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DES ÉTOILES ET DES NÉBULEUSES

$ 349. Après avoir parcouru, dans les chapitres précédents, tout le cercle des connaissances que l’on possède relativement au système planétaire , il ne nous reste plus qu’à exposer les notions que l'on a pu acquérir sur le reste de l’univers, et sur le rôle qu'v joue le soleil avec son cortége de planètes et de satellites. C’est ce que nous allons faire dans ce dernier chapitre. Nous donnerons d'abord quelques détails sur ce que l'observation à fait connaître relativement aux étoiles proprement dites: puis, nous nous occu- : perons des nébuleuses, dont l'étude est d'autant plus importante et curieuse, qu’elle conduit à des idées très-probables sur la formation de tous ces corps que nous apercevons au milieu de limmensité.

$ 320. Étoiles colorées. — La lumière des étoiles est généralement blanche comme celle du soleil. Mais il y en a quelques-unes qui présentent une coloration assez prononcée. Nous pouvons citer notamment Antarés ou le cœur du Scorpion, Aldébaran, Pollux, et « d'Orion, qui sont rougeâtres ; la Chèvre et Altaïr, qui sont légerement jaunes. Parmi les étoiles d’un moindre éclat, il y en a qui ont une teinte verte ou bleue.

Il résulte des indications fournies. par plusieurs ouvrages de l’antiquité que Sirius était anciennement rougeâtre. La lumière de cette belle étoile étant actuellement du blanc le plus pur, on doit en conclure qu’elle a perdu la coloration qu'elle présentait d’abord. C’est à peu près le seul exemple bien constaté que l’on ait du changement de couleur de la lumière d’une étoile.

8 221. Changement d'éclat des étoiles. — Lorsque nous avons parlé de la constellation de la Grande-Ourse ($ 66), nous avons dit que les sept étoiles principales qui la composent sont de ?° grandeur , à l'exception de à qui est de 3° grandeur. À l'époque où Bayer a publié ses cartes célestes, en 1603, la succession des lettres a, €, y, 9, .… par lesquelles il désignait les étoiles les plus bril-

lantes de chaque constellation, indiquait le rang que ces diverses étoiles occupaient les unes par rapport aux autres, eu égard à leur éclat : « s’appliquait à l'étoile dont l'éclat était le plus grand, 6 à celle qui brillait le plus après la première, 7 à la suivante, et ainsi de suite ($ 65). Il est clair d’après cela qu'à cette époque, l'étoile à de la Grande-Ourse était plus brillante que les étoiles e, :, n de la mème constellation ; et, comme elle est maintenant d’un éclat bien inférieur à celui de ces trois étoiles, on doit en conclure qu’elle s’est très-notablement affaiblie.

On a un assez grand nombre d'exemples d'étoiles dont l'éclat a notablement varié depuis une époque plus ou moins reculée. Les unes se sont affaiblies comme l’étoile de la Grande-Ourse dont nous venons de parler , et même plusieurs ont complétement disparu du ciel. D’autres, au contraire, sont devenues plus brillantes qu'elles ne l’étaient d’abord.

8 322. Étoiles périodiques. —{l existe un certain nombre d'étoiles dont l'éclat varie périodiquement. Une des plus remarquables est Algol, ou 6 de Persée, dont l'éclat varie de la 2° grandeur à la ke grandeur. Pendant 9j 44}, cette étoile est de 2° grandeur, sans que son éclat semble changer ; au bout de ce temps elle commence à s’affaiblir, et décroît jusqu’à la 4° grandeur, dans l’espace d’environ 3° 1; ensuite son éclat augmente de nouveau, et après un même temps de 3? : environ, elle se retrouve de 2° grandeur. A partir de 1à, elle reste encore invariable pendant 2j 44b, décroît de nouveau, puis revient à son éclat primitif, et ainsi de suite. La durée totale de chacune de ces périodes successives est de 2j 20h 48m.

L'étoile o de la constellation de la Baleine est également périodique ; mais la période de ses variations est beaucoup plus longue , et en outre son éclat diminue tellement à chaque période, qu’elle devient complétement invisible pendant un certain temps. Après avoir brillé comme une étoile de 2 grandeur, pendant environ quinze jours, elle décroît peu à peu pendant environ trois mois ; il s'écoule ensuite près de cinq mois sans qu'on puisse l'apercevoir, puis elle

eparaît et met encore à peu près trois mois à reprendre son plus ..

grand éclat. La durée totale de la période de ses variations est de 334 jours. Ces modifications successives de l'étoile dont il s’agit, ne se produisent pas toujours de mème ; lorsqu'elle atteint son plus grand éclat, elle n’est pas toujours de 2 grandeur ; souvent elle s'arrête à la 3° grandeur. La durée de ce plus grand éclat, et les temps qu’elle emploie, soit à décroître jusqu’à sa disparition, soit à croître après sa réapparition, varient en général d’une période à une autre.

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