TACHES DU SOLEIL; SA ROTATION
server tous les jours, on la voit se déplacer sur le disque, de la même manière que précédemment. Toutes les taches se meuvent en présentant successivement les mêmes circonstances. Voyons quelle est la cause à laquelle on peut attribuer ce curieux phénomène. On pourrait se demander, d’abord, si les taches du soleil ne $eraient pas dues à la présence de certains corps opaques, qui circuleraient autour du soleil, et qui reviendraient de temps en temps s’interposer entre l'astre et nous, de manière à nous cacher certaines portions de sa surface. Mais les circonstances que présente le phénomène s'opposent à ce que nous puissions adopter cette explication. Si un corps se mouvait autour du soleilS, fig. 206, suivant l'orbite A BC, un observateur placé sur la : terre T ne pourrait le voir se projeter sur le
te. © disque du soleil que lorsqu'il serait dans la porri “+ tion AB de son orbite. Or, quelque petite que. / \ | soit la distance de cette orbite à la surface du ‘ 8 soleil, l'arc AB sera toujours notablement plus \ !—7} / petit que la moitié de son contour entier A BC; é mar 6 et comme l'observation montre que chaque ta-
| che, après avoir été visible pendant environ | quatorze jours, disparaît pendant le même l | temps, pour reparaître ensuite, il faudrait admet- 1! tre que chacun des corps qui s’interposent entre \ le soleil et nous, pour produire les taches, a Vi une vitesse très-inégale, de manière à employer 1 précisément la moitié du temps de sa révolution 4! à parcourir l'arc AB.
À | Une pareille hypothèse semble bien difficile \ à admettre ; et l’on est porté plus naturellement | à croire que ces taches, existant sur la surface 1! mème du soleil, se présentent à nous sous diffé-
L rents aspects, en raison d’un mouvement de rotation dont l’astre est animé. L'égalité des Fig. 206. temps, pendant lesquels une tache est successi-
vement visible et invisible, trouve de suite son explication dans cette idée de la rotation du soleil. De. plus, on se rend, par là, complétement compte de certaines particularités que présente le mouvement des taches, et dont nous n’avons pas encore parlé.
Si le soleil tourne sur lui-même, comme il nous paraît toujours sous la forme d’un disque exactement circulaire, sa surface doit être sphérique. Lorsqu'une tache, par suite de la rotation du soleil, passe de l'hémisphère que nous ne voyons pas, sur celui qui est
tourné de notre côté, elle décrit d’abord un arc de cercle très-oblique, par rapport à la ligne suivant laquelle nous l’apercevons ; nous voyons cet arc de cercle en raccourci, et, par conséquent, la tache doit nous sembler presque immobile. La rotation du soleil continuant, la tache doit nous paraître avoir un mouvement de plus en plus rapide, jusqu'à ce qu’elle atteigne le milieu de l’arc qu’elle doit décrire, d’un bord à l’autre du disque; puis, à partir de là, son mouvement doit se ralentir de plus en plus, jusqu'au moment où l'on cesse de l’apercevoir. D'un autre côté, la forme de la tache elle-même doit changer avec la position qu’elle occupe sur le disque ; lorsqu'on la voit au centre, elle doit se montrer sous sa véritable forme ; tandis que, lorsqu'elle se rapproche de plus en plus d’un des bords, la portion de la surface du soleil sur laquelle elle se trouve, présente une obliquité de plus en plus grande, et, par suite, elle doit s’aplatir de plus en plus, en raison de cette obliquité. |
L'observation fait voir que toutes ces particularités existent dans le mouvement des taches du soleil. En sorte qu'il est impossible de ne pas admettre la réalité de la rotation de l’astre sur lui-même.
$ 152. Quand on suit le mouvement des taches sur le disque du soleil, pendant un temps suffisamment long, on reconnait que c'est au bout de 27,3 que chaque tache reprend la position dans laquelle on l'avait vue d’abord. Cette durée de 27 ,3 semble donc être celle que le soleil emploie à faire un tour entier sur lui-même ; mais il est facile de reconnaitre qu'il n’en est rien.
En mème temps que le soleil tourne autour d’une ligne droite passant par son centre, nous le voyons se déplacer en décrivant une ellipse autour de la terre ; ces deux mouvements se combinent pour donner lieu aux diverses positions dans lesquelles nous apercevons successivement chaque tache. Supposons, par ‘exemple, qu’à une certaine époque on ait vu une tache exactement au centre du disque du soleil; si l’on attend pendant 27,3, à partir de cette époque, on verra la tache revenir au centre du disque au bout de ce temps. Le soleil étant en S , fig. 207, lors de la pre- Fig. 207. SA mière observation, la tache dont il Tr s'agit se trouvait en a; pendant que la
__ tache semble faire un tour entier autour du centre de l’astre , celui-ci se transporte de S en S” sur son orbite ; et lorsqu'il est arrivé en S’, la tache se trouve en a’. Si le