PARALLAXE ANNUELLE DES ÉTOILES
rent annüel des étoiles qu’il a observées, que ce qui résultait directement du phénomène de l’aberration, on doit en conclure que, pour toutes ces étoiles, le mouvement annuel dû au déplacement de la terre était trop faible pour qu'il ait pu s’en apercevoir. Il n’était pas possible de tirer de là la conséquence que la terre ne se mouvait pas autour du soleil, car la découverte de l’aberration avait fourni une preuve positive de la réalité de ce mouvement; tout ce qu'on pouvait dire, c’est que les étoiles observées par Bradley étaient tellement éloignées, que les dimensions de l'orbite de la terre étaient comme nulles, relativement à la distance qui la séparait de ces étoiles. De ce que Bradley n'avait pas trouvé ce qu’il cherchait, ce n’était pas une raison pour que d'autres ne le trouvassent pas, en observant d’autres étoiles.
$ 174. On comprend tout l'intérêt que devait inspirer aux astronomes la découverte, et surtout la mesure, de ce mouvement annuel des étoiles dû au déplacement de la terre, quand on pense que, de la connaissance de ce mouvement, on peut déduire immédiatement celle des distances de ces astres à la terre. L’angle SET, fig. 234, compris entre les lignes qui joignent une étoile E au soleil S et à la terre T, n’est autre chose que l’angle sous lequel, étant placé sur l'étoile, on verrait le rayon ST de l’orbiteterrestre. Si nous faisons bastraction, comme nous l’avons déjà fait, du changement de grandeur de ce rayon ST avec la position de la terre sur son orbite, nous pouvons dire que la plus grande valeur de l'angle SET correspond au cas où l’angle STE est droit ; cette plus grande valeur de l'angle S ET est ce qu'on nomme la parallawe annuelle de l'étoile E. Ainsi, la parallaxe annuelle d’une étoile, c’est l'angle sous lequel, étant placé sur l'étoile, on verrait de face le rayon de l'orbite de la terre. Si l’on se reporte à ce qui a été dit précédemment ($ 467), on verra que la parallaxe annuelle est précisément la moitié de l'angle sous-tendu par le grand axe de l’ellipse que l'étoile doit sembler décrire annuellement en vertu du déplacement de la terre autour du soleil. Il est clair, d’après cela, que, de la connaissance de ce mouvement annuel, pour une étoile en particulier, on peut déduire immédiatement celle de la parallaxe
32h MOUVEMENT DE LA TERRE AUTOUR DU SOLEIL.
annuelle de cette étoile, et par suite en conclure le rapport qui , existe entre la distance de l'étoile au soleil et le rayon de l'orbite de la terre.
Pendant longtemps les efforts des astronomes furent infructueux pour déterminer la parallaxe annuelle des étoiles. Tout ce qu'on pouvait dire, d’après l’ensemble des observations entreprises pour y arriver, c’est que la parallaxe annuelle des étoiles observées ne dépassait pas 4”. Ce n'est qu'en 1838 que la science s'enrichit d’une première donnée positive sur ce sujet. Bessel, directeur de l'observatoire de Kœænigsberg, annonça à cette époque qu'il était parvenu à déterminer la parallaxe annuelle de l’une des étoiles de la constellation du Cygne, celle qui porte le n° 61 (voir planche I, page 173). Nous allons voir en quoi consiste la marche qu'il a suivie.
8 475. Nous avons dit ($ 167) qu’en vertu du déplacement de la terre dans l’espace, chaque étoile doit sembler décrire annuellement une certaine ellipse sur la sphère céleste; et nous avons observé ensuite que cette ellipse doit avoir des dimensions plus ou moins petites, suivant que l'étoile est plus ou moins éloignée de la terre. Il en résulte que, si une étoile se trouve à une distance de nous notablement moins grande que les étoiles que nous apercevons dans son voisinage, son mouvement elliptique annuel sera plus étendu que celui de ces autres étoiles; elle devra donc nous paraître alternativement se rapprocher et s'éloigner d'elles.
* Ilest extrêmement probable que les étoiles sont très-diversement éloignées du soleil. Les recherches des astronomes ayant conduit à admettre que la parallaxe annuelle des étoiles les moins éloignées était au plus égale à 4”, on doit en conclure que, pour la plupart des étoiles, cette parallaxe annuelle est tellement faible qu’elle est tout à fait insensible aux observations; c’est-à-dire que le déplacement de la terre, dans son mouvement autour du soleil, ne donne lieu à aucun changement appréciable dans la position apparente deces étoiles, qui par conséquent peuvent être regardées comme entièrement soustraites à cet effet du mouvement de la terre. S'il existe dans une région du ciel une étoile assez rapprochée de nous pour que sa parallaxe annuelle ne soit pas insensible, et si, en même temps, les autres étoiles de la même région, étant situées beaucoup plus loin que la première, n’éprouvent aucun changement de position par suite du déplacement de la terre, il est clair que le mouvement annuel apparent de la première étoile pourra être déterminé en la comparant aux étoiles qui sont dans son voisinage : ces'dernières étoiles sont autant de points de repère fixes, qui serviront à