‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 61 sur 139 · PLOMB · texte numérisé non relu

PLOMB

brome s’y combinent avec dégagement de lumière. Il s’allie avec tons les métaux , excepté le fer et le plomb.

Plo:mb. — Désigné par les anciens chimistes sons le nom de Saturne, c’est un des métaux le plus anciennement connus; il fut l’objet de nombreux travaux des alchimistes qui espéraient le convertir en argent.

Le plomb se trouve le plus souvent à l’état de sulfure, quelquefois combiné avec le sélénium et le tellure , quelquefois à l’étatde sulfate, carbonate, phosphate, chromate, molybdate , tungstate , arséniate , et à l’état d’aluminate hydraté.

Extraction. — Le minerai de plomb le plus abondant et celui que l’on emploie de préférence est le sulfure [galène), Onsépare le soufre : 1° en oxidant et en sulfatisant une portion de sulfure par une légère chaleur, puis en mélangeant du sulfure non grillé, et en élevant la température; il en résulte du gaz sulfureux et du plomb métallique. On répète le grillage et le brassage jusqu’à ce qu’on ait formé un excès d’oxide qu’on réduit par le charbon. Quand le sulfure que l’on traite contient beaucoup de gangues , on a soin de les éliminer en ajoutant des matières susceptibles de former avec elles des combinaisons ; sans cette précaution elles entraîneraient une grande quantité de plomb.

Quand on emploie un minerai pur et que le fer coûte peu , dans le pays d'exploitation , en chauffant du fer avec le sulfure de })lomb , on obtient très facilement et très promptement la réduction du plomb.

Propriétés. — Le plomb est d’un blanc bleuâtre éclatant, quand sa surface est nouvelle ; il est assez mou pour être rayé par l’ongle. Sa ténacité est très faible ; sa dureté est de 11,3803 à 17° ; elle diminue un peu par l’écrouissage, ce qui est le contraire de ce qui arrive avec les autres métaux. Tl fond à 33û^; lorsqu’on le chaulTe fortement, il se volatilise et répand des fumées visibles dans l’air. Il n’a presque pas de saveur, mais il a une odeur particulière

CHIMIE

prononcée. Le plomb se ternit à Vair, il devient gris-noir en se couvrant d’une couche de sous-oxide ; fondu , il brûle rapidement et se convertit en protoxide. Il ne décompose pointFeau. Lesncû/r^non oxidants ne l’attaquent qu’autant qu’il s’oxideparlecontactde l’air. V a eide carboni que^Yoàmi même cet effet. L’acide nitrique l’attaque vivement; l’acide sulfurique lorsqu’il est concentré et bouillant ; l’acide chlorhydrique ne l’attaque point, mais il se forme un chlorure par l’eau régale. Le soufre , le sélénium , le phosphore, l’arsenic se combinent directement avec le plomb. Il s’allie à plusieurs métaux.

Usages. — On fait avec le plomb divers ustensiles , des chaudières ; il entre dans la composition de la soudure des plombiers , des caractères d’imprimerie ; on s’en sert pour l’exploitalion des mines d’or et d’argent , etc. , etc. Enfin il entre dans la composition de beaucoup de médicaments.

MÉTAUX DE LA 5^ SECTION. — Parmi les métaux de cette section, le seul qui mérite de nous occuper est le mercure.

UmeuvÆ. — Historique et usages. — C’est un des métaux les plus anciennement connus , et un de ceux sur lequel les chimistes se sont le plus exercés. Il a été particulièrement étudié par les alchimistes , qui le regardaient comme de l’argent imparfait et le nommsiient vif argent. Leurs recherches, quoique dirigées vers un but qu’ils n’ont point atteint, ont cependant donné des résultats d’une grande utilité. On se sert du mercure pour recueillir et mesurer les gaz, pour fabriquer des thermomètres et les baromètres. Allié à l’étain il constitue l’étamage des glaces ; combiné au soufre il est employé en peinture , sous le nom de vermiHon. En médecine il sert de hase à des médicaments d’une grande utilité.

Etat. — Le mercure existe dans la nature sous huit états principaux: 1*^ métallique, 2*^ sulfure, 3° sulfure zincifère.

Page 1