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MOUVEMENTS PROPRES DES ÉTOILES

nous devons les apercevoir dans toutes les directions possibles, en raison de l'épaisseur du disque dans le voisinage du lieu que nous occupons : toutes les étoiles isolées que nous distinguons à l'œil nu et même avec des lunettes dans les diverses régions du ciel, pourraient ainsi être regardées comme faisant partie du groupe immense et aplati auquel nous attribuons la voie lactée. Une seconde couche d'étoiles, qui viendrait se réunir à la première vers le lieu que-nous y occupons, et-dont le plan ne ferait qu’un petit angle avec celui de cette première couche, peut rendre compte de la bifurcation que présente la voie lactée dans une partie de sa longueur.

$ 326. Idée qu'on se fait de la nature des étoiles. — Tout nous porte à regarder les étoiles comme étant de véritables soleils, analogues à l’astre brillant qui éclaire et vivifie notre système planétaire. | . Les étoiles sont beaucoup trop éloignées pour que nous puissions regarder leur lumière comme n’étant que la lumière du soleil réfléchie à leur surface, ainsi que cela à lieu pour les planètes. Les étoiles sont certainement lumineuses par elles-mêmes. Des expériences photométriques, sur la lumière du soleil et sur celle de quelques étoiles, ont montré que si le soleil était transporté à une distance de la terre égale à celle qui nous sépare de ces étoiles, il nous pa- . raîtrait comme une étoile d’un éclat certainement inférieur à celui de plusieurs d’entre elles.

Les mouvements de révolution des étoiles doubles indiquent que ces astres exercent les uns sur les autres de puissantes attractions, et quoiqu’on ne puisse encore assigner d’une manière un peu exacte la masse d'aucune étoile double, cependant les évaluations qu'on a pu en faire pour quelques-unes d’entre elles, tendent à montrer que les masses des étoiles sont tout à fait comparables à la masse du soleil. Il est même très-probable que notre soleil est loin d'être le plus gros de ceux que nous voyons répandus en si grand nombre dans l’espace.

L’analogie nous porte à regarder comme probable que chaque étoile est accompagnée de planètes qui circulent autour d'elle, mais que nous ne pouvons apercevoir à cause de leur petitesse. S'il y a des planètes qui dépendent des étoiles doubles, le phénomène du jour et de la nuit sur leurs surfaces doit être beaucoup plus complexe qu’il ne l’est sur la terre ; l'existence de deux soleils, dont les levers et les couchers ne se succèdent pas toujours de même, et dont les lumières ont souvent des teintes très-différentes, doit jeter une grande variété dans les jours.

$ 327. Mouvements propres des étoiles. — Nous avons dit que

les étoiles conservent constamment les mêmes positions, les unes par rapport aux autres, en sorte que les figures que l'on obtient, en les joignant par des lignes, présentent toujours le même aspect. Il n’en est pas rigoureusement ainsi. Îl existe un certain nombre d'étoiles qui sont douées d’un mouvement propre, c'est-à-dire qui se déplacent peu à peu par rapport aux étoiles dont elles sont voisines. Ces mouvements, qui .sont tous d’une très-grande lenteur, ne peuvent être constatés que par la comparaison d'observations très-précises faites à des époques convenablement éloignées les unes des autres. Pour qu'on s’en fasse une idée, nous indiquerons quelques-uns de ceux qui sont le moins lents : uneétoile de 7®°e grandeur de la constellation de la Grande-Ourse, désignée par le n° 1830‘dans le catalogue de Groombridge, se déplace de 7°” par an; la 6tme du Cygne, étoile double dont nous avons fait connaître la distance au soleil (8 476), se déplace de 5’’,3 par an; la 40€ de l'Éridan, qui est aussi une étoile double, marche de #/’ par an ; s de Cassiopée décrit annuellement un arc de 3”’,7. On comprend qu'il faut un assez grand nombre d'années pour que de pareils déplacements altèrent d’une manière appréciable les configurations des constellations dont ces étoiles font partie. Parmi les étoiles principales de chaque constellation, il.y en a bien ‘quelques-unes qui ont des mouvements propres ; mais ces mouvements sont, en général, beaucoup plus faibles que ceux que nous venons de citer ; c'est ce qui faitquel’aspect des constellations, déterminé surtout parles étoiles les plus brillantes qu'elles renferment, a été regardé pendant longtemps comme étant absolument le même à toutes les époques.

S 328. Mouvement de translation de notre système planétaire. — Les mouvements propres des étoiles peuvent être dus à des déplacements réels de ces astres dans l’espace, ou bien n’être que des apparences dues à ce que le soleil se meut lui-même en emportant avec lui les planètes et les satellites qui l’environnent.

Dans le premier cas, il est probable que , les mouvements des étoiles étant indépendants les uns des autres, leurs directions ne satisferaient à aucune loi; ces mouvements seraient dirigés dans tous les sens.

Dans le second cas, au contraire. si les mouvements des étoiles n'étaient que des apparences dues au mouvement de translation du soleil dans l’espace, il en serait tout autrement. Les étoiles situées dans la région du ciel dont nous approcherions progressivement, devraient sembler s'écarter peu à peu les unes des autres; leurs distances angulaires devraient s’accroître en raison de la diminution de la distance qui nous en sépare. Les étoiles situées du côté op-

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