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NOTIONS SUR LA CONSTITUTION DU SOLEIL

observe d’autres que l’on n'avait pas encore aperçues jusque-là. Les changements qu'éprouvent les taches, dans leurs formes et dans leurs dimensions, se produisent généralement avec lenteur ; cependant , ils sont quelquefois brusques, de telle manière qu’on peut les voir se produire pendant qu'on a l'œil à la lunette. Il est rare qu’une

Fig. 214.

tache dure plus de six semaines sans disparaître ; on en cite exceptionnellement une qui a duré 70 jours. Les taches atteignent souvent des dimensions considérables; on en a vu dont la largeur égalait cinq ou six fois le diamètre de la terre. |

La partie brillante de la surface du soleil ne présente pas un éclat uniforme. Il existe généralement, autour des taches, des espaces plus lumineux que le reste, qu’on nomme facules. Toute la surface est

d’ailleurs couverte de rides plus lumineuses, qu’on nomme lucules. Herschel, qui s’est beaucoup occupé d'étudier la constitution du soleil , dit qu’on peut se faire une idée des lucules, en comparant la surface de l’astre à Ka peau d’une orange.

8 454. Les circonstances que nous venons de signaler indiquent évidemment que les matières qui constituent la surface du soleil sont douées d’une grande mobilité. On ne peut s’en rendre compte qu’en admettant que le soleil est formé, au moins à sa surface, d'une substance fluide extrêmement lumineuse. Quant aux taches, facules, et lucules, nous allons voir par quelles considérations on est parvenu à les expliquer d'une manière tout à fait satisfaisante.

Si une tache était due à certaines particularités existant seulement sur la surface extérieure du soleil, il est aisé de voir comment elle se comporterait, lorsque la rotation de l’astre l’amènerait dans le voisinage du bord occidental du disque. La partie de la tache la

* plus rapprochée de ce bord se présenterait à l’observateur plus obliquement que tout le reste; et par conséquent la pénombre, qui environne la tache, devrait se rétrécir beaucoup plus du côté de ce bord que du côté opposé. Or, c’est le contraire qui arrive : la largeur de la pénombre diminue plus rapidement dans la partie qui est tournée vers le centre du disque que dans la partie opposée ; et même la pénombre disparait entièrement du côté du centre, tandis qu'elle a encore une certaine largeur du côté du bord occidental du disque, fig. 216. Cette circonstance remarquable ne peut s’expliquer, qu’en admettant que la tache n'existe pas uniquement à la : ; Sn) surface même du soleil, c’est-à-dire en la regardant

Fig. 246, Comme ayant une certaine profondeur au-dessous de celte surface. Voici, d’après cela, quelles sont les idées généralement adoptées par les astronomes.

On regarde le soleil comme étant un corps opaque, de forme sphérique, environné de toutes parts d’une atmosphère gazeuse et transparente, dont l’atmosphère de la terre peut donner une idée. On admet que, dans cette atmosphère, flottent deux couches de nuages placées l’une au-dessus de l’autre , et s’étendant chacune tout autour du corps du soleil. Celle de ces deux couches qui est à l'extérieur, et qui par conséquent enveloppe l’autre de toutes parts, est formée de nuages très-lumineux ; on la désigne sous le nom de photosphère (sphère de lumière). L'autre couche, intermédiaire entre la photosphère et le corps du soleil, est formée de nuages peu ou point lumi-

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