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DÉCOUVERTE DE LA PLANÈTE NEPTUNE

pour que l’équilibre dont nous venons de parler pût avoir lieu, et ilen a conclu le temps que l’anneau emploie à faire un tour entier sur lui-même.

D'un autre côté, Herschel , qui, à l’aide de ses instruments puissants, observait assidûment les faibles changements d'apparence de l'anneau, trouva qu'iis indiquaient une rotation de cet anneau dans son plan , et il put en déduire fa vitesse de ce mouvement.

Les deux savants opérant ainsi en même temps , à l’insu l'un de l'autre , et par des moyens si différents, trouvèrent , pour la durée de la rotation de l'anneau de Saturne, deux nombres presque identiquement les mêmes.

$ 318. Découverte de la planète Neptune. — Bouvard, en comparant les formules trouvées par Laplace pour le mouvement d'Üranus, aux positions dans lesquelles cette planète avait été observée à diverses époques, reconnut que la théorie n'était pas d’accord avec l'observation. Les actions perturbatrices dont Laplace avait tenu compte, et qui émanaient surtout de Jupiter et de Saturne , ne pouvaient pas expliquer toutes les irrégularités que l'observation avait fait reconnaître dans le mouvement de la planète. Bouvard eut alors l’heureuse idée d'attribuer les perturbations d'Uranus, dont la théorie ne pouvait pas rendre compte, à l’action d'une planète inconnue jusque-là : il disait même qu’il était persuadé que le diamètre de l'orbite de cette planète était double du diamètre de l'orbite d’'Uranus; cette opinion était sans doute fondée sur la loi de Bode ($ 263), qui conduit en effet à très-peu près à ce résultat.

L'idée émise par Bouvard en 1824 était regardée comme vraisemblable par tous les astronomes. M. Leverrier, après avoir repris la comparaison de la théorie avec l'observation , et s'être assuré par lui-même que l’action des planètes connues ne pouvait pas expliquer toutes les perturbations d'Uranus, entreprit de déterminer la position que la planète inconnue devait occuper dans le ciel, pour produire les perturbations dont on ne pouvait se rendre compte. D'un autre côté , M. Adams, alors étudiant de l’université de Cambridge (Angleterre), se livra également à l'examen de cette question, sans que ni M. Leverrier, ni lui, se doutassent qu'ils s'occupaient en même temps de la même recherche. Ces deux savants furent ainsi conduits, chacun séparément, à assigner le lieu où devait se trouver la planète inconnue, parmi les constellations; leurs résultats s’accordèrent presque complétement. Mais M. Leverrier publia son travail avant M. Adams; le jour même (23 septembre 1846) où M. Galle, de Berlin, en reçut la nouvelle, il di-

rigea une lunette vers le point du ciel indiqué par M. Leverrier, et y vit en effet la planète annoncée, à laquelle on a donné depuis le nom de Neptune : le lieu qu'elle occupait réellement était élotgné de moins d'un degré de la position que la théorie lui avait assignée. Il n'est pas possible de trouver une preuve plus éclatante en faveur des théories astronomiques modernes.

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