctes de la poudre noire avec laquelle elles étaient mélangées , et qui n’était que du carbone. Nous avons obtenu des culots bien homogènes en calcinant en vase clos plusieurs sels organiques.

Les résultats les plus remarquables nous ont été fournis par le benzoate ferrique mélangé avec du noir de fumée et chauffé jusqu’à fusion; le culot était blanc, d’une dureté très considérable , inattaquable par les limes. Sa composition était fort remarquable; il contenait 0,32 de carbone. En calcinant le benzoate seul , nous avons obtenu un carbure doux qui ne contenait pas plus de 2 i pour

Ce qui contribue à rendre toutes ces expériences très difficiles et entourées de beaucoup d’incertitudes , c’est que la nature des carbures varie essentiellement , suivant le temps pendant lequel on prolonge la fusion. De l’acier laissé en fusion prolongée avec un excès de carbone ne retient que de 9 à 11 pour 100 de carbone. M. Lassaigne a déjà noté ce fait dans sa Chimie , d’après les expériences faites à Charenton. Nous avons examiné plusieurs carbures ainsi préparés; ils peuvent être limés; la poudre brûle avec le plus vif éclat , et le carbure ainsi préparé paraît se rapprocher de cette formule : Fe'^ C.

Acier.— Les Orientaux surent les premiers préparer l’acier, et c’est à eux que les nations européennes doivent l’enseignement de cet art. La fabrication des armes blanches avec cette substance date du x® siècle ; mais on ne fit guère

CHIMIE

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usage d’épées que vers le xiir siècle. Les couteaux , ciseaux et autres petits instruments d’acier ne furent fabriqués que plus tard; on ne connut les aiguilles en Angleterre que sous le règne de la reine Marie , et les épingles qu’à la fin de celui d’Henri Vlîl.

On distingue trois espèces d’acier ; 1° Vacier naturel ou acier de fonte ; on l’obtient en traitant la fonte d’une manière particulière au feu de forge ou en traitant le minerai très riche en fer par la méthode catalane ; 2° Vacier de cémentation ou Vacier de poule ; on l’obtient en chauffant à une température élevée des barres de fer contenues dans des caisses remplies de charbon pulvérisé ou en faisant passer du gaz hydrogène carboné sur du fer fortement chauffé ; 3° Vacier fondu se prépare de diverses manières : 1° en fondant certaines fontes avec une proportion convenable d’oxide de fer ; 2° en chauffant de l’acier de cémentation avec un verre terreux ; 3*’ enfin, en fondant un mélange de fer, de charbon et de verre.

Propriétés. — L’acier est plus blanc que le fer doux ; sa densité est plus forte; elle varie de 7,80 à 7,8à ; il est plus malléable et moins ductile que le fer ; à la chaleur blanche il devient cassant. Lorsqu’on le refroidit brusquement il reste cassant à froid et prend une très grande dureté. On appelle trempe l’opération qui consiste à le plonger tout chaud dans l’eau froide. Si , après l’avoir trempé , on le fait recuire , il acquiert de l’élasticité et devient plus sonore. L’acier fond à 130 p. Les acides qui agissent sur le fer agissent également sur l’acier ; mais il dégage alors de l’hydrogène , en partie carboné , qui entraîne une huile odorante , et il se dépose un résidu charbonneux ; quand ou le traite par l’acide nitrique le dépôt charbonneux est de l’acide azulmique.

Composition. — Les aciers contiennent de 1 h 2 pour 100 de carbone , et de 1 à 6 millièmes de silicium. Ils peuvent encore contenir de l’aluminium.

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