COBALT
facilement; les acides végétaux l’attaquent lentement avec le contact de l’air. Il précipite de leur dissolution le cuivre et les métaux des deux dernières sections. Il se combine directement au carbone, au soufre, au sélénium, au phosphore, à l’arsenic. (diaulTé dans le chlore, il l’absorbe lentement. Il s’allie avec un grand nombre de métaux. Il forme , avec le cuivre et le zinc , un alliage précieux , le maillec/iort, imitant l’argent.
Cobalt. — Dès le quinzième siècle on employait la mine de cobalt pour colorer le verre en bleu, mais ce n’est ({u’en 1733 que Brandt parvint à en extraire un métal qui fut étudié par Lehmann en 1761 , par Bergman en 1780, puis par Tassait, Vauquelin , Proust, Laugier, Berthier, Liébig.
Usages. — Le cobalt pur n’en a pas , mais on emploie l’oxide et l’arséniale de cobalt pour colorer en bleu les porcelaines et pour faire le bleu d’azur et le bleu de cobalt.
Etat. — Le cobalt se trouve à l’état de sesquioxide, à l’état de sulfate ou d’arséniate , mais le plus souvent combiné avec le fer, l’arsenic, le soufre à l’état de sulfoarséniure. Extraction. C’est du sulfoarséniure qu’on l’extrait.
Propriétés. — Le cobalt est solide, dur et cassant; son grain est serré; il est ductile à chaud ; sa couleur est d’un blanc gris; sa densité de 8,6131. Il est magnétique; il ne l’est plus quand il contient de l’arsenic. — Il fond à 130 p. à peu près au même degré que le fer. Le cobalt fondu n’éprouve point d’altération dans l’air à la température ordinaire; à la chaleur rouge il s’oxide ; à une température plus élevée il brûle avec une flamme rouge. Il décompose l’eau, il est attaqué par les acides sulfurique, chlorhydrique et
nitrique. — Il forme plusieurs alliages avec les métaux.
AIE ÏACX DE LA û" SECTION. — Les métaux qui composent celle section ont pour caractères principaux de ne décomposer l’eau ni à froid ni à chaud, et d’absorber l’oxigène à une température élevée; ils sont au nombre de
CHIMIE
quatorze , parmi eux ^arsenic , le molybdène , le chrome , le vanadium, le tungstène , le colombium, l’antimoine, le titane et le tellure , sont acidifiables ; l’urane , le cérium , le bismuth, le cuivre et le plomb, ne sont qu’oxidables.
Arsenic. — Il est très anciennement connu ; Dioscoride se servait déjà du mot arsenicum. Aristote connaissait l’arsenic sous le nom de sandaraqm. Paracelse savait qu’on pouvait extraire un métal de l’arsenic blanc. Il se trouve dans la nature, quelquefois à l’état métallique, plus souvent combiné avec le soufre et les métaux.
L’arsenic est solide , gris d’acier, fragile, brillant lorsque sa cassure est récente , se ternissant bientôt à l’air ; sa texture est grenue et écailleuse; frotté, il commimie[ue aux doigts une odeur sensible. Il n’a pas de saveur ; sa pesanteur spécifiques: 5,959. Soumis à une chaleur de 180’, il se volatilise sans se fondre. Pour le fondre il faut le chauffer à une pression plus forte que celle de l’atmosphère.
L’oxigène et l’air humides oxident lentement l’arsenic, mais, à une température élevée, l’oxigène est promptement absorbé et il se forme un acide blanc appelé arsénieux. Plusieurs métalloïdes, rhydrogène meme, se combinent avec l’arsenic de même que la plupart des métaux. L’eau n’a aucune action sur lui , à moins qu’elle ne contienne de l’air, car alors l’arsenic s’empare de Foxigène dissous , forme de l’acide arsénieux qui se dissout. Cette dissolution est connue sous le nom de mort aiiæ mouches.
L’arsenic se trouve à l’état natif, à l’état d’oxide et de sel , et combiné avec le soufre ou divers métaux. On l’obtient en traitant l’oxide blanc par du charbon qui s’empare
de Foxigène , et l’arsenic mis à nu se volatilise.
