PREMIÈRES HORLOGES A POIDS
sable commence à couler dans le vase inférieur, et l’écoulement continue ainsi d’une manière très-régulière, jusqu’à ce que le vase supérieur soit complétement vidé. Alors on retourne l'instrument, et le sable recommence à couler dans le vase qu’il vient de quitter. Lorsque ce second écoulement est terminé, on'retourne de nouveau le sablier, et ainsi de suite, pendant toute la durée de l'intervalle de temps dont on veut avoir la mesure.
On voit, par là, qué l’emploi du sablier est beaucoup moins commode que celui de la clepsydre, surtout pour mesurer des intervalles de temps un peu longs. D'un autre côté les indications qu’il fournit sont encore moins précises que celles de cet autre instrument. Aussi, quoiqu'il ait été connu des anciens, ne s'en sont-ils pas servi pour leurs observations astronomiques. |
De nos jours le sablier est encore employé dans diverses circonstances où l’on n’a pas besoin d'une grande précision. Mais, au lieu de s’en servir pour évaluer en nombre la durée d’un intervalle de temps qui n’est pas connu, on s’en sert au contraire pour marquer la fin d'un intervalle de temps dont la durée est déterminée d'avance. Cet usage restreint permet d'éviter les retournements successifs dont nous avons parlé il n’y a qu'un instant, et fait que le sablier est d’un emploi beaucoup plus commode : pour cela on construit l'instrument de telle manière que le sable mette à passer d’un vase dans l’autre précisément le temps que le sablier est destiné à marquer.
8 6. Premières horloges à poids. — L'invention des horloges à poids, qui remonte à une époque déjà ancienne, mais peu connue, a été un grand pas fait pour arriver à une mesure exacte du temps. Ces horloges, formées uniquement de pièces solides dont les mouvements sont solidaires, sont susceptibles de présenter beaucoup plus de constance et de régularité dans leur marche que les clepsydres et les sabliers. Elles se trouvent dans des conditions beaucoup plus favorables, pour que les mouvements successifs, que prennent leurs différentes pièces, aient entre eux ce caractère d'identité, que nous avons indiqué comme devant former la base de toute mesure artificielle du temps ($ 3).
Les premières horloges à poids qui aient été construites, étaient cependant loin de satisfaire à ces conditions de régularité dans le mouvement. Voici en quoi elles consistent. Un poids À, fig. 5, attaché à l’extrémité d'une corde, tend à faire tourner un cylindre B sur lequel la corde est enroulée. Ce cylindre, mobile autour de son axe de figure, porte une roue dentée C, qui tourne nécessairement avec lui. La roue C, engrenant avec un pignon D, oblige
l’axe E de ce pignon à tourner en même temps que le cylindie B. De même le mouvement de l'axe E setransmet, par la roue F et le pignon G, à un autre axe H:
et ainsi, de proche en proche, un dernier axe Ï recoit un mouvement de rotation, par suite de l’action du poids A sur le cylindre B. Cet axe I porte à son extrémité une roue. dentée K, d’une forme particulière , à laquelle on donne le nom de roue de rencontre. A côté de cette roue K, se trouve un axe vertical L muni de deux petites pa- :
lettes planes M, N, dirigées à angle droit l’une sur l’autre, et tellement disposées que la première puisse être rencontrée par les dents inférieures de la roue K, et la seconde par les dents supérieures de la même roue. Enfin l'axe L porte à sa partie supérieure une roue Sans dents O, nommée balancier, sorte de volant analogue à ceux qu'on voit F— ‘dans certaines machines | | et qui servent à en régu- Li lariser le mouvement. La
présence de l'axe L, avec ses palettes M, N, s'oppose à ce que la roue de rencontre K prenne un mouvement continu, par suite de l’action du poids moteur A. À peine cette roue a-t-elle commencé à tourner, que ses dents rencontrent l’une des palettes M, N, et transmettent ainsi brusquement à l’axe L un mouvement de rotation, bientôt les dents de la même roue rencontrent l’autre palette, arrètent l'arbre L dans son mouvement, et le font tourner en sens contraire; puis la
; di 4 - f Var É — {| L TRAME. à mil
Fig, 5.