FER. ZINC
Acier damassé. — Ou iioninie ainsi iin acier employé pour faire les damas d’Orient, à surface moirée; on le nomme lootz. Kn Orient il existe deux espèces dilîérentes de damas que nous allons décrire d’après un excellent travail inédit de M. le duc de Luynes.
1'^ Le damas de fusion qui paraît être, d’après Faraday, un acier contenant , outre le fer et le carbone , une petite proportion d’aluminium et de silicium. On obtient des damas semblables avec différents alliages métalliques.
2" Le damas d’élolfe, fait en soudant des feuilles très fines de tôle d’aciers différents. En Turquie on enijiloie à cet effet de vieilles faux. Le duc de Luynes a obtenu un damas très remarquable en soudant des feuilles de tôle et des feuilles de platine.
Pour faire ressortir les veines des damas , on plonge les armes dans de l’eau acidulée; l’acide plus heureusement employé pour les damas de corroyage est l’acide oxalique ; pour les damas d’Orient rien n’est préférable à une dissolution étendue de bisulfate ferrique.
Voici la théorie de l’action de l’acide. Le damas, soit de fusion , soit d’étoffe , est essentiellement composé de particules hétérogènes réunies entre elles par la soudure; elles sont constituées dans un état électrique contraire et forment les deux éléments d’une pile; l’acide agit sur un directement, l’autre est préservé; de là les veines damasquinées qui apparaissent après l’action de l’acide.
L’acier sert à fabriquer des armes et une foule d’instruments.
Zinc. — Historique. — Les anciens connaissaient le laiton qui est un alliage de zinc et de cuivre, qu’ils obtenaient en calcinant du charbon , de la calamine et du cuivre. Paracelse paraît le premier avoir isolé le zinc.
Etat naturel. — Le zinc se trouve dans la nature: 1" à l’état de sulfure ou de blende ; 2" de carbonate , de silicate et de sulfate (le mélange de carbonate et de silicate consti-
tue la calamine) , à l’état d’oxide combiné avec l’oxide de fer et de manganèse.
Extraction. — C’est de la calamine ou de la blende qu’on l’extrait. On commence par calciner légèrement la calamine et griller la blende, puis on opère la réduction en mélangeant le minerai avec du charbon ; en chauffant fortement le mélange, le zinc se distille. Dans qnelques établissements, on distille lier ascensum et dans d’autres per descensum.
Purification. — Elle s’opère en distillant de nouveau le zinc du commerce ; on le sépare ainsi des métaux étrangers qui sont ordinairement mélangés.
Propriétés. — Le zinc est d’un blanc bleuâtre ; sa texture est cristalline. A la température ordinaire il se gerce sous le marteau , mais quand il est échauffé à 100° on peut le réduire , au laminoir, en feuilles très minces et en fils très déliés. Il graisse la lime. Il a peu de sonorité. Sa densité est de 6,86 à 7,19. Il fond à 360°. Chauffé plus fortetement il se volatilise. Il cristallise en prismes quadrangulaires. Il est faiblement odorant et sapide.
Les feuilles de zinc se recouvrent à l'air d’une couche de protoxide gris clair ; quand cette couche estformée, il est préservé d’une oxidation subséquente. A l’aide de la chaleur, il s’oxide très rapidement h l’air. Quand il est très chaud, il s’embrase très vivement. Il décompose l'eau lentement à la température ordinaire , et très activement à une température élevée. Il est attaquable par tous les acides, même les plus faibles. Avec l’acide nitrique concentré il peut y avoir inflammation. V ammordaque et la potasse le dissolvent avec dégagement d’hydrogène. Il réduit , par la voie sèche et par la voie humide, un grand nombre de sels et d’oxides ; il précipite même le fer et le nickel de leurs dissolutions neutres et concentrées. Chauffé avec le 7ntre et le chlorate de jiotasse , il y a détonation. Il décompose l’acide carbonique des carbonates alcalins par la voie sèche.
ZINC. CADMIUM.
