ACIDE ACÉTIQUE
Usages. — L’acide acétique offre dans l’écononne domestique et dans les arts d’importants et nombreux usages. A l’état de concentration , on l’emploie pour combattre la syncope ; étendu , il sert à préparer des boissons rafraîchissantes.
Acétate de potasse. — Ce sel, qu’on emploie en médecine, est connu sous le nom de terre foliée végétale. On l’obtient en saturant du vinaigre de bois avec du carbonate potassique. On évapore la liqueur, qui devient alcaline par l’éva- }K3ralion , et à latiuelle il est alors nécessaire d’ajouter du vinaigre pour saturer l’excès d’alcali ; on évapore à siccité dans une bassine d’argent, et on rejette sur les bords la pellicule qui se forme. Si ce sel est coloré , on décolore la solution au moyen du noir aiiimal pur
Acétate de cuivre. — Il existe plusieurs acétates de cuivre àdifféients degrés de saturation. Il y ena deuxqu’on emploie comme couleurs vertes, dans la peinture à l’huile et dans la teinture en noir sur laine, pour composer certains mordants et faire des liqueurs nommées vert d’eau, vert préparé, ([ui servent au lavis des plans. L’un , qui se présente en gros cristaux d’un vert foncé, très soluble dans l’eau et légèrement eülorescent, est un acétate neutre , appelé vulgairement, r/fs7î7/e, vert cristallisé, cristaux de Vénus. L’autre, qui est en poussière grenue , d’un bleu verdâtre , presque insoluble dans l’eau , mais très soluble dans le vinaigre et les autres acides, est un sous-acétate, plus connu sous les noms de ver de t et de vert-de-gris , mais r[u’il ne faut pas confondre avec le vert-de-gris qui se forme à la surface des ustensiles de cuivre par la seule action de l’air humide , et qui consiste en carbonate de cuivre. Les deux acétates de cuivre se préparent à 3lontpellier en stratiliant des lames de cuivre avec du marc de raisin aigri. Nous savons qu’on enqiloie l’acétate de cuivre pour )3réparer l’acide acétique concenti é ou vinaigre radical.
CHIMIE
Acétate çle plomb. — Ce produit est connu sous le nom de sel de satiirne. On l’obtient en dissolvant de la litharge dans du vinaigre de bois. On prépare ,un acétate triplomhiqae qui ne peut cristalliser, et qui est connu sous le nom à' extrait de saturne, en faisant bouillir une dissolution d’acétate de plomb avec de la litharge. Une faible dissolution de ce sel dans l’eau constitue Veau végéto-minérale ou Veau dç Goulard.
On peut encpre obtenir l’acétate neutre , en mêlant le sous-sel avec assez de vinaigre distillé pour donner à la liqueur la propriété de rougir le tournesol; on évapore au point de cristallisation.
En précipitant par l’ammoniaque l’acétate triplomblique, on obtient une poudre blanche volumineuse , qui est Vacétate séplombique.
ACIDE TARTRIQUE. — Gel acide, découvert par Schéele en 1770, existe à l’état de tartrate acide de potasse dans le tartre, dépôt qui se forme dans les tonneaux contenant du vin. On le prépare en formant un tartrate de chaux qu’on décompose par l’acide sulfurique.
Il est solide, cristallise en prismes obliques à base rhombe, terminés par des sommets dièdres tronqués. Il est très sohdde dans l’eau: cette solution s’altère assez rapidement; il est soluble dans l’alcool.
Vacide pavatartriqne ou racémique a été trouvé mélangé avec l’acide tartrique dans quelques tartrates du département des Vosges; il a la meme capacité de saturation fjue l’acide tartrique et des propriétés fort différentes ; il est solide, cristallise en rhombes obliques parfaitement diaphanes : il est incolore, inodore ; il contient 1 atome d’eau de constitution, et 10 pour 0/0 decristallisatiqn qu’il perd par une légère chaleur en tombant en poudre. Une chaleur ])lus élevée le décompose; il se produit un acide liquide de nature particulière. Il se distingue de l’acide tartrique par les caractères suivants :
ACIOE TAR'J’IllOUE.
