‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 85 sur 139 · AZOTATES · texte numérisé non relu

AZOTATES

SU

Écossais. En 13/i6, on fit aussi usage de canons au siège de Calais. En France on connut la poudre avant 1.338, car Bartholoinée Dudrac , trésorier des guerres, acheta des poudres et autres choses nécessaires aux canons alors placés devant un château fortifié de l’Auvergne. Tous les historiens s’accordent à dire cpie la bataille de Crécy, livrée en 13/i6, fut la première où l’on fit usage de celte arme si redoutable; niais ce fait est démenti par l’inscription d’un canon trouvé à Amberg, et qui date de 1303. Elle prouve qu’à cette époque les Allemands possédaient déjà des canons.

l.’emploi des fusils est beaucoup postérieur à celui des canons; ce fut en I4IÙ, à la défense d’Arras, que les Bourguignons mirent en usage pour la première fois les arquebuses. Le fusil à silex fut inventé en 1630.

Azotate d’argent. — Incolore, d’une saveur âcre , amère, très caustique ; il est inaltérable à l’air, cristallisable en lames minces très larges. Ce sel est très soluble dans l’eau et donne une dissolution qui produit sur la peau des taches violettes qui ne disparaissent qu’avec la peau ; le chlore ou les chlorures y font naître un beau précipité bianc, caillebolté, de chlorure d’argent. Exposé à une faible chaleur, il se boursoufle , éprouve la fusion ignée ; si alors on le coule dans une lingolière, 011 obtient ce que l’on nomme pierre infernale. Chaulfé à une température plus élevée , il se décompose entièrement , et l’argent se réduit. La potasse ou la soude en précipite un oxide de couleur olive qui , mis en contact avec l’ammoniaque liquide , puis évaporé , donne lieu à une masse appelée ar~ fjenl fnl/ninant.

On prépare le nitrate d’argent en traitant l’argent par de l’acide azotique , et concentrant la dissolution qui en résulte.

On se sert de l’azotate d’argent pour faire la pierre in-

CHIMIE

fernale que l’on emploie en médecine pour ronger les chairs baveuses et ranimer les ulcères indolents.

Azotate de bismuth. — Quand on dissout du bismu ih dans l’acide azotique concentré, il se forme de grands cristaux incolores, transparents, de sel neutre, qui blanchissent à l’air et qui sont dciiquescenls. Ils sont solubles dans une très petite quantité d’eau; mais quand on les traite par 80 au moins de leur poids de ce liquide, ils sont complètement décomposés en sel acide , que l’eau n’altère phîs, et en sous-sel insoluble, connu sous le nom de blanc de fard, magister de bismuth.

CIlLOïlATbS. — Tous les chlorates sont décomposés par le feu ; ceux de la 2'’ section , en donnant lieu à de l’oxigène, du chlore et un oxide, et tous les autres à de l’oxigène et à un chlorure. Mis sur les charbons ardents, ils en activent la combustion par leur oxigène , et on dit alors cfue le sel fuse. Tous les corps combustibles avides d’oxigène décomposent ces sels si subitement, qu’il en résulte une détonation plus ou moins forte. Le mélange de ces corps avec les chlorates constitue ce que l’on noiimie pou dre s fu Imin a n tes.

L’eau dissout tous les chlorates , excepté le chlorate de protoxide de mercure; leur dissolution n’est point troublée par l’azotate d’argent , ce qui les distingue des chlorures.

Dans les chlorates neutres l’oxigene de l’acide est à celui de la base comme 5 : 1. :=:R O, Cl" 0^.

Car acier es génériques. — Si un sel projeté sur des charbons ardents en active la combustion ; si , exposé à l’air, il ne répand aucune odeur de chlore ; si traité par l’acide sulfurique il dégage un gaz jaune d’odeur forte et analogue au chlore; si enfin sa dissolution n’est pas troublée par l’azotate d’argent , on aura la certitude que l’on a affaire à un chlorate.

