ETAIN
les scories surnagent le bain , et les métaux moins fusibles se déposent en maintenant une température bien ménagée.
L’étain de l’Inde ou de Malaca est ordinairement pur ; les autres contiennent toujours un peu de fer et de cuivre. Margraff, en 17^5, avait avancé que la plupart du temps l’étain contenait une grande quantité d’arsenic, et qu’il était dangereux d’en faire des instruments de cuisine. Bayen et Charlard prouvèrent que cette opinion n’était pas fondée ; ils s’assurèrent que les étains de Banca et de Malaca étaient parfaitement purs, et que les autres espèces en renfermaient au plus
Propriélés. — L’étain est d’un blanc prescfue aussi brillant que l’argent; il est très malléable; on peut le réduire en feuilles très minces sous le marteau. Il est très ductile; il occupe le cinquième rang parmi les métaux pour la ténacité. H est très mou , moins cependant que le plomb; il n’a aucune élasticité et par conséquent aucune sonorité. On peut le plier sans le rompre , et chaque fois il fait entendre un bruit particulier, connu sous le nom de cri de l’étain. On peut l’obtenir cristallisé. Sa densité est de 7,293; il fond à 212. Il paraît volatil , puisqu’il brûle avec flamme et fumée ; cependant on peut le tenir pendant plusieurs heures à une très haute température sans qu’il diminue sensiblement de son poids. L’étain a une odeur et une saveur particulières très caractéristiques. L’air sec et même humide altère peu l’étain ; mais à l’aide de la chaleur il s’oxide rapidement en prenant à sa surface les couleurs de l'iris. L’étain ne décompose l’eau qu’à la température rouge , il se change en protoxide ; ilia décompose par l’intermédiaire des acides, et le gaz hydrogène qui se dégage a une odeur nauséabonde. L’acide azotique de 6 à 15'" dissout l’étain à froid sans dégagement de gaz ; l’eau et l’acide sont décoml)osés en même temps ; il se forme du protoxide d’étain et de l’ammoniaque , qui restent combinés avec l’excès d’a-
CHIMIE
eide ; l’acide azotique à 50® n’agit pas sensiblement ; l’acide à ^0° l’attaque très vivement et le convertit en deutoxide sans le dissoudre. L’acide sulfurique concentré et bouillant attaque l’étain; il se dégage de l’acide sulfureux, de l’hydrogène , du gaz sulfhydrique ; il se dépose du soufre et il se produit du proto ou deutosulfate. L’acide sulfureux en agissant sur l’étain forme du sulfite et de l’hyposulfite d’étain. L’acide chlorhydrique le dissout très facilement; il se dégage du gaz hydrogène et il se forme du protochlorure qui reste dissous à la faveur de l’acide chlorhydrique. L’acide acétique , l’acide oxalique et plusieurs autres acides végétaux agissent sensiblement sur l’étain , surtout à l’aide de la chaleur ; ils le transforment en protosel.
Usages. — Il est employé seul , et il forme avec d’autres métaux plusieurs alliages utiles.
Nickel. ~ Cronstedl, en 1751, annonça l’existence du nickel dans la mine connue sous le nom de faux cuivre. Bergmann confirma son existence qui était révoquée en doute par plusieurs chimistes. Il a depuis été étudié par Vauquelin, Proust, Laugier, Berthier, etc.
Il se trouve dans la nature à l’état d’oxide de sulfure, d’arséniure , d’arséniosulfure , d’arsénite , d’arséniate , de silicate, etc. On emploie à l’extraction du nickel l’arséniosulfure natif ou un produit d’usine nommé speiss^ formé de sulfo-arséniures qui se séparent quand on fond, pour préparer le bleu d’azur, le minerai de cobalt, le sable et la potasse.
Le nickel est pulvérulent , légèrement aggloméré , poreux et d’un gris blanc mat ; il prend une belle couleur blanche et beaucoup d’éclat sous le brunissoir ; il s’aplatit sous le marteau. Sa densité, lorsqu’il a été fondu, est de 8,fi02. Il se fond moins facilement cfue le fer, mais mieux que le manganèse. Il est fixe ; l’air ne l’altère pas à la température ordinaire ; au rouge il l’oxide lentement. Il décompose l’eau à la chaleur rouge. L’acide nitrique l’attaque