%li
Le paratartrate neutre de })()lasse se dessî^che sans cristalliser ; le bi-sel potassique est encore moins soluble que la crème de tartre , et cristallise en prismes aciculaires.
L’acide tartii([iie éprouve par la fusion une décomposition partielle, et produit ainsi tme série de composés noiiteaux par la perte de son can de cristallisation. Ces acides, modifiés lorsqu’on les fait bouillir avec l’ean, se reconvertissent promptement en acide tartriqiie.
Par la distillation des acides tartriqiie et paratartrique on obtient deux nouveaux acides : 1° V acide pyrotaririque liquide ou pyro-racémique , 2® et l’acide pyrotartrique solide.
U sages. — L’acide tartrique est très employé pour faire des boissons rafraî( hissantes. 2 grammes d’acide tartrique,
1 litre d’eau, quelques gouttes d’alcoolat de citron et 100 grammes de sucre forment une excellente limonade.
Formule de l’acide tartrique cristallisé d’après Liébig, C« H» O‘0-f 2 aq.
Tartrates. — L’acide tartrique forme, avec les bases, deux séries de Sels, dont l’une renferme un équivalent d’oxide métallique et un équivalent d’eau; et l’autre, deux équivalents d’oxide métallique : les sels de cette deuxième série sont neutres, les autres présentent une réaction acide. Chauffés à l’état sec , les tartrates se décomposent en répandant une odeur particulière semblable à celle du sucre brûlé.
RitartraiE potassique {crème de tartre). — Il se dépose au fond des tonneaux contenant du vin une croûte cristalline rougeâtre ou grise, suivant la nature du vin, qu’on appelle tartre. 11 contient du tartrate de chaux et de la matière colorante du vin. On le purifie en le faisant dissoudre dans l’eaii bouillante. Par le refroidissement on obtient des cristaux blancs qui retiennent , suivant Vau- ([uelin , de 5 à 7 de tartrate de chaux. On obtient le tarii ate potassique en neutralisant (e biiartratepar la potasse.
CHIMIE
TARTRATE ANTIMONICO- potassique ( tartre stibié, émétiq}(é). — Il est peu de préparation pharmaceutique aussi importante et sur laquelle on ait plus écrit.
Préparation. — On l’obtient h l’état de pureté en faisant bouillir parties égales de bitartrate de potasse avec de l’oxide antimonique, jusqu’à ce que l’excès d’acide soit saturé , fütrant la dissolution et évaporant.
L’émétique cristallise en gros cristaux transparents qui s’effleurissent à l’air; ils se dissolvent dans ik eau froide , 1,88 d’eau bouillante.
Les proportions d’acide et de potasse sont les mêmes dans le sel double que dans le tartre , et celui-ci se combine pour donner naissance à l’émétique avec une quantité d’oxide d’antimoine contenant trois fois autant d’oxigène que la potasse.
A 200" l’émétique sec perd, sans changer de couleur, 2 atomes d’eau qui sont formés aux dépens de l’oxigène , de l’oxide et de l’hydrogène de l’acide ; en cet état l’émétique diffère entièrement des autres tartrates par sa composition. En contact avec l’eau il reprend les 2 atomes qui s’en étaient séparés, tout en présentant les mêmes propriétés qu’avant la dessiccation. A 300" l’émétique éprouve la même décomposition que les autres tartrates.
ACIDE CITRIQUE. — Cet acide a été découvert par Schéele. Il se trouve dans les citrons, les tamarins, les groseilles. M. Tilloy a prouvé qu’on pouvait l’extraire avec avantage de ces derniers fruits; mais on emploie ordinairement le suc de citron. Après l’avoir clarifié avec des blancs d’œufs, on y ajoute de la craie; il se forme du citrate di chaux , qu’on décompose par l’acide sulfurique ; on ob serve qu’un excès de citrate de chaux nuit à la cristallisation ; on évite aussi d’ajouter trop d’acide sulfurique.
L’acide citrique cristallise en prismes obliques à quatr 3 pans terminés par des sommets dièdres. Sa densité est d 1,61 ; il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool*
ACIDK MAMQLH.
