LE MOUYEMENT DU SOLEIL N’EST QU'UNE APPARENCE
TT'T/'T'”’. Cette seconde ellipse T T’T’’ T’”’ est précisément la ligne courbe que la terre T doit décrire autour du soleil S, supposé im-
Fig. 222. 5”
mobile, pour que les apparences soient les mêmes. En effet, lorsque nous voyons le soleil aller de S en S’, la direction suivant laquelle nous l’apercevons passe de TS à TS’; or, si le soleil ne se déplace pas, et que la terre, au contraire, marche de T en T”, en décrivant un arc TT’ précisément égal à SS’, la direction suivant laquelle nous verrons le soleil aura changé exactement de la même manière : car la ligne T’S est évidemment parallèle à TS’. De plus, la distance du soleil à la terre devient égale à TS”, lorsque le soleil va deSenS’; mais si c’est la terre qui change de position, et qui va de T en T’, le soleil restant en S, la distance entre ces deux corps devient T’'S, qui est évidemment égale à TS’. Ainsi, au lieu de supposer que le soleil parcourt successivement les arcs d’ellipse SS", S'S", S’’S"", et que la terre reste immobile en T, on peut admettre que la terre décrit dans les mêmes temps les arcs TT’, TT”, T''T’”, respectivement égaux aux précédents, et que le soleil ne se déplace pas : la direction suivant laquelle on verra le soleil, et la distance de cet astre à la terre, changeront exactement de la même manière dans l’un et l’autre cas.
Le mouvement que l'on doit attribuer à la terre, sur l’ellipse TT'T'T’”, étant exactement le même que celui du soleil sur l’ellipse SS'S"S"”", on en conclut que, s’il est vrai que ce soit la terre -qui se meuve autour du soleil, non-seulement elle décrit autour de cet astre une ellipse dont il occupe un des foyers, mais encore elle décrit cette ellipse conformément à la loi des aires ($ 447).
$ 459. Le mouvement du soleil, tel que nous l’observons, pouvant s'expliquer avec la même facilité, soit qu’on regarde la terre comme immobile et le soleil comme se mouvant autour d’elle, soit
qu’au contraire on regarde la terre comme se mouvant autour du soleil, voyons quels sont les motifs que nous pouvons avoir de nous arrêter à l’une ou à l’autre de ces deux idées.
Nous avons vu que le diamètre du soleil est 442 fois plus grand . que celui de la terre ($ 450). Le rapport des dimensions des deux corps est d’ailleurs rendu très-sensible par la figure 204 (page 277). On voit de suite par là, que, si l'un de ces deux corps se meut autour de l’autre, il y a une très-grande probabilité pour que ce soit la terre plutôt que le soleil. On aurait peine à concevoir qu’il en fût autrement. La grandeur énorme du soleil, relativement à la terre, porte naturellement à admettre que c’est la terre qui se meut autour du soleil, et qui donne lieu ainsi aux apparences dont nous nous sommes occupés précédemment.
Cette considération des grandeurs relatives du soleil et de la terre est loin d’être la seule raison que l’on puisse faire valoir en faveur du mouvement de la terre; il en existe plusieurs autres que nous ne sommes pas en mesure de développer en ce moment, et sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement, chaque fois que l'occasion s’en présentera. Nous nous contenterons seulement d'en . faire ici une énumération succincte.
Lorsque nous aurons étudié les apparences que présentent les mouvements des planètes, nous verrons que ces apparences s’expliquent beaucoup plus simplement dans l’hypothèse du mouvement de la terre autour du soleil, que dans l'hypothèse de son immobilité.
Quand on admet que la terre se meut autour du soleil, elle se trouve ainsi rangée parmi les planètes : on reconnaît alors que son mouvement satisfait exactement aux lois qui régissent les mouvements des diverses planètes autour du soleil. On trouve donc là une preuve frappante de l'exactitude des idées qui consistent à regarder la terre comme une planète circulant autour du soleil de même que toutes les autres.
L'observation attentive des étoiles a fait découvrir un phénomène connu sous le nom d’aberration, qui s'explique tout naturellement dans l'hypothèse où la terre est en mouvement autour du soleil ; tandis qu’il serait tout à fait inexplicable si la terre était immobile.
Enfin l’admirable théorie de la gravitation universelle, dont l'exactitude a été vérifiée dans des circonstances si nombreuses et si variées, repose essentiellement sur cette idée que le soleil est le corps principal de notre système planétaire, et que les diverses planètes, y compris la terre, sont en mouvement autour de cet astre central.