Chlorate de potasse. — Le seul des chlorates employé. Ce sel est blanc, d’une saveur fraîche, un peu acerbe,

CHLORATES.

cristallisant en lames rliomboïdalos. Il fond aii-dcssous de la clialenr ronge, puis bout et se décompose en oxigènc et en liyperchlorate , rpii ne se décompose qii’à une bien plus liante température. Si on le mêle à un corps combustible, le soufre, par exemjde , puis que l’on y verse une goutte d’acide sulfurique concentré, il en résulte une vive combustion due à la décomposition subite de l’acide chlorique : aussi cette propriété est-elle mise h profit dans la fabrication des allumettes dites oœigénées.

Ce sel ne contenant pas d’eau , sa formule est KO, Cl’ 05.

Il est toujours un produit de l’art; on se le procure en faisant passer un courant de clilorc dans une dissolution concentrée de potasse; le sel ne tarde pas à se précipiter en écailles brillantes. (Voyez page 206 pour la théorie.)

Usages. — On s’en sert pour obtenir l’oxigène etledeutoxide de chlore, pour faire les allumettes oxigénées et pour faire des poudres fulminantes, dont on se sert comme amorce dans les fusils à piston.

Poudres fulminantes. — Pour les préparer on se sert de chlorate de potasse et d’un corps combustible. On commence par réduire en poudre séparément le chlorate et le corps combustible : celui-ci peut être du charbon, du soufre, du lycopode, du phosphore, un sulfure, etc. Cette pulvérisation achevée, on procède au mélange. Si le corps combustible est le charbon ou une matière végétale , on peut faire le mélange dans un mortier. Si , au contraire, c’est le .soufre ou un Milfure, il faut faire le mélange avec la barbe d’une plume; enfin, pour le phospiiore , après l’avoir réduit en poudre en l’agitant dans l’eau chaude , on le recouvre d’essence de térébenthine , on le mêle au chlorate en se servant des barbes d’une plume , et on le divise par petites portions. Pour faire détoner toutes ces poudres , on n’a plus qu’à les placer sur une eilclume et les frapper assez fortement avec un marteau. Remar([uons ce-

CHIMIE

pendant que celles à base de charbon ou de matières végétales ne détonent bien que quand elles sont enveloppées de papier et soumises à un choc violent. Dans tous les cas, par le choc, les éléments se rapprochent, leur température s’élève , ce qui leur permet de réagir les uns sur les autres. Les gaz qui se forment se dégageant instantanément font entrer les molécules de l’air dans une forte vibration, d’où résulte l’explosion. Il est facile , du reste , de prévoir les résultats de cette décomposition, qui varient avec chaque corps combustible.

Les poudres fulminantes sont assez employées ; on en fait des allumettes qui prennent feu par la simple pression. Nous ne voulons pas c[uitter ce sujet sans dire quelques mots des autres poudres fulminantes.

Mercure fulminant d’Howard. — Fulminate mercureux. — On dissout 1 2/3 de mercure dans 20 d’acide nitrique d’une densité de 1,36 à 1,38 ; on ajoute à la dissolution refroidie 27 d’alcool, d’une densité de 0,85; on chauffe le mélange au bain de sable jusqu’à l’ébullition. On retire du feu aussitôt que la liqueur se trouble , et , quand l’ébullition devient trop forte , on ajoute de l’alcool par petites portions; il faut en ajouter autant qu’on en a mis primitivement. On reçoit sur un filtre le fulminate formé.

C’est une poudre d’un gris jaunâtre qu’on purifie en la dissolvant dans l’eau bouillante et en laissant cristalliser. Quand on chauffe ce sel à 186 ou qu’on le soumet h une forte percussion , il brûle avec une violente explosion. On emploie ce sel pour faire des amorces de fusils à piston. Howard a cherché h le substituer à la poudre à tirer ; mais l’explosion se faisait dans un espace de temps si court que le canon crevait très souvent.

Fulminate d'argent. — Ce sel se prépare comme le sel correspondant de mercure; il est encore plus dangereux à manier que lui. Le plus léger frottement suffit pour déterminer une terrible explosion. Tous ces produits exigent

HTPOCHLORITES. 515

dans leur préparation une cxtrOme prudence; ils ont souvent déterminé de redoutables accidents.

