‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 70 sur 156 · LUMIÈRE ZODIACALE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE ZODIACALE

suivant qu'on se sert de telle ou telle tache pour les déterminer ; en sorte que ce n’est qu’en prenant des moyennes entre les résultats fournis par l'observation d'un grand nombre de taches, qu'il a pu trouver les nombres que nous avons fait connaître précédemment ($ 452). Si l’on compare ensuite le mouvement de chaque tache, tel que l'observation le fait connaître, au mouvement qu'elle devrait avoir, si elle ne participait qu’à la rotation du soleil ainsi déterminée, on reconnait l'existence des mouvements atmosphériques dont nous venons de parler, mouvements qui ont lieu, tantôt dans une direction, tantôt dans une autre.

On peut s'étonner de ce que le corps du soleil, vu à travers les ouvertures des deux couches nuageuses, paraît entièrement noir. D'abord, il n’est nullement impossible que le corps du soleil ne soit pas lumineux, malgré la petite distance à laquelle il se trouve de la photosphère ; car la couche nuageuse inférieure peut être regardée comme un écran interposé-entre lui et la photosphère, et on peut admettre que cet écran empêche la photosphère d'avoir une grande action lumineuse et calorifique sur le globe opaque qu'il enveloppe. C'est même sur ces considérations que l’on s’est basé pour dire qu’il est possible que le soleil sojt habité. Mais, d’un autre côté, le corps du soleil pourrait être très-lumineux par lui-même, et nous paraître complétement, noir par un effet de contraste. Il suffit de dire qu'un morceau de chaux vive, rendu incandescent par la plus forte température que l’on puisse produire, et porté brusquement dans la direction même du soleil, paraît entièrement noir, pour qu’on admette cette dernière explication sans la moindre difficulté.

M. Arago a donné encore plus de consistance aux idées que nous venons de développer, relativement à la constitution du soleil, en démontrant, par des expériences de polarisation, que la lumière de cet astre est de même nature que celle d’une flamme qui contient des poussières solides en ignition, telle que la flamme d’une bougie ou celle du gaz d'éclairage ; tandis qu’elle se distingue essentiellement de la lumière émise par un corps ronde ou un liquide incan- ‘descent.

8 155. Lumière zodiacale. — À certaines re de l’année, si l'on regarde le ciel à l'accident, le soir, lorsque le crépuscule a cessé, on voit une lueur de forme triangulaire, qui s’étend depuis l'horizon jusqu’à une hauteur plus ou moins grande. Cette lueur, dont la largeur à la base va jusqu’à vingt et mème trente degrés, et dont la hauteur atteint quelquefois cinquante degrés, est connue sous le nom de lumière zodiacale. En étudiant avec soin la direc-

tion de la ligne qui s’étendrait dans toute sa hauteur, en passant partout au milieu de sa largeur, on reconnaît que cette ligne coïrcide à très-peu près avec le grand cercle de l’écliptique ; en sorte que, si on la prolongeait au-dessous de l'horizon, elle irait rencontrer le soleil. La lumière zodiacale participe, d’ailleurs, au mouvement diurne de la sphère céleste ; son extrémité supérieure s’abaisse, en conséquence, de plus en plus, et, au bout de quelque temps, elle disparait entièrement.

On se fait une idée nette des circonstances que présente ce phénomène, en imaginant que le soleil soit environné d’une immense atmosphère de forme lenticulaire, dont il occuperait le centre, fig. 218, et dont la plus grande dimension serait dirigée dans le

plan de l'écliptique. Mais il ne faut pas regarder cette manière simple de se rendre compte de la lumière zodiacale; comme étant l'expression de la réalité.

Nous verrons, au contraire, plus tard.

que l'atmosphère du soleil ne peut pas s’étendre assez loin de l'astre, pour qu'il soit possible de la regarder comme donnant lieu au phénomène dont nous nous occupons. On dait donc l’attribuer à une autre cause : nous ferons connaître ultérieurement l'explication qu'on en donne généralement. Nous nous contenterons d'observer que la matière, quelle qu'elle soit, dont la présence nous est indiquée par la lumière zodiacale, doit être extrêmement peu condensée ; car cette lueur n'empêche pas de voir les petites étoiles qui sont dans sa direction.

$ 456. Pour que la lumière zodiacale puisse être aperçue, il faut que le ciel soit pur, et qu’au moment où le crépuscule cesse, son extrémité supérieure se trouve encore à une hauteur convenable, sans quoi elle se perdrait dans les vapeurs de l'horizon. Cette dernière condition n'est remplie, à Paris, et en général dans les zones tempérées, qu’à certaines époques de l’année, ainsi que nous allons le reconnaitre sans peine ; et c'est à ces époques seulement qu'on peut observer la lumière zodiacale.

Si l’on fait tourner un globe céleste autour de son axe, après avoir donné à cet axe l’inclinaison qui convient au lieu où l’on se trouve, on voit le grand cercle de l'écliptique occuper successivement différentes positions, par rapport à l'horizon ; l'angle que ce grand cercle fait avec le plan horizontal varie entre des limites assez étendues. Soicnt en effet HH l'horizon du lieu fig. 219, OZ la

Fig. 218.

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