Il se dissout dans la crème de tartre. Il se combine avec le soufre et décompose les sulfures alcalins et le cinabre avec détonation. Il s’unit directement m phosphore et à Var^ senic. Il s’enllamme dans le chlore gazeux lorsqu’il est échauffé. 11 décompose le sel ammoniac. Il s’allie avec la plupart des métaux.
Usages. — Depuis qu’on sait laminer le zinc, il a un grand nombre d’usages technologiques ; avec le cuivre il constitue les éléments ordinaires des piles voltaïques. Il sert à la fabrication du laiton. On s’en sert pour faire des baignoires , des gouttières ; mais la vertu émétique de ses sels doit empêcher de s’en servir pour renfermer ou préparer des aliments. Cependant M. Berthier assure qu’on peut sans aucun danger se servir du zinc pour faire des instruments de cuisine.
Cadmium. — Historique. -^Décomert en 1817 par Herman et par Stromeyer dans les sublimés de zinc des usines de la Silésie , depuis on l’a trouvé dans plusieurs autres minerais de zinc , qu’il accompagne. Le zinc métallique n’en contient que des traces , parce que le cadmium étant plus volatil se sublime dès le commencement dutrai^ tement métallurgique. Hérapath a trouvé que les premiers produits oxidés qui proviennent de la distillation de la calamine en contiennent jusqu’à 0,20.
Le cadmium est d’un blanc d’étain , il prend un beau poli ; sa texture est compacte, sa cassure fibreuse ; il cristallise en octaèdres. Sa densité est de 8,69. Il est mou et tache les corps comme le plomb. Il est flexible et fait entendre un cri comme l’étain ; il a plus de ténacité que ce métal ; on peut le réduire en feuilles très minces et en fils très fins. Il se fond à une température bien inférieure au rouge , il se volatilise à un degré de chaleur très peu supérieur à celui de l’ébullition du mercure ; les vapeurs n’ont aucune odeur. Il est peu altérable à l’air à la température ordinaire; à l’aide de la chaleur il brûle comme le zinc, eu
CHIMIE
produisant une fumée épaisse et un oxide d’un brun rougeâtre. Il décompose l’eau pure à l’aide de la chaleur. L’acide nitrique le dissout à froid. L’acide sulfurique étendu le dissout lentement avec dégagement de gaz hydrogène. L’acide acétique l’attaque facilement. Il se combine directement avec le soufre , le sélénium , le phosphore et l’arsenic. Il absorbe le chlore gazeux , se dissout dans le chlore liquide. Il s’allie avec un grand nombre de métaux.
Étain. — Historique. — L’étain est connu de toute antiquité, les anciens chimistes le nommaient jw/nïcr.
Etat. — L’étain ne s’est trouvé qu’à l’état d’oxide et de sulfure , encore ce dernier est-il très rare , et comme il contient des métaux étrangers, il peut être placé parmi les minerais de cuivre. Les mines abondantes d’étain sont assez rares; les plus belles sont le partage de l’Inde, de l’Angleterre, de l’Allemagne , de l’Espagne. On en a découvert récemment en France, dans les départements de la Haute- Vienne, de la Côte-d’Or et de la Seine-Inférieure, mais qui ne sont point assez riches pour être exploitées avec profit. Il serait bien à désirer que nous fussions délivrés du tribut que nous payons à l’étranger pour cet utile métal.
Extraction. — L’oxide existe ou disséminé ou en roche ; dans le premier cas on bocarde le minerai ; dans les deux cas on procède au lavage. Lorsque le minerai contient du sulfure de fer, de cuivre, d’arsenic, on doit le griller avec soin , à une chaleur qui n’excède pas le l'ouge brun. Le grillage étant terminé , on jette la matière presque rouge encore dans des cuves pleines d’eau ; les sulfates de cuivre et de fer se dissolvent. On lave pour séparer les oxides de fer et de cuivre, qui sont mélangés à l’oxide de l’étain, qui ne reste plus qu’avec des tungstates et quelques atomes de gangue. L’oxide ainsi purifié est jeté dans un fourneau à manche ou dans un fourneau à réverbère , où s’opère la réduction ; de là on fait rendre l’étain réduit successivement dans trois bassines , où il se purifie par décantation ;