L’acide fulminique est un acide résultant de l’union de l’oxigéne avec le carbone et l’azote. On n’a pu l’isoler.

Il YPOCHLOrJ l'LS {Chlorites, chlorures d'oxides). — Les hypocblorites ont été jusqu’à présent assez peu étudiés; leur histoire , commencée par MM. Berzélius et Soubeiran, a été continuée par M. Balard, dans un travail dont nous avons donné un résumé succinct en parlant de l’acide hypochloreux.

Les hypocblorites ont une odeur de chlore, une saveiir particulière; ils détruisent les couleurs bleues végétales. Ceux qui sont connus sont solubles dans l’eau, et la dissolution possède la propriété décolorante au plus haut degré. Tous sont décomposés par la chaleur ; il se dégage du chlore , et le sel se transforme en chlorate quand la chaleur est appliquée à la dissolution ; il se dégage du chlore et de l’oxigène si la chaleur est directe , alors il reste un chlorure.

Exposés à l’air, ils laissent dégager du chlore, c’est qu’alors l’acide carbonique de l’air s’unit à l’oxide et met l’acide hypochloreux à nu : celui-ci, réagissant sui le chlorure qui accompagne toujours l’hypoclilorite , en oxide le métal pendant que le chlore du chlorure et celui de l’acide se dégagent; l’oxide formé au contraire se combine avec l’acide carbonique de l’air.

Tous les acides agissent sur eux de la même manière que l’acide carbonique.

Tous les corps combustibles les décomposent en s’emparant de l’oxigène de l’acide; voilà pourquoi ils agissent comme décolorants et comme désinfectants.

Ils sont composés de telle sorte que la quantité d’oxigène de l’oxide est égale à celle de l’oxigène de l’acide:r=: Il O , CL O. Ajoutons que tous ceux que l’on obtient dans les arts contiennent beaucoup de chlorure et plus ou moins de chlorate.

CHIMIE

Trois hypochlorites sont employés, ce sont ceux de chaux , de soude et de potasse.

ÎÎY POCHLORiTE DE SOUDE ( Chlorite de soude , chlorure de soude, etc.). On l’emploie toujours à l’état liquide; on peut l’obtenir par voie de double décomposition, en traitant l’hypochlorite de chaux par le carbonate de soude et filtrant. Ordinairement on fait une dissolution faible de carbonate de soude et l’on y fait arriver un courant de chlore une partie de carbonate passe à l’état de bicarbonate de soude , l’autre devient soude ; c’est avec elle que se passe toute la réaction. Cette soude se divise en deux parties , l’une qui cède 1 atome d’oxigène à 2 atomes de chlore pour former l’acide hypochloreux qui se combine à la soude non décomposée ; l’atome de soude qui a perdu son oxigèr.e se combine à 2 atomes de chlore pour former un chlorure; de pins, il se fait souvent un peu de chlorate. Il résulte de cette réaction que ce sel est un mélange d’hypochlorite , de bicarbonate de soude , de chlorure de .sodium , et souvent d’un peu de chlorate de soude.

Hypoghloeîte de potasse {Eau de Javelle). — En substituant , dans l’opération précédente , une dissolution de carbonate de potasse h celle de carbonate de soude , on obtient le liquide connu sous le nom d’ra?f de Javelle.

îlYPOCHLOPviTE DE CHAUX {Chlovite de chaux , chlorure de chaux). — Ce sel tel qu’il se prépare est solide , sous forme de poudre , mais il n’est employé qu’en dissolution ou divisé da!îs l’eau. On le prépare en grand en faisant arriver dans une chambre , où l’on a placé des tablettes contenant de la chaux hydratée , un courant de chlore ; peu à peu celui-ci se combine à la chaux et produit l’hypochforite , qui n’est qu’un mélange de chlorure de calcium et d’hypochloriîe avec excès de base. Ce sel traité par l’eau abandonne à celle-ci son chlorure de calcium et son hypochlorite neutre pendant qu’il se précipite 2 atomes

Page 1