VARIATIONS DE TEMPÉRATURE DUES AU SOLEIL
de l’année, sont beaucoup moins sensibles , parce que , d’une part, il y a moins de différence entre les jours les plus longs et les jours les plus courts, et que, d’une autre part, le soleil à midi n’est jamais très-éloigné du zénith.
Quant à la température moyenne de l'année, on comprend qu'elle doit varier avec la latitude du lieu que l’on considère. Plus cette latitude est grande, et plus, en moyenne, les rayons venus du soleil sont obliques. On s'explique par là comment il se fait que la tempé.: * rature moyenne , dans la zone torride , est très-élevée ; que cette température moyenne est plus faible dans les zones tempérées, et d'autant plus faible qu'on s'éloigne davantage des tropiques, pour se rapprocher des cercles polaires; et qu’enfin, dans les zones glaciales, la température est très-basse. |
Les variations de température en un lieu donné , aux diverses heures d’une même journée, et surtout dans les divers jours d’une même année, sont très-loin de présenter la régularité qui semblerait résulter des considérations précédentes. Les courants qui se produisent dans l’atmosphère , et que nous nommons vents, font que des masses d’air considérables, ayant pris la température qui règne dans certaines régions de la terre, vont se mettre en contact avec d'autrés régions où la température est différente : il s'ensuit des mcdifications plus ou moins grandes dans la température de ces dernières régions. L’irrégularité avec laquelle le vent souffle , tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, fait que les températures en un lieu donné présentent des irrégularités correspondantes. Aussi, n'est-ce qu’en prenant les moyennes des températures observées pendant un grand nombre d’années, qu’on peut arriver à des résultats qui concordent avec les considérations théoriques qui viennent d’être développées ; les variations accidentelles , qui troublent chaque température en particulier, disparaissent en grande partie quand on calcule ces moyennes, et cela permet de mettre en évidence les variations régulières dont nous avons signalé les causes.
$ 139. Les variations de température occasionnées par la présence plus ou moins prolongée du soleil au-dessus de l'horizon , et par l’obliquité plus ou moins grande de ses rayons, doivent ètre rangées parmi les principales causes des vents. Dans la zone torride , où l’action calorifique du soleil, sur la surface de la terre, est à son maximum d'intensité, l'échauffement continuel de l'atmosphère donne lieu à des vents réguliers connus sous le nom de vents alisés. Il est aisé de se rendre compte de la production de ces vents, ainsi quo des circonstances qu'ils présentent.
L'air qui se trouve près de la surface de la terre , dans le voisi-
nage de l'équateur, acquiert une température assez élevée ; il se dilate, et tend à monter dans les régions supérieures de l’atmosphère, en raison de la diminution de sa densité. L’air échauffé ne peut pas s'élever ainsi, sans qu'il soit remplacé constamment par de l’air plus frais, venant des contrées placées à une certaine distance de l’équateur, de part et d’autre de cette ligne, d’ailleurs, l'air qui s'est élevé à l'équateur
P ” même se refroidit dans
* les régions supérieures ‘
de l’atmosphère, et se
f"? R déverse de là sur les zones tempérées, pour
{ y combler le vide pro- J \E $ venant de ce que l'air qui. s’y trouvait s’est
ti Ê } porté vers l'équateur. Il \A ‘. en résulte qu’il se progi duit dans l’atmosphère,
et tout autour de la terre, un double mouvement de circulation qui est constamment entre-
- Fig. 196. ©
tenu par la chaleur solaire, fig. 496. |
Jusque-là , il semble que l’action calorifique du soleil doit déterminer, près de la surface de la terre, un ‘vent venant du nord pour les contrées situées à une certaine distance de l’équateur, dans l’hémisphère boréal, et un vent du sud pour les contrées situées de l’autre côté de l'équateur. Mais il faut observer que le mouvement de rotation de la terre doit avoir une certaine influence sur le phénomène. L’atmosphère tourne en même temps que la terre; et, dans ce mouvement, ses diverses parties sont animées de vitesses plus ou moins grandes, suivant qu'elles correspondent à telle ou telle portion de la surface de la terre ; puisque les rayons des cercles décrits par les différents points de cette sufface, dans l’espace de 24 heures sidérales, varient avec les latitudes de ces points. L’air qui se trouvait dans le voisinage d’un parallèle quelconque , dans l’hémisphère boréal ou dans l'hémisphère austral, et qui se rend à l’équateur, possède une vitesse de rotation plus petite que celle des points de la terre dont il se rapproche ; arrivé près de l'équateur, il marche moins vite qu’il ne devrait le faire pour suivre la terre dans son mouvement ; il est en retard par rapport à elle, et, pour un observateur qui est emporté par la terre dans sa rotation , il doit