‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 69 sur 156 · NOTIONS SUR LA CONSTITUTION DU SOLEIL · texte numérisé non relu

NOTIONS SUR LA CONSTITUTION DU SOLEIL

neux par eux-mêmes. La fig. 217 est une coupe idéale d’une portion du soleil, sur laquelle on voit l'indication des deux couches nuageuses dont nous venons de parler.

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Supposons que, par une cause quelconque, il vienne à se produire, dans les deux couches nuageuses, deux ouvertures correspondantes a a’, bb’, ouvertures que nous pouvons comparer aux éclaircies que nous voyons souvent se former dans les nuages de notre atmosphère ; supposons de plus que, comme l'indique la figure, l'éclaircie bb" de la photosphère soit plus grande que celle a a’ de l’autre couche nuageuse. Un observateur, placé dans la direction A, verra une portion du corps du soleil 5 travers l’ouverture a a'; c’est ce qui constitue le noyau d'une tache. Il verra en outre une portion . de la couche nuageuse inférieure, tout autour de ce noyau, en raison de la plus grande largeur de l'ouverture b L'; c'est ce qui constitue la pénombre de la tache. Il est aisé de voir maintenant qu’à l’aide de ces idées , la circonstance particulière que nous avons signalée dans la pénombre d’une tache qui approche du bord occidental du disque de l'astre, s’explique avec là plus grande facilité. En effet, dans ce cas, l'observateur voit la tache obliquement, dans la direction B, par exemple ; et, tandis que la pénombre se voit encore à l’occident de la tache, entre les bords a’, b’ des deux ouvertures, on cesse de l’apercevoir du côté de la tache qui est tournée vers le centre du disque , parce que le bord b de l'ouverture de la photosphère paraît dans la direction mème du bord a de l’ouverture de la couche intérieure.

Si les éclaircies se produisaient indépendamment les unes des

autres, dans les deux couches nuageuses superposées, ce ne serait que par l'effet du hasard que deux éclaircies se correspondraient, comme nous venons de le supposer ; il en résulterait que les taches ne se composeraient généralement que d’une pénombre, et que ce ne serait qu'accidentellement qu’on y verrait un ou plusieurs noyaux. Pour que les choses se passent comme l'observation l'indique, il faut donc qu’il existe une cause qui détermine la production d'éclaircies correspondantes dans les deux couches , et qu’en outre cette cause donne de plus grandes dimensiom aux éclaircies de la photosphère qu'à celles de la couche intérieure. Or, il n’est pas difficile de trouver une cause qui remplisse ces conditions. Il suffit d'admettre qu’à certains moments, il se dégage du corps même du soleil des masses considérables de gaz, de même que nous voyons des masses de vapeur sortir de nos volcans ; ces masses de gaz, en s’élevant dans l'atmosphère solaire, s'ouvrent un passage à travers les nuages des deux couches, en les refoulant sur les côtés ; et ce passage a d’ailleurs une étendue transversale d’autant plus grande, que le gaz qui le produit se dilate davantagè , en raison de la diminution progressive de la pression qu'il supporte à mesure qu'il s'élève. Un fait digne de remarque, c'est que les taches solaires ne se produisent pas sur la totalité de la surface de l’astre ; on n’en voit que dans une Zone, qui, comme la zone torride de la terre, s'étend de part et d’autre de l'équateur du soleil, jusqu’à une distance d'environ 30: degrés de cet équateur.

Les nuages de la photosphère, refoulés par le mouvement ascendant du gaz, viennent s’accumuler tout autour de l'ouverture que ce gaz a produite. Cette grande accumulation de nuages lumineux . peut expliquer les facules qui environnent habituellement les taches. Quant aux lucules, ou rides lumineuses, qui existent dans toute l'étendue de la partie brillante du soleil, on peut les attribuer aux parties saillantes de la surface, nécessairement très-ondulée, d'une couche nuageuse telle que la photosphère.

On comprend que, si les deux couches nuageuses dont on admet l'existence dans l'atmosphère du soleil, sont en mouvément dans cette atmosphère, de même que nous voyons les nuages se mouvoir dans l’atmosphère de la terre, les taches ne doivent pas nous paraître se déplacer exactement de la même manière que si elles ne participaient qu’au mouvement de rotation du soleil sur lui-même. C'est ce qui arrive en effet: M. Laugier a reconnu que, si l'on regarde le mouvement de chaque tache en particulier comme uniquement dà à la rotation du soleil, on ne trouve pas la même durée de rotation, ni la mème direction pour l’axe de rotation de l’astre,

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