‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 3 sur 156 · CLEPSYDRES · texte numérisé non relu

CLEPSYDRES

de la même manière, et dans des circonstances identiquement Jes

mêmes ; on sera en droit de regarder comme égaux les intervalles de temps qu’il aura employés successivement à se produire. C’est ainsi que, si l’on prend différents corps exactement pareils, et qu’on les laisse tomber les uns après les autres, de la même hauteur, et dans un air tranquille, se trouvant toujours dans les mèmes conditions de température et d’élasticité, le temps qu’un de ces corps mettra à tomber sera égal à celui que mettra pour tomber chacun des autres corps. Si deux de ces intervalles de temps égaux se succèdent sans interruption, c’est-à-dire si l'instant où le second commence coïncide avec celui où le premier finit, il en résultera un intervalle de temps total qui sera double de chacun d’eux. De mème la succession non interrompue de trois, quatre, cinq..…., intervalles de temps égaux entre eux formera un intervalle de temps unique qui sera triple, quadruple, quintuple..……, de l’un d’eux.

On conçoit, d’après cela, que, pour évaluer un intervalle de temps quelconque en nombre, il suffira d'observer un phénomène qui se reproduise successivement, indéfiniment, sans interruption, et dans des circonstances exactement les mêmes. Si la durée de ce phénomène est prise pour unité de temps, le nombre de fois qu’il se produira pendant l'intervalle de temps que l’on veut mesurer, sera la valeur numérique de cet intervalle de temps. Tel est le principe de la mesure du temps.

Pour réaliser ce qui vient d’être dit, on à imaginé divers appareils que nous allons faire connaître, et dans lesquels on a cherché à se rapprocher autant que possible des conditions rigoureuses que nous avons indiquées comme devant servir de base à la mesure du temps. Mais, quel que soit le soin que l’on apporte à la construction de ces appareils, ils conservent toujours quelque chose de l’imperfection des œuvres de l’homme. Nous verrons plus tard que c’est dans les phénomènes astronomiques que l’on trouve la mesure du temps la plus exacte. Jusque-là cependant nous regarderons les instruments que nous allons décrire comme nous fournissant les seuls moyens que nous puissions employer pour mesurer le temps, et c'est sur leurs indications que nous nous baserons pour arriver à la connaissance des lois du mouvement des astres.

$ 4. Clepsydres. — Les premiers instruments dont on se soit servi pour mesurer le temps sont les clepsydres, ou horloges à eau, qui ont été en usage dansl’antiquité, et ont été employées dans différents lieux aux recherches astronomiques. Voici en quoi ils consistent.

Imaginons qu’un réservoir contienne de l’eau, et qu’un orifice pratiqué vers sa partie inférieure permette au liquide de s ‘écouter:

h INSTRUMENTS QUI SERVENT A MESURER LE TEMPS.

Si, par un moyen quelconque, on parvient à rendre l’écoulement régulier, il sortira du réservoir des quantités égales de liquide en temps égaux. Le volume de l’eau écoulée dans un temps quelconque pourra donc servir de mesure à ce temps.

Pour obtenir un écoulement régulier de l’eau contenue dans le réservoir, il suffit d'y entretenir un niveau constant; on y arrive très-facilement au moyen de la disposition suivante. Le réservoir A, fig. 4, est constamment alimenté par un robinet B. La quan-

tité d'eau fournie . par ce robinet est

plus grande que celle qui doit traver- 2% .— ser l’orifice C, lors-

Re n que l'écoulement est = régulièrement établi. Par suite de cet excès du liquide qui arrive dans le réservoir À, le ni- | veau tend à s’y éle-

\ el | ver de plus en plus; 1 il 17 mais une décharge ff All! :

En latérale Ds’yoppose,

| fl ALL enlaissant constam-

Fig. 1. mentsortirle liquide

| excédant. Leniveau

de l’eau conserve donc ainsi une position invariable dans le réservoir

À, et l'écoulement s'effectue par l’orifice C avec une vitesse qui reste toujours la même.

Pour mesurer un intervalle de temps quelconque, au moyen de l'écoulement ainsi obtenu, il n’y a plus qu’à recueillir l’eau qui sort du réservoir pendant cet intervalle de temps, et à en déterminer le volume. Mais, au lieu de cela, on dispose l’appareil de manière à lui faire donner des indications continues. Il suffit, en effet, que Peau sortant du réservoir tombe dans un vase de forme cylindrique ou prismatique, et s’y accumule de plus en plus. Le niveau de l’eau montera dans ce vase avec une vitesse uniforme, et marquera le temps par la position qu’iloccupera, position qui pourra d’ailleurs être aisément déterminée au moyen d’une échelle graduée fixée au vase.

Souvent, afin de rendre les indications plus visibles, et aussi pour donner plus d'élégance à l'appareil, on place un flotteur dans le vase où se rend l’eau écoulée; ce flotteur, formé d'un morceau

Page 1