Uni à l’étain, le cuivre et le platine, il sert à faire des miroirs de télescope. L’histoire d’un de ses composés, l’acide arsénieux , est beaucoup plus importante , nous nous y arrêterons plus loin.
Chrome. — Il a été découvert en 1797 par Vauquelin,
CrniOME. ANTIMOINE.
en examinant le plomb ronge de Sibérie, et à cette déconverte se rattachent un grand nombre de composés dont la connaissance a singulièrement agrandi le nombre des combinaisons chimiques utiles aux arts.
r/est ainsi qu’on emploie , avec beaucoup de succès , l’oxide vert de chrome, qui fournit la couleur verte la plus solide et une des plus brillantes dans la coloration des émaux et des porcelaines. Le cbromate de plomb, ou jaune de chrome, constitue la plus riche et la plus solide des couleurs jaunes minérales.
i^lOLYBDÈNE , TUNGSTÈNE , COLOMBIUM , VANADIUM , TITANE , TELLURE. — Nous ne faisoiis que signaler ces métaux dont les pi opriétés ont les plus grands rapports entre elles , et qui sont communes à celles des métaux de cette section. p]n traiter particulièrement serait nous éloigner du but que nous nous sommes proposé.
Antimoine. ( Régule cV antimoine ^ antimoine cru , stibiiim.) — Ce métal, décrit pour la première fois par Basile Valentin , est solide, blanc-bleuâtre, très brillant, facile à réduire en poudre , d’une texture lamelleuse , développant une odeur sensible quand on le frotte, d’une densité de 6,7021. Il entre en fusion au-dessous de la chaleur rouge. Quand il est fondu, si on le laisse refroidir lentement, il présente, à la surface du culot, une cristallisation en feuilles de fougère ; si l’antimoine était pur; il ne présenterait plus cette cristallisation et prendrait une texture grenue. Il n’est volatil que dans un courant de gaz.
L’air et l’oxigène humides ne font que le ternir, mais à une température élevée le métal s’oxide facilement en dégageant une lumière assez vive. L’oxide blanc qui en résulte est toujours le protoxide.
Projeté dans du chlore gazeux, l’antimoine s’y enflamme et produit un chlorure ou beurre cC antimoine. Le soufre, l’iode , le brome , le phosphore et la plupart des métaux peuvent également s’y combiner.
CHIMIE
On trouve l’antimoine à l’état natif, d’oxide , de sulfure et d’oxido-sulfure. Pour l’extraire on se sert de son sulfure : on le grille convenablement à l’air de manière à le transformer en oxide que l’on traite par du charbon ou une matière végétale, ou plus simplement on traite le sulfure par le fer : celui-ci s’empare du soufre et met rantimoine à nu.
Il est employé à la préparation du kermès , de l’émétique, du soufre doré; il entre dans la composition de l’alliage des caractères d’imprimerie, etc. ; autrefois on en faisait de petites balles qu’on appelait pilules perpétuelles; on les rendait telles qu’on les avalait.
Urane , URANIUM. — Eli 1787 Klaproth découvrit l’urane dans le minerai qu’on connaissait sous le nom de pech-blende.
Voici les minéraux contenant de l’urane qu’on trouve dans la nature : 1“ l’oxidule ou pech-blende , 2° l’hydrate de deutoxide , 3" le sulfate , le phosphate calcifère ou uranite d’Autun , 5" le phosphate aurifère , 6° le carbonate.
C’est un métal trop peu important pour nous arrêter. M. Peligot, en étudiant dernièrement les composés de ce métal, est arrivé h la conclusion que le produit qu’on avait pris jusqu’ici pour de l’iirane pur était une combinaison d’un métal qu’il nomme uranium et d’oxigène.
CÉRIUM. — Métal extrait, par Klaproth, d’un minerai nommé cérite. — Rare , très peu important.
Bismuth. — Ce métal n’était connu ni des Grecs ni des Romains; mais Agricola, en 1529, en fait mention dans ses écrits. Il se trouve à l’état natif, de sulfure simple ou composé , d’arséniure , de tellurure , de phosphosilicate. On exploite presque toujours le bismuth natif, et comme il est très fusible , il suffit de le chauffer dans des creusets pour obtenir des culots. On emploie le bismuth pour faire le blanc de fard , pour faire les alliages fusibles et pour