INFLUENCE DE L’ATMOSPH. SUR LA DURÉE DU JOUR
instant à un autre, qui précède le lever du soleil , et qui suit son coucher, porte le nom de crépuscule ; le crépuscule du matin est plus spécialement désigné sous le nom d’aurore, et celui du soir sous le nom de brune.
La lueur crépusculaire ne présente pas une intensité uniforme dans toute l'étendue du ciel que l’on peut apercevoir; on voit au contraire que cette intensité est plus grande vers un des points de l'horizon que partout ailleurs, et qu'elle va en diminuant progressivement, à partir de ce point, dans toutes les directions. Ce point, où la lueur crépusculaire a sa plus grande intensité, est de tous les points de l’hôrizon celui dont le soleil se trouve le plus rapproché ; il est situé dans le plan vertical qui passe par le centre de l'astre. En même temps que le soleil s’abaisse au-dessous de l'horizon, après son coucher, le plan verticaf qui lui correspond change de direction, puisque le soleil, dans son mouvement diurne, nous semble décrire un cercle oblique à l'horizon ; le point de plus grande intensité de la lueur erépusculaire doit donc se déplacer en même temps que le soleil : ce point s'éloigne de plus en plus de la position qu'il occupait au moment du coucher du soleil ; en marchant vers le nord ou vers le sud, suivant que le lieu d'observation appartient à l’hémisphère boréal ou à l'hémisphère austral de la terre. Des circonstances analogues se présentent avant le lever du soleil. :
On comprend que l'intensité de la lueur crépusculaire ne dépend pas seulernent de la distance à laquelle le soleil se trouve au-dessous du plan de l'horizon. L'état de l'atmosphère, la quantité de vapeur qu’elle contient , la transparence plus où moins grande qui en résulte pour les couches atmosphériques , doivent avoir une influence très-notable sur cette intensité. Aussi doit-il arriver que la fin du crépuscule du soir, et le commencement de celui du matin, ne cor- ‘ respondent pas toujours à un même abaissement du soleil ‘au-dessous de l'horizon. Ce n’est donc qu’approximativement qu’on peut établir une règle qui permette d’évaluer la durée du crépuscule. On a reconnu que, généralement, lorsque l'air est suffisamment pur, la lueur crépusculaire peut s'apercevoir tant que le soleil se trouve abaissé de moins de 148 degrés au-dessous de l'horizon.
Il est aisé, d'après cela , de se faire une idée de la durée du crépuscule, soit après le coucher du soleil, soit avant son lever. Si l’on est, par exemple, en un point de l'équateur terrestre, et que le soleil se trouve à l’un des équinoxes, il se meut , en vertu du mouvement diurne, suivant un cercle qui coïncide avec l'équateur céleste : cet astre, parcourant 360 degrés en 24 heures, décrit un arc de 45 degrés en une heure ; son mouvement, dans les circonstances par-
ticulières où nous nous plaçons, s’effectuant dans un plan vertical, . on voit que pour qu'il se soit abaissé de 18 degrés au-dessous de l’horizon, à partir de son coucher, il faut qu’il ait décrit un arc de 18 degrés sur son cercle diurne : le crépuscule dure donc tout le temps que le soleil emploie à décrire cet arc de 48 degrés, c’est-àdire 442",
Le temps employé par le soleil à s’abaisser de 18 degrés au-dessous de l'horizon, varie avec la position du lieu où l’on est placé, et avec la déclinaison du soleil; mais ce temps est généralement plus grand que celui que nous venons de trouver pour un point de l’équateur de la terre , et pour l’époque de l’un des équinoxes. Il y a même un grand nombre de lieux où, à certaines époques, le crépuscule dure toute la nuit, c'est-à-dire où le soleil en s’abaissant audessous de l'horizon, entre son coucher et son levér,ane va pas jusqu'à la distance de 18 degrés au delà de laquelle le crépuscule cesse d'exister. C’est ce qui arrive, par exemple, à Paris, à l'époque du solstice d'été. En effet, à cette époque, la déclinaison du soleil étant de 23° 28’, sa distance au pôle boréal est égale à 66° 32’ ; à minuit, lorsque le soleil se trouve le plus bas possible au-dessous de l'horizon, c'est-à-dire en b’, fig. 490 (page 240), on obtiendra la distance du soleil à ce plan, en retranchant de P b’, qui est égal à 66v 32’, la hauteur du pôle au-dessus de l'horizon , hauteur qui ; pour Paris, est de 48° 50’ : donc la plus grande distance du soleil à l'horizon, pendant la nuit, à Paris, et au solstice d'été, est de 47° 42’.
8 437. — Variations de température occasionnées par le mouvement du soleil. — En même temps que le soleil éclaire les diverses parties de la surface de la terre, il leur envoie une quantité considérable de chaleur ; c’est cette chaleur qui, en se combinant avec la chaleur propre de la terre , détermine ces températures diverses ,que l’on observe en chaque lieu. Pour nous rendre compte de la manière dont se produisent ces variations de température, examinons d'abord ce qui se passe dans l’espace d’un jour, en un lieu déterminé.
La surface de la terre, dans le lieu dont nous nous occupons, émet constamment de la chaleur vers les espaces célestes, et tend ainsi à se refroidir ; mais, d’un autre côté, elle reçoit de la chaleur du soleil, chaleur qui tend à élever sa température. Ces deux causes de variation de température agissant en sens contraire l’une de l’autre, la température s’abaissera ou s’élèvera, suivant que la première l'emportera sur la seconde, ou inversement. Or, tandis que le rayoünement vers les espaces célestes se produit sans interruption, ka chaleur du soleil n'arrive sur la surfacc dont il s’agit que par inter-