ENCRES
ftM' d’une belle couleur noire, qui ont de grandes applications dans l’art de la teinture, et qui forment la base de Ye.ncre ordinaire. Voici la recette (pie l’on peut suivre ])our préparer ce produit important : ISoix de galle concassée, l kilogr. ; sulfate de fer, ou couperose verte, 500 grammes; gomme arahique, 500 grammes; eau, 16 litres. On fait une forte décoction de la galle dans 13 à 1/r litrps d’eau; on passe à travers une toile; on ajoute à la liqueur claire la gomme, puis la couperose, qu’on a fait dissoudre séparément dans le reste de l’eau prescrite ; on agite le mélange de temps en temps, et on l’abandonne au contact de l’air jusqu’à ce qu’il ait acquis une belle teinte d’un noir bleuâtre. On laisse alors reposer, on tire à clair, et on enferme l’encre dans des bouteilles, que l’on bouche avec soin. Si on veut que l’encre se conserve bien , on y ajoute lü grammes d’essence de lavande ou de citron, dissoute dans lOü grammes d’alcool.
L’usage de l’encre h la noix de galle ne date guère que du viV siècle. Chez les anciens, l’encre se faisait, ainsi que Pline , Vitruve et Dioscoride nous l’apprennent , avec du noir de fumée, ou un charbon très divisé, délayé dans une eau gommée. Mais elle était peu coulante , pénétrait difficilement dans le corps du papier, et pouvait être facilement enlevée par le lavage ou le frottement. Toutefois elle résistait parfaitement aux influences atmosphériques et aux agents chimiques les plus énergiques ; tandis que notre encre , à base métallique , est aisément détruite par le chlore et les chlorures décolorants , les vapeurs acides , les solutions alcalines caustiques, l’acide oxalique et le sel d’oseille; l’air humide même, au bout d’un temps un peu long, altère tellement les caractères tracés par elle qu’il est impossible de les lire.
Pour remédier h ces inconvénients, on a cherché depuis long-temps à préparer une bonne encre indélébile; mais la plupart ne valent guère mieux que celle, examinée par un
CHIMIE
cîiimisle ingonienx , Cloiiet. Il fit écrire par Fauteur ces mots : encre indélébile, avec sa siguature. Le lendemain CioLiet représenta l’écrit portant ces mots : eticre délébile : il avait enlevé la syllabe in. L’Académie des sciences , en 1837, conseilla comme encre indélébile une recette très simple ; elle consiste à délayer dans de l’eau rendue alcaline et marquant 1° à l’aréotnètre de Baumé , de bonne encre de Chine, qui se prépare, comme on sait, au moyen de décoction de plantes, de colle de peau d’âne et de noir de lampe.
On donne le nom {ValcalU végétaux , alcaloïdes, hases salifiahles organiques., à des principes immédiats qui, lorsqu’ils sont en dissolution dans l’alcool, ramènent au bleu le papier de tournesol rougi par un acide, et qui, combinés avec les acides , donnent naissance à des sels qui peuvent régulièrement cristalliser. — La découverte des alcalis végétaux est une des conquêtes chimiques les plus importantes de notre siècle; car ces produits ont reçu les applications les plus heureuses à l’art de guérir : tous les jours on emploie pour soulager de cruelles maladies le sulfate de quinine , les sels de morphine et la strychnine. C’est à Sertuerner, pharmacien du Hanovre, qu’appartient l’honneur d’avoir distingué le premier cette classe intéressante de corps; mais pour être juste , on doit dire que Derosnes et Seguin avaient, bien avant lui , isolé de l’opium une base organique ; mais ils n’insistèrent point suffisamment sur ce caractère d’alcalinité. On compte aujourd’hui près de cinquante alcalis végétaux différents; mais tous n’ont pas été convenablement étudiés, et quelques uns seulement doivent nous intéresser spécialement.
C’est dans la classe des bases organiques que se trouvent
ALCALIS VKCKTALi\.
les poisons végétaux les plus actifs. C’est depuis ia découverte des alcaloïdes qu’on a su se rendre compte de la prodigieuse activité de ces sucs avec lesquels les Indiens empoisonnent leurs flèches. Dans les Indes orientales , à .Java, à 'îaeassar, à Bornéo, aussi bien que dans rAniéri([uc méridionale, sur les bords de l’Orénoque, du Cassiquiare et du Rio-Xégro, les sauvages préparent mystérieusement, depuis longues années, avec le suc épaissi ou l’extrait de certains végétaux, des poisons fort célèbres qu’ils nomment npaa-anliar , vpas-tieuté , curare. La quantité de poison attachée à chaque flèche est infiniment petite, et cependant les animaux qui en ressentent la piqûre éprouvent subitement de violentes convulsions, d’alTreux vomissements , et meurent au bout de quelques minutes. Leur chair, touteleis, ne contracte aucune propriété malfaisante. Avant la soumission de Java , les Hollandais étaient obligés de se couvrir d’une espèce de cuirasse pour se préserver des blessures mortelles de ces armes. Ces redoutables préparations de l’Asie et du Nouveau-Blonde doivent leur énergie à la jirésence d’alcalis végétaux. Dans Vîipas-tieaté il y a de la strychnine; dans Vupas-antiar il existe une autre base qui n’a point encore été isolée à l’état de pureté ; dans le curare de l’Orénoque , on sait qu’il y a un alcali particulier qui a reçu le nom de curarine. Ce sont de grandes lianes de la meme famille que la noix vomique qui fournissent Wtpastieuté curare ; Vupai^-anliar est le suc d’un grand et gros arbre de la famille des orties.
Composition. — Tous les alcalis végétaux ont cela de commun qu’outre le carbone , l’hydrogène et l’oxigène, ils renferment de l’azote. A la distillation sèche , ils donnent, outre les produits ordinaires des matières non azotées , une portion de carhonatc d’ammoniaque, etils laissent beaucoup de charbon. — Ils contiennent tous 2/3 et 3/û de leur poids de carbone. La quantité d’oxigène qu’ils renferment est moins considérable , et la proportion dans laquelle ils satii-
CHIMIE
rent les acides n’a aucun rapport avec celle dans laquelle les bases inorganiques en sont neutralisées.
Voici un tableau indiquant la composition des alcalis organiques , d’après M. Kegnault.
BASES ANHYDRES.
Formules.
Eqiii'v;il.
Az.
Ammoniaque .