ÉTOILES FILANTES
posé, c’est-à-dire dans la région du ciel dont nous nous éloignerions, devraient sembler se rapprocher les unes des autres. En un mot, les diverses étoiles du ciel devraient sembler s'éloigner du point de la sphère céleste vers lequel serait dirigé le mouvement du soleil, pour se rapprocher du point de cette sphère qui serait diamétralement opposé au premier. Quant à la vitesse de ce mouvement apparent des différentes étoiles, elle varierait de l’une à l'autre, suivant la distance plus ou moins grande qui nous sépare de chacune d'elles; en sorte que cette vitesse pourrait n'être sensible que pour un cer- {ain nombre d'étoiles, tandis que les autres, en raison de leur énorme éloignement, paraïîtraient immobiles dans le ciel, malgré le déplacement que nous éprouverions.
Quand on compare entre eux les divers mouvements propres d’étoiles que l’on a pu déterminer, on voit que leurs directions ne satisfont pas à cette loi simple, que nous venons d'indiquer, pour le cas où ces mouvements ne seraient que des apparences dues à la translation du soleil dans l’espace. Cependant ils sont loin de présenter le caractère de mouvements entièrement indépendants les uns des autres. Ils ne sont pas dirigés de toutes les manières possibles ; on remarque dans leur ensemble une certaine tendance à affecter une direction particulière plutôt que toutes les autres. (n est conduit par là à admettre que ies mouvements propres des étoiles proviennent à la fois des deux causes que nous venons de signaler ; c’est-àdire que les étoiles se déplacent réellement dans l’espace, et que le soleil se meut aussi, en emportant avec lui les planètes.
Herschel, par une étude convenable de la question dont il s’agit, reconnut que le soleil marche vers un point situé dans la constellation d'Hercule. Depuis, M. Argelander, en discutant 390 mouvements propres d'étoiles, confirma pleinement le résultat obtenu par Ilerschel ; il trouva que le point du ciel, vers lequel est dirigé le mouvement du soleil, avait, en 1800, une ascension droite de 2%60° 50,8, et une déclinaison boréale de 31° 47,3 : ce point est un peu au nord de l'étoile à de la constellation d'Hercule (voir la planche II, page 4173). D'après ces mêmes recherches, la vitesse du soleil dans l espace est au moins égale à la vitesse de la terre dans son mouvement de révolution autour du soleil.
$ 329. ‘Etoiles filantes. — Avant de terminer ce qui se rapporte aux étoiles, disons un mot de ce qu'on nomme étoiles filantes. Tout le monde a vu ces points brillants, qui ressemblent complétement à des étoiles, qui se meuvent rapidement dans le ciel, de manière à traverser plusieurs constellations en quelques instants, et qui disparaissent ensuite. Il est rare qu'on n’en aperçoive pas, quand, par
une belle nuit sans nuages, on reste un certain temps dans un lieu d’où l’on découvre une partie du ciel étoilé.
Les étoiles filantes ne sont pas des étoiles. Ce sont des corps de
petites dimensions, comme des pierres, qui traversent rapidement l'atmosphère terrestre, et qui s’échauffent assez, par leur frottement contre les molécules d’air, pour devenir incandescents. Quelquefois ces petits corps tombent sur la terre, et alors ils constituent ce qu’on nomme des aérolithes ; d’autres fois, ils disparaissent sans avoir atteint la surface du globe. On explique les étoiles filantes en admettant qu’il existe, dans l’éspace, un grand nombre de petits corps qui se meuvent en obéissant aux attractions du soleil et des planètes ; que la terre, dans son mouvement annuel autour du soleil, vient en rencontrer successivement un certain nombre; que ceux dont elle s'approche suffisamment sont attirés par elle jusqu’à venir se réunir à sa masse: tandis que d’autres ne font que pénétrer d’une petite quantité dans l'atmosphère, d'où ils sortent ensuite pour . continuer leur mouvement dans l’espace.
Les observations suivies, que l'on a faites depuis un certain nom- . bre d'années, montrent que les petits corps dont nqus venons de parler ne sont pas uniformément répandus dans les diverses régions que la terre traverse dans son mouvement annuel. Il existe des espèces de couches ou d’amas de ces corps ; en sorte que, lorsque la terre vient à s’approcher des régions où elles se trouvent, le nombre des étoiles filantes que l’on peut observer devient beaucoup plus grand qu'il ne l’est habituellement : quelquefois même on en voit des quantités prodigieuses. On se fera une idée des circonstances que nous signalons ici, en jetant les yeux sur les tableaux suivants, publiés par M. Coulvier-Gravier, qui se livre avec une grande assiduité à l’observation des étoiles filantes.