Quand on mélange une partie d’acide cilri((uc cristallisé avec quatre parties d’acide sulfurique et (pi’on chautie doucement, il se dégage' une grande quantité d’oxide de carbone et d’acide carbonique. Si on ajoute de l’eau, et qu’on distille, l’on obtient de l’acide acétique.
Lorsqu’on chaude de l’acide citrique, il fond, entre en ébullition , perd de l’eau ; puis il se forme de l’oxide de carbone, de l’acide carbonique, de l’acétone et un acide nouveau, fixe, aconiliqiie, qui lui-méme peut être décomposé en deux acides nouveaux volatils , les acides itaconique et citraconique.
M. Liébig considère l’acide citrique comme un acide tribasique. Voici la formule de l’acide contenu dans le citrate d’argent C'-* 0‘L L’acide cristallisé contient en
})lus 5 atomes d’eau.
On reconnaît l’acide citrique à ce qu’il forme des sels insolubles avec la chaux , la baryte , la stroiitiane , l’oxide de plomb. Le citrate de plomb est soluble dans l’ammoniaque.
Usaqes. — On emploie l’acide citrique pour faire d’excellentes limonades. Les fabriques d’imprimerie sur coton en consomment de grandes quantités.
Avec l’acide citrique on peut préparer un très bon sirop d’orange; il suffit pour cela d’en faire dissoudre 10 grammes dans 10 grammes d’eau , de mélanger cette solution avec 1 litre de sirop de sucre , et d’y ajouter également 10 frrammes d’une teinture d’orange préparée en versant de l’esprit-de-vin sur le zeste de l’orange.
ACIDE MALIOUE. — Schéele a découvert l’acide manque en meme temps que l’acide citrique ; il existe dans le suc de pommes, dans l’épinette , dans le raisin, les cerises , les framboises, les fraises, et surtout dans les fruits gelés du sorbier, d’où on l’extrait plus facilement. Voici la méthode donnée par M. Liébig. On récolte le fruit gelé du sorbier, on en exprime le suc, on le fait bouillii- et l’on
CHIMIE
filtre ; on y ajoute clii carbonate de chaux, pas en quantité suffisante pour obtenir une neutralité parfaite ; on verse du nitrate dé pioinb dans le liquide à peu près neutre, tant (fu’il y a précipité , et on laisse reposer à l’étuve. Le précipité perd son état floconneux et se réunit en aiguilles, qu’on lave avec de l’eau fraîche. On le traite par de l’acide sulfurique étendu bouillant; on obtient une masse qu’on traite par le sulfure de barium ; il se forme du sulfure de plomb et du sulfate de baryte. La liqueur limpide contient l’acide malique , qu’on sature avec l’ammoniaque pour former du bimalate d’ammoniaque qui cristallise très facilement ; on précipite ce sel par l’acétate de plomb et on décompose par l’acide sulfliydrique le malate obtenu; on étapore à One douce chaleur; on obtient un sirop jaunâtre qui finit par cristalliser.
Propriélés. — L’acide malique n’est point volatil ; par l’action de la chaieur il se forme deux acides nouveaux, l’acide maléique et l’acide fumarique.
L’eau de chaux neutralisée par l’acide malique reste limpide à chaud et à froid ; par l’évapofation de la solution concentrée, il se sépare du malate de chaux à l’état cristallin , et qui se redissottt dans l’eau bcniillante. Cette manière d’être suffit pour distinguer l’acide malique d’avec les acides oxalique, tartrique , racémique et citrique. Un autre caractère , c’est la forme cristalline qu’acquiert le malate de plomb récemment précipité , lorsqu’il séjourne pendant quelque temps dans le liquide ; le précipité est blanc, d’abord caillebotteux; mais peu à peu on voit s’y former, en partant du centre , des aiguilles nacrées , d’un grand éclat, qui remplissent enfin toute la masse.
^L Liébig considère l’acide malique comme un acide bibasique. Sa formule est : C^ L’acide cristallisé
contient 2 atomes d’eau.
Usages. — C’est l’acide qui donne en partie aii vin son acidité; si on pouvait facilement l’obtenir il servirait à pré-
ACIDE BENZOÏQUE. — - BENZOÏEE. 375
parer d’excellentes limonades. Les fruits qui le contiennent sont très usités.
