‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 80 sur 156 · PARALLAXE ANNUELLE DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

PARALLAXE ANNUELLE DES ÉTOILES

constater et à mesurer le changement de position de l'étoile dont la parallaxe n’est pas insensible.

C'est sur ces idées que Bessel s’est basé pour rechercher la parallaxe annuelle de la 64° du Cygne. Le mouvement propre de cette étoile, mouvement dont nous parlerons plus tard, lui ayant fait supposer qu’elle devait être une des étoiles les moins éloignées de la terre, il chercha à reconnaitre si elle se déplaçait périodiquement, aux diverses époques de chaque année, par rapport aux étoiles qui l’environnent dans le ciel. A cet effet, il mesura successivement et un grand nombre de fois les distances angulaires qui la séparaient de deux étoiles voisines, éloignées d’elle, l’une d'environ 8”, et l’autre de près de 42’. On comprend avec quel soin ces mesures de distances angulaires devaient être effectuées, pour arriver à mettre en évidence un mouvement annuel qui avait échappé jusque-là à l'investigation des astronomes. Les lunettes ordinaires à réticules ne pouvaient pas être employées : un des fils d’un réticule, quelque fins qu'ils soient, aurait été capable de couvrir complétement la portion de la sphère céleste dans laquelle s’effectuait le mouvement annuel de l'étoile. Bessel se servit pour cela d’un instrument spécial, de l'héliomètre,/que nous avons décrit précédemment ($ 122) à l'occasion de la mesure du diamètre apparent du soleil ; la fig. 485 (page 229) représente l'instrument même à l’aide duquel il fit ses observations. Voici comment il opéra.

Après avoir dirigé l'instrument vers les deux étoiles dont il voulait mesurer la distance, et avoir fait tourner l'objectif autour de l’axe de la lunette, de manière à amener le plan de séparation des deux demi-lentilles à être parallèle à la ligne qui joignait les deux étoiles, il faisait glisser la demi-lentille mobile le long de ce plan de séparation ; alors les images de chacune des deux étoiles se dédoublaient ; la première de ces étoiles donnait lieu aux deux images a, a’, fig. 235, et la seconde produisait les deux images b, b’. En

continuant à faire glisser la demi-lentille

LES mobile à côté de l’autre, il voyait les images a”, b’, s'éloigner de plus en plus des i Fig. 235. Dre P P re

. 4,b;et bientôt l’image mobile a’ de la pre-

œ & 4 3 mièreétoile coïncidait avec l’image fixe b de Fig, 236. la seconde. Il aurait pu s’arrêter IA : la quan-

tité dont la demi-lentille mobile avait été

déplacée, pour amener les images a’ et b à coïncider, c’est-à-dire pour faire parcourir à l’image a’ la distance a b des deux images fixes, aurait fourni la mesure de cette distance a b. Mais, au lieu de cela, Bessel continuait à faire mouvoir la demi-lentille mobile, jus-

qu’à ce que les images mobiles a’, b', fussent placées au delà de a, b, fig. 236, de manière à former trois distances a db, ba, a'b' égales entre elles : il est clair que, pour cela, la moitié mobile de l objectif avait dû se déplacer du double de la quantité dont elle se serait déplacée, pour produire seulement la coïncidence des deux images a’, b, et que le déplacement total de cette demi-lentille pouvait également servir à déterminer la distance a b des deux étoiles. Bessel jugeait à la simple vue de légalité des trois distances ab, b a’, a’ b’; il trouvait plus exact d'opérer ainsi que d'établir la coïncidence des deux images a’, b.

Les observations nombreuses et extrêmement précises faites par Bessel, conformément à ce que nous venons de dire, lui manifestèrent d'une manière incontestable l’existence du mouvément annuel et périodique de la 61° du Cygne, dà au déplacement de la terre autour du soleil. À certaines époques de l’année, cette étoile se rapprochait constamment de l’une des deux étoiles auxquelles il la comparaît, et en même temps elle s’éloignait de l’autre ; six mois plus tard, elle se mouvait en sens contraire, par rapport à ces étoiles de comparaison. Après avoir discuté les divers résultats qu’il avait trouvés par l'observation, il fixa à 0’, 35 la parallaxe annuelle de la 64e du Cygne. Des observations faites depuis, à l’observatoire de Poulkowa (près de Saint-Pétersbourg), ont pleinement confirmé le résultat trouvé par Bessel.

$ 176. Depuis la découverte de Bessel, d’autres astronomes ont encore déterminé les parallaxes annuelles de quelques étoiles ; mais il n'y a guère que la parallaxe de Wéga, ou « de la Lyre, dont la valeur ait été obtenue avec un degré d’exactitude qui approche de celle relative à la 64° du Cygne. Cette parallaxe de Wéga, d’après les observations de MM. Struve et Peters (de Poulkowa), est de 0””, 23.

Pour que la grandeur apparente d’une ligne droite, vue de face, se réduise à 0”, 35, il faut que cette ligne soit à une distance de l'œil égale à 595 435 fois sa longueur. Or, la parallaxe annuelle de la 61e du Cygne n’est autre chose que la grandeur apparente du rayon de l'orbite de la terre, vu de face par un observateur qui serait placé sur l'étoile même : donc la distance de cette étoile au soleil est de plus de 595 mille fois la distance moyenne du soleil à : laterre. Il est difficile de se faire une idée un peu nette d’une si énorme distance. Si on l’exprimait en lieues, on aurait un nombre considérable qui ne représenterait rien à l'esprit, parce: qu'il sortirait trop des limites des nombres que nous rencontrons habituellement. Le meilleur moyen auquel nous puissions avoir recours, pour

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