AFFINITÉ CHIMIQUE
Exemple : le bisulfate de potasse , formé de deux fois autant d’acide sulfurique que le sulfate neutre de potasse, rougit moins la teinture de tournesol que ne le ferait l’acide libre; le sulfate neutre ne la rougit meme pas.
Nous avons vu plus haut que la cohésion influait aussi puissamment sur l’ affinité.
5” Le calorique na pas toujours la même influence .sur l'affinité. Ainsi, quelquefois il décompose des combinaisons sans pouvoir les reproduire; d’autres fois il augmente l’affinité : dans le premier cas, c’est en éloignant les atomes et diminuant l’attraction ; tel est le deutoxide de chlore, que la chaleur décompose en chlore et en oxigène : dans le second, c’est en diminuant la cohésion, comme nous l’avons vu précédemment à l’article Cohésion, Cependant le calorique agit quelquefois différemment. En effet, que l’on fasse un mélange d’oxigène et d’hydrogène , dans lequel on fera arriver une étincelle électrique , ou dans lequel on plongera une bougie allumée ; aussitôt une détonation produite par la combinaison aura lieu. Or, dans ce cas on ne peut pas attribuer la combinaison aux deux raisons précédentes; mais on admet que la chaleur détermine dans les gaz deux états opposés d’électricité , d’où résulte la combinaison.
6*^ L’affinité est souvent déterminée par Vétat électrique des corps. — On sait en effet que deux corps électrisés de la meme manière se repoussent , pendant que deux corps électrisés différemment s’attirent.
7“ L’affinité est encore modifiée par la densité des corps. — Quand deux corps ont une densité différente , le corps le plus lourd gagne le fond , et alors on conçoit que le mélange étant moins intime , la combinaison ne doit point se faire , ou se faire très lentement.
8*^ Enfin , la pression influe aussi souvent sur Vafpnilé. — Elle agit sur les gaz en sens inverse de la chaleur. Soit un morceau de marbre composé de chaux et d’acide
carbonique que l’on chauffe. Si l’opération se fait en vase ouvert , la chaleur chassera l’acide carbonique, et la chaux restera pure ; mais si on agit dans un canon de fusil hermétiquement fermé , l’acide carbonique comprimé ne se séparera pas, ou bien se recombinera à la chaux pendant le refroidissement. L’acide carbonicjue ne se dissout qu’en faible proportion dans l’eau; mais si on le comprime sur de l’eau , celle-ci peut s’en charger de cinq à six fois son volume ; vient-on après à faire cesser la pression , alors l’acide reprend son état élastique , et se dégage en faisant mousser l’eau , comme on peut le voir dans une eau gazeuse.
Moyennant la connaissance de ces diverses propositions , et bien que nous ne puissions rapporter ici toutes les causes qui modifient l’affinité , on peut facilement comprendre presque tous les phénomènes chimiques. Nous dirons seulement en thèse générale que quand les corps s’unissent , il se produit presque toujours de la chaleur, et quelquefois même de la lumière.
De r analyse et de la synthèse. — Un corps étant donné, on peut dans une foule de cas , au moyen d’autres corps et de forcés suffisantes , parvenir à le décomposer. Cette manière d’opérer est appelée analyse , pendant qu’on donne le nom de synthèse aux opérations habituelles qui ont pour but de réunir des corps simples pour en former un composé. Rendons-nous clair par un exemple : si on prend de la craie, que tout le monde connaît, et qu’on la calcine fortement dans une cornue, on obtient du gaz acide carbonique et de la chaux vive ; ces deux principes constituants sont mis en liberté. On a fait l’analyse de cette substance par la simple calcination. Si, d’un autre côté, après avoir recueilli avec soin le gaz dégagé pendant la calcination de la craie , on le remet en présence de la chaux vive dans des conditions favorables , il ne tarde pas à s’y unir, et à reproduire ainsi la craie primitivement détruite. Cette reproduction est la sy nthèse, et cette seconde opération sert, comme on le voit, de