ACIDL IIL^ZOIQUL. — H doit son nom au benjoin, résine de laquelle on le retire ordinairenipnt; on le trpnve encore dans plusieurs baumes naturels pt dans la vanille, etc. On obtient l’acide benzoïque en plaçant le benjoin dans up creuset profond au-dessus duquel on dispose un cône de carton ; on cbaufle légèrement le creuset, et l’acide se sublime en aiguilles brillantes dans le cône. On le puribe en traitant l’acide benzoïque saturé par la soude , par dp charbon animal , et en précipitant l’acide par l’acide sulfurique.
Pro'priçiés. L’acide benzoïque cristallise en aiguilles on écailles cristallines d’un blanc brillant. Il est inodore lorsqu’il est pur, mais il retient avec fpree une huile odorante particulière ; il se fond facilement par l’effpt de la chaleur, et se sublime à une température peu élevée ; il pst peu soluble dans l’eau froide , mais beaucoup plus dans l’eau l)ouillante. On le reconnaît, ainsi que les benzqalçs solubles, aux caractères suivants :
1" Il forme un précipité rouge briqueté léger avec Ips sels ferriques ; 2" le benzoate de chaux se dissout facilement dans l’eau ; 3° on le dûsliugue de l’acide suepinique, ])arce qu’il ne donne que peu ou pas d’acide oxalique comme ce dernier, étant cbaulfé avec la potasse.
BKxNZOïle. — Liébig a donné ce nom à un radical hypothétique d’une classe nombreuse de combinaisons parmi lesquelles figure l’acide benzoïque. La formule du benzoïle est de C’4 1I’° 0^=Bz. , et la formule de l’acide benzoïque est de Bz. O.
IIïDBURE DE benzoïle. — Formule Bz. -f- IL. Voici comme on obtient ce produit remarquable. On distille les feuilles de laurier-cerise, ou les amandes amples, avec de l’eau; on obtient une huile yolatile , qui e.>t un mélange d’bydrure de benzoïle, d’acide benzoïque, c|e benzoïnp et
CHIMIE
d’acide cyaohydrkfue. Pour l’avoir pure , on la soumet à une nouvelle distillation, en y ajoutant de l’eau , du chlorure de fer et de l’hydrate de chaux, de manière à former nue bouillie bien liquide. L’essence qui distille alors est encore mélangée d’eau , que l’on enlève avec une pipette. On l’obtient anhydre en la faisant digérer sur du chlorure de calcium. L’hydrure de benzoïle est un liquide parfaitement incolore et transparent , réfractant fortement la lumière ; il possède une odeur particulière, très forte, analogue à celle de l’acide cyanhydrique, et une saveur brûlante. Sa pesanteur spécifique est l,0/i3, son point d’ébullition est à 180*^. H est soluble dans 30 parties d’eau , se mêle en toutes proportions à l’alcool et à l’éther : sa vapeur est inOaminable. L’hydrure de benzoïle se transforme à l’air en acide benzoïque , en absorbant deux atomes d’oxigène. Soumis à une haute température, à l’abri du contact de l’air, avec de l’hydrate de potasse, il se forme, par la décomposition de l’eau, du benzoate de potasse, et il se dégage de l’hydrogène pur. Le chlore et le brome le convertissent en chlorure et bromure de benzoïle, et acide chlorhydrique et bromhydrique. En présence de l’eau , il se forme en même temps du benzoate d’hydrure de benzoïle et de l’acide benzoïque. Mélangé avec de l’ammoniaque liquide à une douce chaleur, il se transforme en hydrobenzamide.
TANNIN. — Acide tannique. — Cet acide fut découvert par Proust, en 1798 II existe en proportion considérable dans tous les produits végétaux astringents. Voici comment on prépare le tannin. On prend une allonge longue et étroite, reposant sur un flacon tubulé (hg. 51), et terminé à sa partie supérieure par un bouchon de cristal. On introduit d’abord une mèche de coton, et pardessus de la noix de galle pulvéï'isée ; on la comprime légèrement. On remplit ainsi la moitié de l’allonge , qu’on achève de remplir avec de l’éther sulfurique. Le lendemain