‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 95 sur 156 · LUNAISON · texte numérisé non relu

LUNAISON

de la terre. Il y a cependant une différence qu'on a dà remarquer, et qu’il est bon de signaler : c'est que la nutation de l’axe de la terre consiste en un mouvement de cet axe sur un cône à base elliptique ($ 172), tandis que le mouvement analogue de l’axe de l'orbite lunaire s’effectue sur un cône à base circulaire.

$ 210. Révolutions sidérale et synodique de la lune. — La comparaison des observations de la lune faites à des époques éloignées les unes des autres, permet de déterminer avec une grande exactitude le temps que l’astre emploie à faire le tour entier de la sphère céleste, et à revenir à une même position par rapport aux étoiles. Ce temps, que l’on désigne sous le nom de révolution sidérale de la lune, était au commencement de ce siècle de 27,321661 , ou à peu près 27 jours et un tiers de jour. Il n’a pas toujours eu la même valeur ; on a reconnu qu’il diminue peu à peu depuis l’époque des plus anciennes observations, ou, en d’autres termes, que le mouvement moyen de la lune s'accélère de siècle en siècle.

La durée de la révolution sidérale de la lune est contenue un peu plus de 43 fois dans la durée de l'année ; c'est-à-dire que, pendant que le soleil semble faire un tour autour de la terre , la lune en fait plus de treize.

Lorsque la lune part d’un point d'une certaine constellation, et qu’ensuite elle y revient après avoir fait tout le tour du ciel , elle ne se trouve pas, dans les deux cas, placée de la même manière par rapport au soleil ; parce que cet astre a marché, dans l'intervalle, d’une quantité notable le long du cercle de l’écliptique. Pour que la lune, partant d’une certaine position par rapport au soleil, revienne prendre la même position par rapport à lui, il faut qu’elle fasse plus d’un tour sur la sphère céleste ; il faut qu’elle parcoure une circonférence de cercle, augmentée du chemin que le soleil a décrit pendant le temps dont il s’agit. Ce temps, que la lune emploie à faire un tour entier par rapport au soleil, est ce qu’on nomme la révolution synodique de la lune. Sa valeur , au commencement de ce siècle, était de 29i, 530589, ou environ 29 jours et demi. Cette valeur , qui dépend à la fois de la durée de l’année et de la durée de la révolution sidérale de la lune, diminue peu à peu, de siècle en siècle, par suite de la diminution de la dernière de ces deux quantités.

$ 244. Lunaïison. — D'après ce que nous avons dit lors de l’explication des phases de la lune, la nouvelle lune devrait arriver à l'instant précis où le centre de la lune se trouve entre le soleil et. la terre, et sur la ligne droite qui joint les centres de ces deux corps. Or, il est extrêmement rare que cette circonstance se réalise ; lors

que la lune vient passer entre le soleil et la terre, son centre se trouve généralement à une certaine distance du plan de lécliptique, soit d'un côté, soit de l’autre côté de ce plan , et, par conséquent, il ne traverse pas la ligne droite qui joint le centre du soleil au centre de la terre. On est donc obligé de définir d'une manière un peu différente l'instant auquel on assigne le nom de nouvelle lune.

A chaque instant , la longitude et la latitude de la lune ($ 441) ont des valeurs particulières, et ces valeurs varient d'un instant à un autre, en raison du mouvement de la lune dans le ciel. La longitude s'accroît constamment, puisqüe la lune marche sur la sphère céleste en suivant à peu près le grand cercle de l’écliptique, et cela dans le sens même du mouvement du soleil sur ce cercle; quant à la lati-

* tude, elle est tantôt boréale, tantôt australe, puisque l’astre se trouve alternativement d’un côté et de l’autre de l’écliptique. Pour que le centre de la lune fût exactement placé sur la ligne droite qui passe par les centres de la terre et du soleil, 1l faudrait que la longitude de cet astre fût égale à celle du soleil , et qu’en même temps sa latitude fût nulle. L'existence simultanée de ces deux conditions, au lieu de se reproduire à chaque révolution synodique de la lune, étant au contraire un fait tout exceptionnel et extrêmement rare, on

‘ s’en tient à la première; et on dit que la lune est nouvelle, larsque la longitude de son centre est égale à celle du centre du soleil. De même, on dit qu'on est au premier quartier , à la pleine lune, ou au dernier quartier , lorsque la longitude du centre de la lune est plus grande de 90°, de 480°, ou de 270° que celle du centre

du soleil.

L’intervalle du temps, compris entre deux nouvelles lunes consécutives, constitue ce qu’on nomme un mois lunaire, ou une lunaison. La durée de cet intervalle de temps n'est autre chose que la révolution synodique de la lune , c'est-à-dire qu’elle est d'environ : 29 jours et demi.

$ 212. Age de la lune; épacte. — L'âge de'la lune, à une époque quelconque , est l'indication du nombre de jours écoulés , depuis la nouvelle lune précédente, jusqu’à l’époque dont il s’agit. La connaissance de cet âge entraîne immédiatement celle de là phase dans laquelle se trouve la lune à la même époque. Il nous est donc utile, dans bien des circonstances, de savoir quel est l’âge de Ia lune, afin que nous puissions nous rendre compte de la manière dont elle nous éclairera pendant la nuit. Aussi l’âge de la lune est-il donné, pour tous les jours de l’année. dans les principaux annuaires, tels que l’annuaire du Bureau des longitudes.

, Cet âge de la lune étant ordinairement représenté par un nombre

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