‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 75 sur 156 · DIMINUTION DE L'OBLIQUITÉ. DE L'ÉCIAPTIQUE · texte numérisé non relu

DIMINUTION DE L'OBLIQUITÉ. DE L'ÉCIAPTIQUE

rétrogradation des équinoxes a depuis constamment déplacé les signes parmi ces constellations; car, l’écliptique étant toujours divisée en 42 parties égales, le mouvement rétrograde de l’équinoxe du printemps, qui est un des points de division, détermine nécessairement un mouvement analogue pour les autres points. Il en est résulté que les signes de l’écliptique, tout en conservant les mêmes noms, sont sortis peu à peu des constellations au milieu desquelles ils se trouvaient d’abord, pour venir se placer dans les constella- . tions voisines. Nous avons vu ($ 462) que, depuis Hipparque jusqu’à l'époque actuelle, l'équinoxe du printemps a rétrogradé de plus de 27°, c’est-à-dire d’une quantité qui ne diffère pas beaucoup de la grandeur de chacun des signes; et, par conséquent, chaque signe occupe maintenant sur l'écliptique à peu près la place qu’occupait le signe précédent, du temps d'Hipparque. On s’en aperçoit facilement en jetant les yeux sur la planche IT (page 173). Si l’on suit, de droite à gauche, la ligne sinueuse qui représente le développement de l’écliptique, en partant du point où cette ligne coupe l'équateur, vers la droite de la carte, on rencontre successivement les constellations des Poissons, du Bélier, du Taureau, des Gémeaux, etc. ; c’est-à-dire que le signe du Bélier est dans la constel- ‘lation des Poissons, celui du Taureau dans la constellation du Bélier, et ainsi de suite.

$ 164.—Diminution séculaire de l’obliquité de l'écliptique. — Dans ce qui précède, nous avons regardé l’obliquité de l’écliptique comme restant toujours la même, puisque nous avons dit que l'axe de la terre décrit un cône de révolution autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique ; ce qui revient à dire que la première ligne se déplace en faisant toujours de même angle avec la seconde. Il n’en est cependant pas rigoureusement ainsi, comme on le reconnait en comparant entre elles les valeurs de l’obliquité de l’écliptitique trouvées à diverses époques éloignées les unes des autres. C'est ce que le tableau suivant mettra complétement en évidence.

DATES NOMS LIEUX | CBLI- DATES NOMS LIEUX des des D'OBSER- des des D'ORSER- OBSERVATIONS, |OBSERTATEURS| YATION QUITÉ. |ORSERYATIONS. | OBSRRYATEURS YATION.

4400 av. J.-C, | Teheon ans Chine. . . 420 ap. J.-C. | Litchou Fouag. | Chine. . . théss . , .

Albatenius . .| Arabie . .

Ebs Jounis. .]|Le Caire. .

Licsu Ming. . PACE , |Cocheeu King. | Pékin. . , s 0 ae . |Uing Bey . . Samarkance| 23° 34 Tx0u Choug. : Se Belambre. . . Paris. . ,123° 928’

On voit que l’obliquité a constamment diminué, depuis l’époque des plus anciennes observations que l'on connaisse. Mais cette diminution est excessivement faible, relativement au mouvement de précession que nous avons étudié dans les paragraphes qui précèdent ; en sorte que, pendant un temps assez long, on peut en faire abstraction, et regarder par conséquent le déplacement de l’axe de la terre comme s’effectuant sur la surface d’un cône de révolution autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique.

On se demande naturellement à quoi tient cette diminution lente de l’obliquité de l’écliptique. Doit-on l’attribuer à ce que l’axe de la terre, tout en tournant autour de l'axe de l’écliptique, se rapproche peu à peu de ce dernier axe? Ou bien doit-on la regarder comme provenant de ce que l’axe de l’écliptique se déplace lui-même d’une petite quantité, pendant que l’axe de la terre tourne autour de lui? Le plan de l’écliptique peut tout aussi bien changer de direction dans l’espace que le plan de l'équateur ; en effet on comprend qu’il peut très-bien arriver que le centre de la terre, en se mouvant autour du soleil, ne reste pas toujours exactement dans un même plan. L’ observation seule doit décider la question.

L’écliptique a été supposée invariable dans le ciel jusqu’à Tycho-Brahé. Mais cet astronome, ayant remarqué que les latitudes des étoiles situées vers les solstices avaient varié d'au moins un tiers de degré, depuis les premières observations de l’école d'Alexandrie, en a conclu que l'écliptique se déplaçait lentement dans l'espace. L'examen attentif des variations éprouvées par les latitudes des diverses étoiles, a fait voir que le mouvement de l'écliptique ne diffère pas beaucoup de celui que ce grand cercle prendrait, s’il tournait autour de la ligne des équinoxes, comme autour d’une charnière, pour se rabattre sur le plan de l’équateur.

Ainsi l'angle que l'équateur fait avec l’écliptique ne varierait pas, si l’écliptique conservait une position fixe dans l’espace ; l’équateur ne ferait que tourner autour de l’axe de l’écliptique, de manière que la ligne des pôles décrive un cône de révolution autour de cet axe. Mais lécliptique changeant insensiblement de direction dans l’espace, il en résulte que le mouvement rétrograde des équinoxes est accompagné d'une diminution lente de l'obliquité de l’écliptique.

D'après les observations modernes, cette diminution de l’obliquité est actuellement de 48” par siècle, ou de 0”’,48 par année. Suivant Delambre, la valeur de l’obliquité en 4800 était de 23° 2757"; on en conclura sans peine la valeur de cet angle pour une autre épo-

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