ÉTOILES TEMPORAIRES
On peut encore citer parmi les étoiles périodiques, à de Cephée, qui varie de la 3° à la 5° grandeur, et dont la période est de 8; 8} 37; 6 de la lyre, qui varie de la 3e à la 5e grandeur, et dont la période est de 6; 9h Om; x d'Antinoüs, qui varie de la 4e à la 5e grandeur, et dont la période est de 7; 4° 48w; « d'Hercule, qui varie de la 3° à la 4e grandeur, et dont la période est de 60i 6h; y du Cygne, qui varie de la 6° à la 44° grandeur, et dont la période est de 396; 21P; * a 34° du Cygne, qui est tantôt de 6° grandeur, tantôt complétement invisible, et dont la’ période est de 48 ans.
On a cherché à expliquer le changement périodique d'éclat qu'éprouvent les étoiles dont nous venons de parler, en admettant, où bien que ces étoiles tournent sur elles-mêmes, et nous montrent ainsi successivement des parties de leurs surfaces qui ne sont pas également brillantes, ou bien qu’elles sont environnées de satellites qui circulent autour d’elles et qui viennent de temps en temps s’interposer entre elles et nous , ‘de manière à produire de véritables éclipses. Mais ce ne sont là que de simples conjectures, auxquelles on ne doit attacher que peu d'importance.
8 323. Étoiles temporaires. — Le soir du 44 novembre 1572, Tycho-Brahé, sortant de son observatoire d’Uranibourg , pour retourner chez lui, rencontra un groupe de personnes occupées à regarder dans le ciel une étoile d’un éclat très-vif. Cette étoile se trouvait dans la constellation de Cassiopée, à une place où il n'en avait pas existé jusque-là ; et il est certain que, si elle eût été visible une demi-heure auparavant, Tycho-Brahé l’eût aperçue de son observatoire : son apparition avait donc été tout à fait brusque, et elle avait acquis en quelques instants un éclat comparable à celui de Sirius. À pértir de là, son éclat alla en augmentant jusqu'à surpasser celui'de Jupiter en opposition, et elle devint même visible en plein jour. Au bout d’un mois, en décembre 1572, elle commença à décroître progrèssivement, et au mois de mars 1574, elle avait complétement disparu. Pendant tout le temps qu’on put la voir, elle conserva une position invariable par rapport aux étoiles voisines.
Cette étoile de 4572 est loin d'être le seul exemple de ce genre. Nous pouvons citer entre autres l'étoile qui se montra subitement dans le ciel, en 425 avant Jésus-Christ, et qui, ayant fixé l'attention d'Hipparque, fut la cause qu’il entreprit son catalogue d'étoiles, une étoile qui parut en l'an 389, près de « de l’Aigle, qui eut, pendant trois semaines, un éclat pareil à celui de Vénus, et qui disparut ensuite entièrement; une étoile très-brillante que l’on aperçut le 40 octobre 4604 dans la constellation du Serpentaire , et qui resta visible pendant un an. Une étoile de 3° grandeur parut en 4670 dans
la tête du Cygne ; cette étoile disparut bierlôt, se montra de nouveau, puis disparut encore, après avoir subi, dans l’espace de deux ans, quelques alternatives d’accroissement et de diminution ; depuis cette époque on ne l’a plus revue.
On ne sait rien sur la cause de ces apparitions et disparitions d'étoiles , quelquefois si subites.
$ 324. Étoiles doubles, triples. — Beaucoup d'étoiles, observées à l'œil nu , ou bien à l’aide de lunettes d’un faible grossissement , : paraissent comme de simples points lumineux, tandis que, vues dans de fortes lunettes, elles se dédoublent : chacune d'elles se compose de deux étoiles très-voisines, qui se confondent de manière à donner l'apparence d’une étoile unique , tant qu’on n’a pas recours à des instruments d’un fort grossissement. Ce grand rapprochement de deux étoiles dans le ciel peut n’être qu’un effet de perspective ; il peut se faire que les deux étoiles ne paraissent voisines que parce qu ’ees sont à peu près sur une même ligne droite aboutissant à la terre, tout en étant réellement à une grande distance l’une de l'autre. Mais ce n’est que très-exceptionnellement qu'il en est ainsi; on a reconnu que, dans la plupart des cas, les deux étoiles que l'on voit très-près l’une de l'autre sont réellement voisines dans l’espace. Pour que l’on se fasse une idée du grand nombre des étoiles qui présentent la siñgularité que nous venons de signaler , il nous suffira de dire que, sur environ 120 mille étoiles observées par M. Struve à Dorpat, cet astronome en a trouvé 3 057 doubles, c’est-à-dire que moyennement, sur 40 étoiles, il y en a une qui est double. Parmi ces étoiles doubles , M, Struve en a trouvé 987 dans lesquelles la distance angulaire des deux étoiles composantes était de moins de 4”; 675 dans lesquelles cette djstance était comprise entre #””’ et 8”; 659 dans lesquelles elle était comprise entre 8'’ et 46’'; et enfin 736 dans lesquelles elle était plus grande que 46”, sans dépasser 32".
L'observation suivie d’un certain nombre d'étoiles doubles a fait voir à Herschel que les deux éléments, dont chacune d’elles se compose , tournent l'un autour de l’autre ; en même temps la distance angulaire de ces deux éléments augmente et diminue périodiquement. Savary , ayant étudié avec soin les. changements successifs de position et de distance des deux étoiles dont se compose l'étoile double £ de.la Grande-Ourse, arriva à ce résultat important que le mouvement relatif de l'une de ces deux étoiles autour de l'autre s'effectue conformément aux deux premières lois de Képler. Depuis on à fait pour plusieurs autres étoiles doubles ce que Savary avait fait pour & de la Grande-Ourse, et on a trouvé des ré-