‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 48 sur 156 · RÉSULTATS DES DIVERSES MESURES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DES DIVERSES MESURES

Cette deuxième combinaison ne fournit pas les mêmes nombres que la première. Il en serait de même encore si l’on déterminait les dimensions de l’ellipse méridienne de la terre par d’autres combinaïisons des divers résultats contenus dans le second des tableaux ci-dessus. On est obligé d’en conclure que la surface de la terre n’a pas exactement la’ figure d'un ellipsoïde de révolution : car les différences qui existent entre tes diverses valeurs obtenues pour le demi-grand axe et pour l’aplatissement, tout en n'étant pas très-considérables, sont cependant trop fortes pour pouvoir être attribuées aux erreurs d'observation. 4:

$ 408.— Il est aisé de se rendre compte des irrégularités que présente la surface de la terre, et qui font qu’elle diffère, quoique très-peu, de la forme ellipsoïdale que la théorie lui assigne. La surface des mers, prolongée à travers les continents, à laquelle toutes les mesures sont rapportées, est partout dirigée perpendiculairement à la verticale, c’est-à-dire à la direction du fil à plomb. Si quelque cause accidentelle vient modifier tant soit peu la direction du fil à plomb en un lieu de la terre, la direction de la surface des mers se trouvera affectée par la même cause, dans le voisinage de ce lieu, et il en résultera une irrégularité sur cette surface.

Considérons , par exemple, ce qui se passe aux environs d’une montagne M, fig. 167. Soit AB la direction que prendrait le fil à plomb, si la montagne n'existait pas. La présence de cette montagne luifera prendre une direction un peu différente AB; car, conformément à la loi de la gravitation universelle qui a été découverte par Newton, et dont nous parlerons plus tard, la masse de la montagne attire à elle le corps pesant suspendu à l'extrémité inférieure du fil à plomb , absolument de ta même manière qu’un aimant attire un morceau de fer. Ce corps ne peut pas céder complétement à l'attraction de la montagne, parce que l'attraction qu’il éprouve de la part de la masse entière de la terre tend à maintenir le fil à plomb dans la direction AB : mais il en résulte toujours un léger changement de direction de ce fil, dans le sens indiqué. De l’autre côté de la montagne, en C, le fil à plomb éprouvera une déviation en sens .contraire ; au lieu d’être dirigé suivant CD, comme il le serait si la montagne M n'existait pas, il s'incline un peu vers elle, suivant

Fig. 671.

CD’. La surface des mers éprouve en conséquence une déviation correspondante ; et pour être perpendiculaire aux verticales A B, CD',:il faut qu’elle présente une ondulation telle que mm’ m”.

On voit par là que, quoiqu’on ne s’occupe pas des irrégularités de la surface des continents, dans les mesures qui ont pour objet la détermination de la figure de la terre, et qu’on rapporte ces mesures à la surface idéale suivant laquelle la mer se mettrait en équilibre si elle pouvait pénétrer partout, ces irrégularités se font cependant sentir, par l’influénce qu’elles ont sur la-forme de cette surface idéale. Partout où il existe une chaîne de montagnes, la surface des mers prolongée présente une ondulation correspondante, mais beaucoup moins prononcée. On comprend même que la répartition inégale des densités des matières qui composent la croûte extérieure de la terre suffit pour déterminer des inégalités de te geure sur la surface des mers.

La mesure d'un arc de méridienne effectuée en Italie, par MM. Plana et Carlini, fournit un exemple remarquable de la déformation qu’une chaîne de montagnes peut apporter sur la surface des mers prolongée au-dessous de cette chaîne. L’arc dont il s’agit, compris entre Andrate et Mondovi , est situé près du versant méridional des Alpes. L’angle compris entre les verticales extrêmes est de 107" 27". La longueur de l'arc de 4° qu'on en a conclue est de 57687 toises; cet arc correspond à une latitude moyenne de 54° 87! 29". Si toutes les méridiennes avaient la forme de l'ellipse déduite de la combinaison des ‘opérations de France et du Pérou ($ 407), l'arc de 4° à cette latitude moyenne aurait une longueur de 57 013 toises : la différence énorme de 674 toises, éntre le résultat de la mesure et celui auquel cette ellipse conduit, tient à la présence de la chaîne des Alpes. Cette chaîne agit par attraction sur le fil à plomb, à chacune des extrémités de l’arc mesuré par MM. Plana et Carlini ; mais son action est beaucoup plus forte à l'extrémité nord qu’à l'extrémité sud de cet arc. Cette action tend à diminuer l’angle formé par les’‘verticales extrêmes de l'arc, comme on s’en rendra compte sans peine ; et, par conséquent, à augmenter la longueur de l'arc de 4° qu’on obtient en divisant la longueur totale de l'arc mesuré par l'angle des verticales extrêmes ($ 402:;.

On comprend maintenant pourquoi les résultats des mesures effectuées dans divers lieux de la terre ne s'accordent pas à fournir les mêmes dimensions pour l'ellipse méridienne, quand on les combine entre eux tie différentes manières; les irrégularités dont nous venons de constater l'existence s'opposent à ce que cet accord existe com-, plétement. Cependant, quand on met de côté les arcs mesurés dans

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